La Prédatrice (roman feuilleton)

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Joss
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Ce que je déteste : Le SM pur et dur et toute sa quincaillerie de cuir, métal ou latex, ses rituels quand il sont rigides genre Maître-soumise, le manque d'humour, de second degré... Sinon il a des choses que je n'aime pas dans la vie de tous les jours, la liste serait longue... Mais bien plus courte que celle des choses que j'aime!
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La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 29 sept. 2018, 03:33

LA PRÉDATRICE Résumé et Glossaire

Image : Arachnophobia by Carmag34 (Mr T)
https://www.deviantart.com/carmag34/art ... a-93056421

Polar érotique basé sur le bondage, la séquestration, la possession et la domination d'une femme nymphomane, obsédée sexuelle, sur d'autres femmes... Jeunes filles enlevées, ligotées, violées et tourmentées avec lascivité et imagination immodérées…
Et l’histoire de Sarah, policière et profileuse, sa chasseresse qui pour mieux la retrouver s’exposera, sera capturée et deviendra sa victime presque consentante… Elle subira maintes fantaisies sexuelles, toujours ligotée de diverses manières. Un jour, Camille, une autre jeune fille est enlevée, elles vont se retrouver toutes deux en captivité, jouets de cette femme. Unies dans leurs liens, Sarah s'éprendra de cette autre détenue. Une fois relâchée elle réussira à faire arrêter leur tortionnaire. Commence alors une histoire d'amour, de complicités et de liens entre Sarah et Camille...

Glossaire :

Cette histoire érotique est écrite à l’intention de celles et ceux pour qui le mot « bondage » n’a pas de secrets, mais aussi pour le faire découvrir à ceux qui ne le connaissent pas, les « vanillas » comme disent les anglo-américains. Comme ils risquent d’être déroutés par la lecture des lignes qui vont suivre, voici donc quelques explications :

Le bondage de l’anglais « bond » = nœud, signifie au départ esclavage, contrainte.
Maintenant utilisé dans les jeux amoureux ou – et - sadomasochistes, ce mot désigne tout ce qui permet de limiter les mouvements, la parole ou la vue d’une personne bien évidemment adulte et consentante.
Pour cela on peut utiliser des cordes, des ficelles, des ceintures, des sangles ou tout un attirail de cuir ou de métal vendu dans les boutiques et sites spécialisés. S’y ajoutent les baillons, les bandeaux sur les yeux soit fabriqués soi-même, soit achetés dans les mêmes boutiques.
A ce mot se sont greffés des dérivés : Bondager (ou parfois bonder) = Attacher, ligoter.
Participe passé : Bondagé(e). Celui, celle qui est attaché(e), on dit parfois « être dans un bondage » équivalent du mot ligotage.
Bondageur, bondageuse : Celui, celle qui attache ou ligote. Ce mot est parfois remplacé par l’anglicisme « rigger ».
Bondagette : Femme qui se laisse ligoter (et qui aime cela, généralement), soit comme modèle photo, soit lors d’activités sexuelles, etc.… Il n’y a pas de terme équivalent masculin.

Termes techniques anglo-américains qui n’ont pas ou peu d’équivalents en français :

Hogtie, Hogtied
: (de cochon lié…) Attaché mains au dos et les chevilles tirées en arrière, soit reliées aux poignets, soit dans le dos. Selon comme c’est tendu, cela ne laisse guère de possibilité de mouvement ni de déplacement. Certains poussent le vice jusqu’à relier les cheveux aux pieds ou aux orteils… Il n’y a pas d’équivalent français à ce terme à part « pieds et poings liés », il faudrait rajouter « ensemble dans le dos » pour que ça soit plus explicite.

