La Sérénissime

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moimoi2
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Re: La Sérénissime

Message par moimoi2 » 06 sept. 2018, 23:03

Beau retournement de situation ! Je ne m'y attendais pas pour ma part. Mais où est passée la demoiselle ? Serait-elle restée attachée ? :D

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Joss
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Re: La Sérénissime

Message par Joss » 14 sept. 2018, 06:15

A quand la suite ?

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Galbatorix
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Re: La Sérénissime

Message par Galbatorix » 14 sept. 2018, 11:08

Je vous remercie tous pour vos retours! :timide:

Voilà la suite! Et bien évidemment avec du retard .... mais bon .... vous savez ce que c'est, avec la rentrée et tout .... bref! :)

Chapitre 5


Augusto. Crâne chauve, moustache et barbe blanche. Son regard ainsi que l’expression de son visage traduisent du calme absolu qui habite cet homme âgé de plus de bientôt 65 ans. Je suis surpris mais heureux de le voir à mon réveil. J’essaye de me redresser.

-« Aie mon dos …. »

-« Ton dos n’a rien de grave, juste des bleus. Ta mâchoire a une vilaine marque mais rien d’alarmant non plus de ce côté-là. En revanche, je ménagerais tes côtes pendant quelque temps si j’étais toi. Une chance que tu fusses près de chez moi. J’ignore ce que tu as fait à la demoiselle mais, de toute évidence, tu l’as bien énervé. Une fois que tu seras reposé et que tu auras mangé, tu pourras d’ailleurs avoir un petit tête à tête avec elle. Rassure-toi, elle n’a pas vu mon visage. »

Je me demande bien comment ce vieux bougre a réussi à se rapprocher d’elle sans être vu. Bon, sortons de ce lit. Un petit-déjeuner ainsi qu’un entretien m’attendent.


Mes valises ayant été récupérées par mon vieil ami, je décide de me changer. Je troque le costume 3 pièces de couleur noir par un autre costume 3 pièces de couleur noir. Je remets mon bauta, rien de tel qu’une petite discussion amicale pour ouvrir l’appétit.

-« Où est-elle ? »

-« Elle a dormi dans la pièce insonorisée. Je l’ai installé au petit salon. Elle t’attend. » me répond Augusto.

-« Parfait ! »

Elle est dans le salon en effet. À attendre sur la chaise. Enfin pas n’importe laquelle ! Une magnifique chaise en bois épais, rembourrée avec du cuir de couleur noir. Accoudoirs, dossier entier et même un appui-tête. Bref, très confortable ! À ceci près qu’elle comporte des lanières, noires elles aussi et cadenassables. Chevilles, cuisses, poignets, avant-bras, abdomen et poitrine. Elle est tellement large qu’elle pourrait faire penser à un trône. Sur ce trône siège une jeune femme aux cheveux bruns et longs, attachés en queue-de-cheval. Elle porte une tenue bien plus classique que sa sœur. Des baskets, survêt de sport gris assorti à un t-shirt de type sport gris lui aussi et sans manches. J’aperçois un blouson de cuir noir posé sur la table juste derrière. Quant à son physique, et bien il est de type V. Comme sa sœur. Son corps est également plus athlétique et ses formes plus généreuses. Son visage est en revanche moins tendre, comprenez par là que ses traits sont plus froids. Il n’en reste pas moins très attirant. En somme, une femme tout à fait charmante. Bah voyons ! Ne va pas te choper une conjonctivite à forcer de te rincer l’œil malheureux !

Je perçois sa poitrine se soulever à un rythme rapide. En temps normal, vu sa situation, j’aurai parié sur de la peur mais pas là. Dans son cas, mon intuition est qu’elle a juste tenté de se libérer avec un peu trop d’ardeur. Tâche impossible avec les cadenas. Mon intuition s’en voit confirmée quand je finis par remarquer qu’elle soutient mon regard et ne me quitte pas des yeux. Elle m’insulterait probablement si sa bouche n’était pas obstruée par ce bâillon-boule rouge. Celui-ci me paraît gros, sans doute trop gros pour elle. Les 5cm de diamètre sont pour des habituées en temps normal. Même le jugement d’Augusto n’est pas infaillible. Je passe derrière la chaise et lui retire son bâillon avant d’aller m’asseoir en face d’elle.