Balltie, Balltied : Attaché en boule, en balle : Bras attachées dans le dos (ou parfois sous les cuisses ou devant les genoux). Buste replié contre les genoux, chevilles plus ou moins repliées contre les cuisses, on ne peut plus bouger que la tête…

Frogtie, frogtied : En grenouille : Les jambes sont attachées complètement repliées mais laissées libres entre elles, bras au dos. Permet une sorte de reptation en se dandinant… et garde le sexe accessible…

Crotchrope
: Corde d’entrejambe : Attache composé d’une ceinture de cordes à laquelle est relié d’autre liens traversant l’entrejambe : Passant donc entre les fesses et à l’avant autour du sexe ou mieux, au milieu pour les dames… Relié aux poignets, il limite la mobilité des bras et tirer dessus peut provoquer une excitation là où ça passe… A l’avant il peut être prolongé jusqu’aux seins ou à la nuque.
Ces mots sont parfois écrit avec un tiret : Hog-tied, Ball-tied Frog-tie, Crotch-rope… Il y a d’autres termes mais ils sont parfaitement traduisibles en français.

Cleave-Gag : Bâillon fait de bandes de tissu passant entre les dents – OTM (Over-the-mouth) = Sur la bouche : Bâillon fait de tissu couvrant la bouche. Ces deux types de baillons utilisés dans ce roman sont les plus représentés dans les bandes dessinées ou les films. Ils ne sont guère efficaces sauf si la bouche est remplie par une boule de tissu ou d’éponge. Il existe beaucoup d’autres types de bâillons comme l’adhésif sur la bouche, le bâillon-boule, tous ses dérivés et beaucoup d’autres dispositifs vendus sur Internet et dans les boutiques spécialisées.

Strappado : Mot italien qui désigne la position attaché debout, mains au dos avec une corde tirant les poignets vers le haut. Plus c’est tendu et plus le buste doit se pencher en avant, ce n’est pas vraiment confortable mais ça peut être utilisé – comme dans les lignes qui vont suivre – pour dévêtir une personne liée sans la délivrer et sans déchirer ses vêtements.

Shibari – Kinbaku : Désigne les techniques et figures de ligotage traditionnelles japonaise, bien plus anciennes que le bondage occidental. Seules des cordes sont utilisées, essentiellement en chanvre, en suivant des entrelacements esthétiques. On y rajoute parfois des tiges de bambou. Il y a une infinité de termes techniques désignant les figures et les parties du corps ligotées comme les harnais de corps : Karada, Kikkou. En lotus, tête ramenée vers les chevilles : Agura. Gyakuebi qui est l’équivalent du hogtie et tant d’autres comme : Mune nawa, Ushirote… A rechercher sur Wikipedia et sites spécialisés. Autrefois destiné à la contention, aux punitions et expositions des prisonniers, ces pratiques sont devenues un art à part entière, sans être forcément tournées vers la sexualité, toutefois le Kinbaku est réputé plus érotique que le Shibari.

Avertissement :Cet ouvrage n’est qu’une fiction, même si différents aspects du bondage y seront évoqués, il ne faut surtout pas tenter d’imiter les scènes décrites : En aucun cas il ne s’agit d’une étude ou d’un guide ! Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus et s’initier à la pratique des cordes, six ouvrages spécialisés seront cités et brièvement décrits dans les pages qui vont suivre avec rappel de la bibliographie en fin d’ouvrage.
Dernière modification par Joss le 09 avr. 2019, 17:02, modifié 4 fois.

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 30 sept. 2018, 05:41

Voilà, c'est parti !

Dédicace :
A toutes les femmes libres et sans contraintes.
Et surtout à celles qui n’ont peur de rien !

La prédatrice 1)

1 - PARIS
Paris plage, dimanche 9 juillet 2017, je prends le soleil avec ma copine Yamina. Nous faisons un petit concours de fesses dévoilées. Comme vous le savez, le string et les seins nus ont été interdits par Delanoë depuis 2006 avec le risque de prendre 38 euros de contravention ou au moins un rappel oral à la loi. Nous avons de beaux seins, les miens sont larges, ronds et pas trop proéminents, bien fermes, certains disent que j’ai une poitrine de statue grecque. Ceux de Yamina sont plus petits mais plus pointus, ils sont très jolis aussi. Mais voilà, c’est obligatoire de les cacher et quand, dans nos salles de bains, nous nous regardons dans le miroir, apparait l’oblitération triangulaire et blafarde sur chacun de nos seins, comme un certificat de bonne mœurs estampillé sur notre corps. C’est nul et c’est moche, ça vous dégoûte d’avoir une jolie poitrine ! Même à Yamina, bien brune, métisse grâce à sa grand-mère sénégalaise, ça lui fait aussi des marques. Alors on se venge en montrant plus nos derrières, car voilà : Où finit la culotte, où commence le string ? Cette interdiction est ridicule car entre les tangas, les brésiliens, les cheeky, on trouve dans les boutiques toutes les variantes à partir de la ficelle jusqu’à la culotte bien couvrante des grands-mères* . J’ai opté pour un brésilien plutôt étroit, qui finit un peu trop tôt et en pointe vers le bas. Yamina a choisi le tanga, c’est bien couvrant du haut mais la moitié inférieure de ses jolies rondeurs est nue… Nous plaisantons : « Tu crois qu’ils vont mettre des contrôleurs de petites culottes ? - Il y aurait plein de volontaires, des bénévoles même ! » - « Je suis à combien de % d’après toi ? – Oh, bien 65 % ! Et moi ? - Je dirais un peu moins, seulement 55% - Bouh ! Tu me saques ! Ça dépend de comment on mesure, et toi en plus tu as les hanches plus larges que les miennes ! » Il s’agit du pourcentage de découverte de nos fesses, bien entendu. « Tu crois que ça va nous coûter la peau des fesses si jamais on est verbalisées ? – J’aimerais bien, tiens, qu’un agent de la mairie vienne me demander mes papiers pour me coller un PV, je me demande la tête qu’il ferait en voyant ma carte de flic ! : « Oh pardon madem…, heu madame, je savais pas… Je m’excuse ! » Coller une prune à un keuf, ça se fait pas ! Hélas, pas de contrôle, ni d’amende, ni de rappel à la bienséance, nous sommes un peu déçues, il faut nous contenter seulement de regards désapprobateurs…et d’autres plus appuyés… Certains de maris sous l’œil courroucé des épouses, nous observons cela en douce sous nos lunettes de soleil, nous nous marrons… « Ça va couiner ! ». Faut bien un peu rigoler dans la vie, hein !

Eh oui, je suis flic, policière de la DCPJ. Non, je n’ai pas un flingue dans mon sac ou sous ma chemise, je ne suis pas le Capitaine Marleau ni Candice Renoir. Je ne vais pas au front, on pourrait presque dire que je suis profileuse même si en France on ne nous appelle pas ainsi. Je travaille plutôt dans mon bureau ou à recueillir des indices et aussi à aller voir les victimes quand elles sont encore en vie. J’ai pourtant suivi une formation : Self-défense, maniement d’armes, judo, entrainement physique, parcours sportifs, secourisme, etc. Bon, le mieux est que je vous raconte tout depuis le début :
Je suis née le 8 novembre 1987, je vais donc sur mes 30 ans, je suis assez grande, 1 m72, cheveux noirs mi-longs, yeux marrons foncé, peau plutôt mate. Je m’appelle Sarah Paoli et le tout début, c’est en Corse : Pour ceux qui ne le savent pas, Pascal Paoli fut le chef de la Corse indépendante, de 1755 à 1765. Il s’est d’abord battu contre la République de Gênes puis contre la France du roi Louis XV et son armée d’invasion. Les français ont gagné et la Corse deviendra donc française. Ce que l’on sait encore moins c’est que la constitution de la République Corse donnait le droit de vote aux femmes ! En 1755 : La première du monde avec la Suède ! 190 ans avant la France en 1945, pas de quoi faire cocorico ! Moi si, j’en suis très fière de Pascal Paoli, même si ce n’est pas mon ancêtre direct, il y aurait un cousinage avec les miens… Mon grand père, Joseph Paoli, lui est né en 1915 dans le village de Santa-Lucia-di-Mercurio dans les montagnes pas très loin de Corte. Dés 17 ans il en partit et chercha du travail à Paris, après plusieurs emplois subalternes dans les administrations, il obtint un poste de gardien de la paix qu’il conservera jusqu’à sa retraite. A près de 45 ans il rencontra et épousa Antonia, de dix ans sa cadette, venue toute jeune avec sa famille d’un tout petit village perdu des Pyrénées catalanes, Josa de Cadí, juché à 1400 mètres d’altitude sous les sommets de 2600 mètres de la Serra del Cadí et pas très loin de la Pedraforca, impressionnante pyramide rocheuse finissant en deux pointes acérées comme des crocs. Les villages perchés de mes grands parents se ressemblent, isolés dans des montagnes et vidés ou presque de leurs habitants. Ils n’eurent qu’un seul enfant, mon père qui se maria avec ma mère, née à Paris elle aussi, mes grands parents maternels étant venus du Berry, plus exactement de Montipouret, juste à côté de Nohant, le village de George Sand. Je suis donc une vraie parisienne, n’est-ce pas ? Enfin, comme beaucoup le sont…

A suivre.