-« Pas trop tôt ! Le vieux schnock qui te sert de nounou n’a pas les yeux en face des trous ?! Cette boule est trop grosse pour moi et me fait mal ! » rugit-elle.

« Mais bon, je ne suis pas surprise. Encore un crétin qui pense protéger son identité derrière un masque ! Comme toi d’ailleurs ! Il y a un air de famille, ce n’est pas ton père au moins ? Non parce que vraiment, là, vous avez un sérieux pro …. »

-« Silence ! »

Je n’ai pas crié. Juste haussé la voix.

-« Dans ton intérêt, je te conseille de te taire et d’écouter. Ta situation est plus que précaire et je sais que tu en as conscience même si tu t’efforces de ne pas le montrer. J’ai laissé ta sœur quitter mon hôtel en vie et en parfaite santé il a plus de 24h maintenant. Ce qui signifie que tu n’as pas la moindre idée d’où elle se trouve. Tu lui as ouvert la porte d’un monde dangereux. Trop dangereux. C’est pour cela que tu as réagi si vite en absence de nouvelle. Tu t’en es pris au coupable désigné. Pas de chance pour toi, tu te retrouves prisonnière ici. Désormais, elle ne peut plus compter sur toi. »

Elle encaisse le coup. Elle sait que ma tirade est un constat de la vérité.

-« J’aime ma sœur. » finit-elle par répondre.

-« Alors pourquoi ne l’as-tu pas aidé au lieu de la mêler à ce genre d’affaires ? Nous savons tous les deux que ce que nous faisons rapporte suffisamment d’argent pour cela. Si tu es douée dans ce que tu fais bien sûr. Et tu l’es. Ce qui explique que tu m’aies retrouvé si vite, que tu ne te sois pas laissé surprendre quand j’étais au sol et que tu saches que mon ami est un homme âgé bien que tu n’aies ni entendu sa voix ni vu son visage. »

-« J’ai merdé, c’est vrai. Laisse-moi partir. Je ne m’intéresse ni à toi ni à tes affaires. Je veux juste la retrouver. »

-« Je ne peux pas faire ça. Je n’ai pas fini mon travail ici et je ne peux prendre aucuns risques. Tu ferais la même chose à ma place. »

-« Tu es un assassin, je me trompe ? Mais tu n’as rien fait à ma sœur. Pourquoi ? »

-« Tu devrais juste te réjouir que je ne lui ai rien fait, peu importe les raisons. »

Je me lève et réajuste mon veston.

-« Quoi c’est tout ? Tu vas me laisser là ?! Sans même m’interroger ?! »

N’esquissant aucune réaction, je me dirige vers la porte de l’escalier.

-« J’espère que tu as l’intention de me tuer, car si tu me laisses sortir d’ici en vie c’est moi qui te tuerai ! Et s’il est arrivé quelque chose à ma sœur, je tuerai le vieux aussi ! Tu m’entends ?! » s’écrit-elle. « La dernière fois, je t’ai juste mis à terre mais la prochaine fois je ne te laisserai pas te relever ! »

Elle doit vraiment tenir à sa sœur pour céder aussi vite à la panique.