* Du temps de De Gaulle et Pompidou
Dernière modification par Joss le 09 avr. 2019, 11:45, modifié 1 fois.

stephanie
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Ce que je déteste : Les relations uro-scato, la violence non consentie, la vulgarité, les a priori sur les autres.

Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par stephanie » 30 sept. 2018, 07:41

Introduction inhabituelle mais très instructive.
On lie ainsi l'utile à l'agréable avec cette lecture.
Vivement la suite.

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 02 oct. 2018, 13:33

Merci pour ton appréciation, Stéphanie! La suite, je ne veux pas aller trop vite dans ma publication mais je peux comprendre que les lecteurs ont envie que l'histoire entre dans le vif du sujet... Ça viendra, petit à petit...

La prédatrice 2)

J’ai fait des études de droit et de psychologie, j’ai suivi une spécialisation en sciences criminelles à l’université de Paris-II et je suis donc rentrée à la PJ, est-ce l’exemple de mon grand-père gardien de la paix qui m’a incitée à suivre cette voie, je n’en sais rien, en tout cas il ne m’a pas poussé à le faire, j’avais huit ans quand il est mort en Corse où il avait pris sa retraite. Pour le moment, on me confie des tâches administratives : Recherches, collecte, recoupements, etc. pas encore de véritable enquête, de criminel à traquer. Lundi, le chef me convoque : « Madame Paoli, pouvez-vous terminer vos dossiers en cours ou laisser les affaires moins urgentes en suspens, nous avons une mission importante à vous confier ». Moi, une mission importante ? Je n’en reviens pas ! « Vous allez être détachée sur Montpellier, une histoire trouble d’enlèvements, c’est l’adjointe du commissaire qui souhaite que ce soit une femme qui la seconde sur ce dossier, je n’en sais guère plus. Donc vous devez être lundi prochain à la PJ de Montpellier, on va vous réserver un billet de TGV et une chambre d’hôtel. – Je pars quand, donc ? - Au plus tard dimanche mais dès vendredi si vous le souhaitez, c’est le 14 et vous aurez tout un week-end de vacances dans le Midi ! Lundi à 9 heures vous serez reçue par la divisionnaire adjointe Fabienne Cazals avec son chef, vous saluerez bien l’Empereur de ma part ! - D’accord, je partirai donc vendredi après midi, si cela vous convient ? – Parfaitement, on va vous réserver le train et l’hôtel. » Il appelle dans l’interphone, donne des ordres et peu de temps après je note donc les consignes pour le train, l’hôtel, le rendez-vous avec le chef Lempereur et son ajointe.