-« Bon d’accord, attends ! ATTENDS ! Attends …. Combien pour que tu retrouves ma sœur ? »

Je m’arrête juste devant la porte. Un sourire apparaît sur mon visage.
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Re: La Sérénissime

Message par fredchl » 14 sept. 2018, 20:46

Une bonne suite...
L'heure du marchandage est arrivé...
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Mad Hatter
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Re: La Sérénissime

Message par Mad Hatter » 16 sept. 2018, 10:03

Ça va être intéressant de voir où le fil de la trame va mener.
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Re: La Sérénissime

Message par moimoi2 » 03 oct. 2018, 22:56

Est-ce que la sœur est-elle vraiment sortie de l’hôtel ? Croustillant comme histoire ^^

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Re: La Sérénissime

Message par Galbatorix » 12 oct. 2018, 17:19

Chapitre 6

Elle ne peut pas apercevoir mon sourire lors que je reviens m’asseoir en face d’elle. On va entamer les négociations. Son regard en dit long sur sa détermination. J’y perçois même une pointe de dédain.

-« Alors combien tu veux ? »

-« Tu connais la règle. Dans notre milieu, c’est le premier qui parle d’argent qui a perdu. » répondis-je froidement.

-« Donne-moi ton prix. 10 000 ? 20 000 ? »

-« L’argent, j’en ai déjà et j’en gagne régulièrement. La seule chose que tu peux me vendre, ce sont des informations. »

-« Hahaha, je sais ce que tu vas me demander enfoiré ! Tu veux savoir qui m’emploie ? »

-« En effet. »

-« Tu peux toujours rêver ! Tu devrais reconsidérer ma proposition concernant l’argent. » dit-elle en souriant, me regardant droit dans les yeux.

-« Je ne reconsidérerai rien du tout et tu vas comprendre pourquoi. »

Je me lève en direction de la table situé derrière elle, j’attrape le bâillon-boule que je m’empresse d’enfoncer sans ménagement dans sa bouche. Je tire la sangle presque au maximum. Il n’est pas confortable pour elle et je le sais.

-« Maintenant, ouvre grand tes oreilles et écoute-moi bien ! » dis-je penché vers son visage. « Aurais-tu oublié que ce n’est pas toi qui dictes les règles ici ? »

-« MMMMHHH ! MMMGHH ! MMMMMPHFPHFF !!! »

-« Laisse-moi te le rappeler alors. »

Je défais le nœud de son survêt de sport et passe ma main entre ses cuisses, ignorant ses grognements protestataires.

-« Cela ne te plaît pas ? Veux-tu que je passe mes doigts sous ce fin tissu que je sens ? »

-« MMMMFFFGHGH ! » grogna-t-elle derrière son bâillon.

Ses yeux noisette me fusillent du regard, ses poings sont fermés, sa respiration est de nouveau haletante. En vain, elle essaie de bouger son bassin pour échapper à mon emprise. Je soutiens son regard et attends, immobile, mon visage toujours dissimulé à quelques centimètres du sien.

-« Je ne suis ni ton ami ni ton intermédiaire et encore moins ton laquais. Je suis un homme qui pourrait te faire ce que bon lui semble. Ou pire, passer un coup de téléphone et laisser certains messieurs t’extorquer les informations que je me contente de te demander gentiment. Que crois-tu qu’ils feraient s’ils apprenaient que ta sœur a tenté de mettre en péril ma mission ? Quelque chose me dit qu’elle pourrait alors dire adieu à ses chances d’avoir un avenir normal et qu’elle irait visiter le fond de la lagune. Cependant, du moins pour le moment, je n’ai pas décidé d’être ton ennemi. Alors si tu veux te racheter pour ta bêtise et retrouver ta sœur bien-aimée, tu vas me donner satisfaction. Nous sommes d’accord ? »

Passé un court moment de silence, un oui étouffé et un hochement de tête me donne la réponse.

-« Bien. Je vais t’enlever cette boule qui te fait mal et aller chercher de quoi écrire. »

Une vingtaine de minutes plus tard, j’achève d’écrire les informations qu’elle m’a donné. Elle m’a dit tout ce que je souhaitais savoir. Et même plus. Elle se prénomme Megan. Cassidy et Megan hein ? J’aurai tout entendu dans cette vie d’ass….. Oups ! J’ai failli gaffer !