L’après-midi, sortie du bureau, je retrouve Yamina sur la parisienne Beach, plage sans sable cette année, ce n’est pas trop sympa pour les gamins. Cette fois c’est moi qui suis en tanga et elle en brésilien, nous nous sommes achetées une bonne panoplie de petits slips mignons et quelque peu coquins. Arrive un couple de femmes, nous les avions vues la veille à quelques dizaines de mètres de nous. Elles ont troqué leurs sages maillots de bain pour des mini-bikinis et s’installent près de nous. « Je c’ois qu’nous faisons boul’ de neige ! En plein n’été, n’en plus ! ». Rigole Yamina en imitant l’accent africain. Je me marre, elles aussi car elles ont entendu, Yamina n’est pas du genre discret quand elle plaisante. La glace est rompue et nous papotons, nous plaisantons, nous rions. J’annonce à Yamina mon départ vendredi pour une mission secrète, elle me félicite : « Wouah ! C’est une super promo ! Et dans le Midi en plus, tu auras du meilleurs temps qu’ici ! – Je ne crois que j’y aille pour glander, tu sais. En fait on ne m’a pas dit grand-chose, j’en saurai plus lundi – Tu me raconteras ! Ce qui m’embête, c’est de me retrouver seule ici, je vais m’ennuyer ». C’est là que que les deux filles nous disent : « Nous nous viendrons, donne-nous ton tel, Yamina, pour qu’on se donne rendez-vous ». Voilà qui me convient, je l’aime bien ma copine, elle est expansive et elle déteste rester seule. Ensuite passe une femme, dans les 50 ans, elle s’arrête, nous regarde un moment en souriant, puis nous dit : « Je peux me joindre à votre club ? » Sans attendre notre réponse elle pose sa serviette et ôte sa robe : Dessous elle porte un maillot une pièce noir sans bretelles. Je me dis : « Ce n’est pas vraiment mini pour adhérer au club... ». Sauf qu’une fois allongée sur le ventre elle coince le bas du maillot entre ses fesses, les dégageant entièrement… Plus tard, sur le dos, elle le roule jusqu’à son nombril, seins à l’air ! Nous voyant sourire, elle dit : « Si la police passe je leur dirai que je ne m’étais pas rendue compte qu’il avait glissé ! » Nous rions, Yamina rajoute : « Elle est avec nous la police ! Elle nous protège ! » Quatre éclats de rire, la dame ne comprend pas. « C’est moi la protection car je bosse à la PJ mais je ne suis pas vraiment certaine de pouvoir faire sauter les contraventions de la mairie… En fait nous n’avons jamais vu passer d’inspecteur de bonne tenue ici… » Elle répond : « Même s’il en venait un, je doute qu’il oserait s’en prendre à cinq femmes en même temps ! » Nous rions toutes et d’autres soutiens-gorges glissent… Yamina fait les présentations, nous deux et puis Léa et Vanessa : « Ici c’est le club des A ! – Moi, c’est Corinne, alors on dira Corinna ! »

Les trois jours suivants je boucle mes dossiers, fais mes rapports, classe ce qu’il me faudra reprendre à mon retour. Je n’ai pas trop de temps alors je fais des heures sup, pas de farniente sur le bord de la Seine mais le temps est pourri, pas de regret à avoir. Jeudi soir tout est en ordre et je prépare ma valise. Vendredi matin, 14 juillet, je ne vais pas au défilé, il fait un beau soleil et à 11heurs je rejoins les trois autres pin-up à la plage. Vers 13 heures nous mangeons un petit casse-croute à une terrasse et je leur fais mes adieux en leur disant : « Continuez le combat, les filles, notre cause est juste et nous gagnerons ! Vive les libertines ! Les puritains à la lanterne ! » Nos deux nouvelles amies déclarent : « Nous ne voyions pas du tout la police comme ça ! ». Yamina se fend d’un grand éclat de rire qui fait retourner tout le voisinage ! Je les quitte, je passe prendre ma valise, file à la gare de Lyon, mon TGV partant à 15 heures. La gare est bondée et il y a beaucoup de gens qui partent en vacances dans le train. Je dialogue avec ma voisine, une dame d’une bonne cinquantaine d’année, bavarde, elle veut tout savoir de moi et quand je lui dis, en abrégeant, que je suis psychologue, alors c’est parti pour les grandes confidences sur ses déboires familiaux et conjugaux, elle en finit même à me parler de leur sexualité : « Maintenant, il veut presque toujours m’attacher sur le lit, c’est ce qui l’excite le plus ! – Vous n’y prenez pas de plaisir ? – Si, si, surtout parce qu’il retrouve son tonus quand il me fait ça… Mais j’ai un peu vergogne, à notre âge, ce n’est plus convenable… Et si les voisins ou la famille le savaient, quelle honte ! Un jour ma sœur a vu les cordes oubliés près de notre lit, j’ai dû trouver une explication honnête mais qu’en a-t-elle pensé vraiment ? » Je lui souris : «Qu’en avez-vous à faire de ce que les gens pensent ? Contentez votre mari, ce n’est pas du tout grave ni malhonnête et personne n’a à savoir ni à juger ce que vous faites ensemble ! ». Elle a l’air soulagée de ma réponse. C’est étrange comment parfois des gens aiment à faire des confidences à des personnes qu’ils croisent brièvement et qu’ils ne reverront plus jamais.
Dernière modification par Joss le 18 nov. 2018, 11:34, modifié 1 fois.