-« Cela fait longtemps que tu fais ce métier ? »

-« Tu aimerais bien le savoir n’est-ce pas ? » répondis-je en riant.

-« Tu peux bien lâcher quelques informations après tout ce que je viens de te donner !
»
-« Je ne crois pas non. Bien, cette conversation fut très enrichissante mais, comme tu le sais, j’ai du travail. Inutile de te dire que tu resteras ici tant que je ne l’aurai pas retrouvé. Je suis bon prince, je vais faire passer la consigne de ne pas te remettre de bâillon. Cette pièce ainsi que celle où tu as dormi cette nuit sont insonorisées et de toute manière quelque chose me dit que tu es trop fière pour appeler à l’aide. Je vais faire vérifier les informations que tu m’as données. Si elles se révèlent exactes, tu as ma parole, je la retrouverai. Mais je ne peux rien garantir quant à son état. Sur ce, et bien …. repose-toi ! »

-« Si on était dans le même camp, je te trouverais presque drôle ! » rétorqua-t-elle avec un rictus.


Les informations se sont révélées exactes, il est donc temps pour moi d’agir. La nuit tombe. Cela me facilitera la tâche. Je me dirige vers le 3ème et dernier étage du bâtiment. L’armurerie. Je viens à peine de franchir le seuil de la porte qu’Augusto m’interpelle.

-« Dois-je comprendre que tu te mets en chasse ? » me dit-il.
-« En effet. »

-« Ton revolver est flambant neuf. Je l’ai réparé et nettoyé, il n’y a plus aucune trace de sang ni même de …. »
-« Je ne prends pas mon revolver. Je vais prendre mes deux USP 9mm équipés de suppresseurs, deux chargeurs supplémentaires par arme ainsi qu’un gilet en Kevlar. » dis-je en l’interrompant.

-« Quel type de gilet ? »

-« Donne-moi un type II. Cela suffira. Il serait malvenu de porter plus de 5kg sous mon déguisement. »

-« Je te prépare ça. Veux-tu une lame ? »

-« Non merci, j’ai Vlad. »

-« Tu sais très bien ce que je pense de cette antiquité. Trop lourde, trop vieille, trop indiscrète, pas assez précise. Tu devrais penser à investir dans une lame digne de toi. Tu sais que je n’approuve pas. Mais je sais à quel point tu es efficace avec alors je passe l’éponge. Tout sera prêt dans une dizaine de minutes.

-« Merci Augusto. »
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Re: La Sérénissime

Message par fredchl » 13 oct. 2018, 14:58

Une bonne suite !
Je pense qu'il va y avoir de l'action ! :-)
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Re: La Sérénissime

Message par Mad Hatter » 24 oct. 2018, 14:19

Et c'est parti pour une chasse aux indices §
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Re: La Sérénissime

Message par Galbatorix » 10 nov. 2018, 22:40

Chapitre 7

Le Khukuri, aussi appelé kukri est un type de couteau originaire du Népal. Leur longueur varie de 30 à 60 centimètres, poignée incluse, pour un poids pouvant aller de 300 grammes jusqu’à 1 kilo. Pour une lame de combat rapproché, j’admets que cela est plutôt lourd, Bien que pouvant être à peu près droite, la lame est le plus souvent comme la mienne : courbée. Ces objets magnifiques, notamment utilisés en Inde et au Népal, ont une double fonction, faisant office à la fois d’outil et d’arme. De part sa forme spécifique, sa force de pénétration est disproportionnelle à sa taille permettant à celui qui sait s’en servir d’infliger de profondes blessures et d’entamer l’os. Le génial inventeur de cet objet a même pensé à insérer une encoche à la base de la lame. Ainsi, tout liquide coulant le long de la lame, s’égouttera au lieu de couler sur la poignée. C’est vrai que du sang sur une poignée en ivoire, on a vu mieux niveau mélange de couleurs ! Quelques années auparavant, j’ai eu l’honneur et le privilège de recevoir un Khukuri forgé sur-mesure en échanges de mes services. Quelques semaines plus tard, une maladie emporta un proche. C’est alors que je nommai ma lame Vlad.

Mes armes et mon gilet dissimulés sous mon magnifique costume de carnaval, j’attends. Un individu prenant Cassidy en filature à sa sortie du Bucintoro fut clairement identifié par le réseau de vidéo-surveillances des Carabinieri. Ces derniers tentent en ce moment-même de remonter leurs traces. Pietro, generale di brigada dei Carabinieri, me doit un service et doit me joindre d’un moment à l’autre. On peut dire et penser ce que l’on veut des forces de l’ordre, il est tout de même bien pratique de pouvoir utiliser leurs moyens.
Mon téléphone vibre.

-« Je t’écoute Pietro. »

-« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. On a réussi à suivre la jeune femme dont vous m’avez parlé. L’homme qui la suivait était visiblement armé et l’a obligé à prendre le ferry juste avant San Marco. »

-« Continue. Quelle ligne ont-ils pris ? »

-« Ça, c’est la mauvaise nouvelle. Ils ont pris la ligne 20 et sont descendus à San Lazzaro degli Armeni. »

Saint-Lazare des Arméniens, comme on l’appelle en français, est une île située dans le Sud de la lagune. Elle est uniquement habitée par des moines mékhitaristes arménien vivant dans leur monastère. Ce dernier dispose d’un musée ouvert au public qui, dit-on, propose une exposition de haute qualité allant même jusqu’à inclure une momie égyptienne. Beau repaire pour des criminels, on ne se refuse rien !

-« Hum …. J’avais donc raison. La mafia est impliquée. Cela ne relève pas de criminels de bas étages. »

-« Je vous en prie, écoutez-moi ! S’il est vrai que j’ai eu vent de l’arrivée d’un chef de clan zakone à Venise ces derniers moi, j’ignorais et ignore toujours sa nationalité. Si et seulement si, vos soupçons sont exacts et que ce clan arménien utilise le monastère comme repaire, je ne peux pas vous aider. Ma hiérarchie me ferait pendre si elle apprenait que j’avais envoyé mes hommes dans ce lieu Saint ! Mais je vous connais, vous allez vous passer de mon aide. Là encore, par pitié, réfléchissez bien car ce n’est pas vous qui allez devoir rendre des comptes en cas d’affrontements. J’ignore qui est cette femme et ce qu’elle représente pour vous mais vous devriez laisser tomber…. »

-« Allons Pietro, du calme. Comme tu l’as si bien dit, ce ne sont que des soupçons personnels, rien de plus. »

-« Ne jouez pas à ça avec moi ! Si les moines nous contactent, nous serons obligés d’intervenir et de vous arrêter vous comprenez ?! »

-« Je comprends. Je te remercie pour ton aide Pietro. Nous sommes quittes désormais. »

-« Que Dieu vous garde. »

Je quitte l’antre d’Augusto immédiatement. Il doit y avoir des visites guidées du Monastère, même pendant le Carnaval. J’en profiterai pour mettre pied sur l’île incognito. Presque une demi-heure plus tard, j’arrive au terminal du ferry. Il n’y a que 15 minutes de trajet jusqu’à San Lazzaro.

L’île est en vue. En dehors du quai réservé aux navettes, seuls deux bateaux sont amarrés : un voilier à un mât et un petit semi-rigide. Le semi-rigide me sera sans doute très utile. Il aurait peut-être fallu penser avant à un moyen de repartir ?!