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 03 oct. 2018, 06:28

Bonne introduction des personnages.
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


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les synonymes de fou sont intéressants

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par moimoi2 » 03 oct. 2018, 17:53

Une pauvre petite policière qui va enquêter sur des disparitions ?

Ça ne peut que mettre de l'eau à la bouche :sifflote:

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Joss
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 05 oct. 2018, 00:22

Oui la "pauvre" policière sera bien impliquée dans l'histoire... Plus encore qu'elle ne l'aurait souhaité...! Et d'autres personnages sont encore à venir dont la "prédatrice" elle même. La mise en place de l'intrigue est assez longue, mais bon, c'est un roman...

La prédatrice 3)

2 - MONTPELLIER
19 heures, je sors de la gare Saint-Roch, mon hôtel est tout près, à mi-chemin du siège de la PJ en plus, on ne peut le nier, les services de la police peuvent être rationnels et efficaces ! Hôtel de Strasbourg, j’espère qu’ils ne servent pas de la choucroute trop souvent, je n’aime pas trop… Ah oui, ce n’est pas alsacien, c’est à cause du nom de l’avenue et ils ne font pas restaurant, tant mieux, je n’aurais pas aimé que l’on me colle en demi-pension. Ce n’est pas le plus grand luxe, faut pas trop grever le budget de l’État quand même mais ma chambre est tout à fait correcte et insonorisée. L’hôtel est à 700 mètres du centre ville et une ligne de tram passe juste devant, tout est parfait ! J’y laisse mes affaires et je pars déambuler en ville, c’est un fait il y fait plus chaud qu’à Paris. Place de la Comédie, le Polygone, beaucoup de magasins sont fermés mais aucun problème, pour les emplettes ça attendra et pour manger il n’y a que l’embarras du choix, je m’installe à une terrasse avec une place stratégique pour observer la foule cosmopolite qui fourmille sur la Comédie : Beaucoup de jeunes : Étudiants, visiteurs, touristes, citadins du lieu, comment savoir ? Vers 21 heures je rentre à pied à mon hôtel, je suis un peu vannée et je me couche sans tarder. Samedi matin, je longe le Champ de Mars jusqu’au bâtiment moderne du Corum, je rentre ensuite dans les ruelles du quartier ancien que l’on appelle l’Écusson, j’aboutis au Jardin des Plantes que je visite, m’intéressant aux plantes méditerranéennes qui me rappellent celles du village de mon grand-père. De là, j’aboutis au Peyrou, grande place surélevée avec la vue sur les Cévennes. Je retraverse les petites rues, je m’achète de quoi manger.

Revenue au bureau de tourisme, à l’entrée du Polygone, je me renseigne pour aller à la mer. On me conseille d’aller à Palavas, puis à Maguelone avec sa cathédrale et ses plages tranquilles à proximité. Tram et bus m’amènent à Palavas, je visite le port puis un petit train gratuit me conduit à cette ancienne cathédrale bâtie sur une sorte d’île dans un étang. J’arrive enfin sur le bord de mer, il y a une toute petite station : Une maison, deux paillottes avec guinguette, de quoi boire et se restaurer, louer un transat et un parasol… et puis c’est tout ! La plage idéale loin des immeubles et de la foule. Voilà un endroit où je reviendrai me poser dès que j’en aurai l’occasion ! Pas de problème de tenue : Mes seins nus et en petit tanga, je ne suis pas la seule, il y a même des filles en string et personne ne s’en n’offusque. D’ailleurs en marchant le long du rivage, entre mer et étang, je m’aperçois que certains sont tout nus, enfin une plage libre ! Comme je l’entends : Pas de textile ou de nudité obligatoire ! Avec du sable, des coquillages des dunes…et les vagues de la Méditerranée ! Vraiment pas de quoi regretter les plages de Paris ! J’y aurai bien amené Yamina… Je lui envoie un selfie, torse nu et la plage derrière… « Bien arrivée, c’est le paradis…Jusqu’à lundi ! Biz !» Peu de temps après, je reçois la réponse : « Super ! Fais attention à pas attraper des triangles rouges, tu te ferais remorquer… Bisou ! ». Merci pour les triangles blancs sur mes seins, c’est vrai que ça se voit bien… Mais pourquoi remorquer ? Remarquer ? Ah, oui, jeu de mot parce que les remorques ont des triangles rouges à l’arrière ? De l’humour made in Yamina, faut suivre !