La visite est certes intéressante mais je ne prête quasiment aucune attention au guide. Le monastère est bien plus grand que je le pensais. Certains bâtiments comportent 2 étages. Tout à l’air normal jusqu’ici. Je remarque une espèce de bosquet juste derrière le bâtiment où commence la visite. Les peintures sont impressionnantes mais leur bibliothèque encore plus. Très hi-tech et située sur plusieurs niveaux dans une espèce de tour, j’entends qu’elle contiendrait des volumes des toutes premières bibles. Vient ensuite le tour de l’église et de son clocher au sommet en forme d’oignon. Tout à fait charmant. Mais toujours rien. On en viendrait à penser que je me suis trompé. Mais Cassidy n’a pas quitté cette île, du moins pas avec la navette dans laquelle les touristes sont censés repartir. Si c’était le cas, les hommes de Pietro l’auraient vu en descendre. Visiblement, nous empruntons le même chemin pour revenir à l’embarcadère. Arrivé en vu du bosquet, je m’éclipse. Heureusement, une très faible distance sépare le bâtiment du bosquet. Je scrute les alentours. Rien ne bouge. Aucun bruit pouvant attester d’une présence quelconque. Je m’allonge alors sous un buisson. Durant la visite, j’ai pu également remarquer qu’un chemin longeait les bords de cette île à la forme presque cubique et en faisait le tour complet. En temps normal, disposer d’un tel chemin autour de son repaire est idéal pour des tours de garde. Mais dans le cas présent, cela attirerait l’attention des bateaux passant à proximité. Attendons donc la nuit.

L’obscurité est tombée. Je laisse ma cape dans les fourrés. Arme au poing, je rejoins en silence le couloir dont je m’étais éclipsé et me dirige vers la cour intérieure. Des pas. Quelqu’un se déplaçant à faible allure va arriver sur ma gauche. Me cachant dans un renfoncement de mur, j’empoigne l’homme qui vient de sortir du couloir adjacent et le plaque contre le mur, mon canon braqué sous le menton. Un moine. Ou du moins, ce qui semble être un moine.

-« Réponds tranquillement et honnêtement à ce que je vais te demander et peut-être pourras-tu partir. Compris ? » dis-je froidement.

Hochement de tête positif.

-« Soit cette communauté de moines est factice soit votre île abrite des membres de la mafia arménienne. Je pencherai pour la deuxième hypothèse. Correct ? »

-« Ou … oui. Nous n’avons pas … pas le choix. Ils … ils nous font chanter … pitié … nous sommes des hommes de foi et nous … nous n’avons rien en commun avec eux …. » réponds-t-il la voix tremblante.

-« Admettons que je crois. Une femme a été amené ici hier, qu’en ont-ils fait ? Est-elle toujours en vie ? »

-« Je l’ignore … je le jure devant Dieu … »

-« Où sont-ils ? »

-« L’homme … l’homme qui dirige ceux qui sont ici … est au dernier étage du bâtiment au fond du couloir que je viens d’emprunter … mais la plupart de ses hommes sont dans le bâtiment juste en face de l’embarcadère … j’ignore où se trouve la fe… »

Un bruit. Un bruit de glissière qu’on actionne. Sur la gauche, direction l’entrée. Ma tête se tourne juste à temps. L’homme n’a pas encore relevé son arme. Il est trop lent. Ma main droite rejoint ma main gauche juste avant que celle-ci n’appuie sur la détente. Deux balles. Touché en pleine poitrine et à la gorge, il s’effondre. Mais le mal est fait. Contrairement à ce que les gens pensent, un suppresseur ne rends pas vos tirs silencieux. Du moins, pas au point de ne pas être perçu aux alentours. Dans un endroit où le silence règne comme celui-ci, c’est encore pire. J’entends déjà des bruits de chaises provenant du Sud ainsi que des cris dans une langue qui m’est inconnue. Je me retourne vers le moine, visiblement en état de choc.

-« Pars prévenir les tiens de rester à l’abri. Aller ! Aller bon sang ! »

-« Mais … mais ils vont vous … vous massacrer … »

-« PARS ! C’EST UN ORDRE ! »

Les cris se rapprochent. Je vais devoir la chercher.
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