Le lendemain matin, je prends le train pour Sète, j’avais pris de la doc au bureau de tourisme. Derrière la gare il y a la Pointe Courte, un village de pêcheurs au bord de l’étang de Thau, avec ses petites maisons basses, son port de barques et petits bateaux, un monde à part, un village caché au bord de la ville. J’arpente ensuite les quais qui longent les canaux bordés de centaines de petits bateaux. Je débouche sur le port et après avoir pris une collation à la terrasse d’un restaurant je m’attaque à l’ascension du Mont Saint Clair. Ça monte bien, presque 200 mètres d’altitude le sommet, quand on part de la mer, ça tire un peu sur les jambes. Le double de monter à Montmartre, vous vous rendez compte ! En haut il y a une église mais surtout une superbe vue sur la ville, l’étang, les montagnes au fond, la mer et le littoral de l’autre côté. J’y reste une bonne heure en contemplation. Je redescends ensuite côté sud, par des petites ruelles entre les villas et leurs jardins, certaines sont même en escalier. Mon objectif c’est la plage de la Corniche, profiter d’un dernier moment de farniente sur le sable et un bain de mer avant de rentrer à Montpellier. Je m’installe sous un parasol, près d’un bar de plage, je commande une menthe à l’eau et me revoilà estivante quasi-nue au bord de la mer. Les maillots sont plus couvrants qu’à Maguelonne mais il y a quelques autres seins nus, alors, au diable la pudeur ! Vers 18 heures, douche de plage et je prends le bus jusqu’à la gare et le train m’emmène à Montpellier, je mange un morceau et je rentre à mon hôtel, j’ai passé un week-end bien agréable mais demain les choses sérieuses vont commencer.

De l’hôtel de Strasbourg au SRPJ, il n’y a guère que 600 mètres que je parcours à pied. J’arrive au bureau d’accueil un quart d’heure avant mon rendez-vous. C’est une dame qui me reçoit, je lui précise mon entrevue avec les divisionnaires Lempereur et Fabienne Cazals. Elle rit : l’Empereur, tout le monde le surnomme ainsi mais en fait il s’appelle Charles Magné et comme l’accent du é disparaît souvent dans les majuscules, cela fait Charlemagne ! « Merci de me le préciser, vous m’avez évité une bourde ! – Oh, ce n’aurait pas été la première fois, il est habitué aux facéties de ses collègues ! Voilà, montez au bureau de Mme Cazals, ils vous y attendent ». Je suis ses explications, je toque à la porte. Fabienne Cazals m’ouvre et me tend la main, c’est une femme brune et plutôt mince, d’environ 45 ans. « Entrez Madame Paoli, soyez la bienvenue, je vous présente mon chef, Charles Magné ». Il est un peu plus âgé, petite moustache, à demi chauve, visage rond, de son œil vif et scrutateur, il me jauge avant de parler, se lève sans trop d’empressement et me salue. « Bienvenue à la PJ de Montpellier, Mme Paoli, veuillez vous asseoir ». Une fois tous les trois assis, je sens son visage se radoucir : « Vous êtes entrée au DCPJ de Paris il n’y a guère plus de deux ans mais vos supérieurs nous ont assurés que vous étiez une personne ponctuelle et assidue, que vous avez traité consciencieusement les dossiers qui vous ont été confiés. Vous n’avez pas souvent eu l’occasion d’enquêter sur le terrain ou auprès des victimes mais cela va changer, sur ce dernier point principalement. Je vous explique en deux mots, mon adjointe vous donnera plus de détails : Depuis maintenant plus de deux ans se sont déroulés d’étranges enlèvements sur tout le territoire qui va de Perpignan à Nîmes. Un peu comme dans l’affaire Fourniret, un couple a enlevé, au moins huit fois, successivement plusieurs jeunes filles pour leur faire subir maintes fantaisies sexuelles. Contrairement à Michel Fourniret, il semble que ce soit la femme qui est l’instigatrice des enlèvements et qui ensuite viole et tourmente les victimes pendant leur séquestration. Toutes sont majeures et à notre connaissance, il n’y pas eu d’assassinat, elles ont été relâchées au bout de 4 à 7 jours. Terrorisées elles ne se sont que très peu ou même pas du tout confiées sur ce qui leur est arrivé, cela fait qu’il a fallu plus d’un an avant que le lien soit fait entre ces différentes affaires. Nous avons donc besoin d’une personne qui puisse les interroger avec douceur, en leur rendant confiance. C’est pour cela que vous êtes ici, votre formation, votre spécialisation et votre qualité de femme sont toutes indiquées pour se pencher sur ce dossier. Je vous laisse donc avec mon adjointe qui va vous donner tous les détails, tout ce que nous savons en tout cas ». Sur ce il se lève, nous salue et sort du bureau.

A suivre...
Dernière modification par Joss le 18 nov. 2018, 11:34, modifié 1 fois.

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 07 oct. 2018, 03:31

La prédatrice 4)

3 – ENLEVEMENTS
Demeurée seule avec Fabienne Cazals, je reste un peu éberluée : Comment depuis deux ans une telle histoire n’a jamais été évoquée dans les journaux, comment des délinquants sexuels peuvent-ils agir ainsi tant de fois sans se faire arrêter ? Elle me répond : « Pour votre première question, nous gardons le secret absolu, d’une part dans l’intérêt des victimes : Il ne faut donner aucune publicité à cette histoire sordide, elle ferait les choux gras de certains journalistes à sensations qui seraient même capables de retrouver et d’aller importuner ces pauvres jeunes femmes, elles sont assez traumatisées comme cela ! D’autre part, pour endormir leur méfiance, il est essentiel que les auteurs ne sachent pas que nous les recherchons. Avant de les relâcher ils ont menacé ces femmes de représailles si elles parlaient et ils peuvent croire qu’aucune n’a donné d’information. Car, cela répond à votre seconde question, ce sont des personnes très bien organisées, je vous raconterai un peu plus tard les détails de ces enlèvements. Sachez que si des disparitions n’avaient pas été signalées par des proches nous n’en saurions peut-être rien aujourd’hui ! Il se trouve que lorsqu’elles ont refait surface – dans des conditions assez extravagantes - la gendarmerie est venue les interroger, elles ont bien dû fournir quelques explications. Assez confuses, il faut bien le dire. Alors, au départ, aucune véritable enquête n’a été diligentée d’autant que ces femmes étaient majeures et n’ont pas déposé plainte, une main courante tout au plus. Il y a quand même eu viols, est-ce parce que l’auteur en est une femme, ou parce que les gendarmes n’ont pas trop pris ces histoires au sérieux ou n’ont pas trop su quoi en penser, les rapports des cinq cas qui se sont déroulés l’an dernier sont restés confinés dans cinq gendarmeries différentes ! Au début du mois de mai dernier, poussée par son entourage, une victime a enfin déposée plainte et donné un compte rendu plus détaillé de sa mésaventure d’autant que son amie a été témoin de l’enlèvement et a donné l’alerte. Un mois plus tard, autre affaire similaire, la victime ayant été abandonnée ligotée dans une chambre d’hôtel où elle avait été amenée discrètement durant la nuit. Exactement comme la victime précédente. La direction de l’hôtel a signalé et porté plainte. La victime a bien sûr été entendue et a parlé : Enlevée, abusée, molestée par un couple de pervers. Sa disparition n’avait pas été signalée : Une personne majeure qui ne donne pas de nouvelles durant quelques jours, cela ne donne pas forcément lieu à un signalement de disparition. Trois semaines après, une jeune fille disparaît alors qu’elle faisait de l’auto-stop. Même histoire, on la retrouve une semaine plus tard ! Trop c’est trop, cela ne pouvait être des coïncidences ! C’est alors que je me suis chargée personnellement de cette affaire : J’ai envoyé un avis à tous les postes de police et à toutes les gendarmeries, dans les départements de l’ancien Languedoc Roussillon et les limitrophes, de Toulouse à Marseille en quelque sorte. C’est ainsi que toutes les affaires précédentes nous sont remontées, petit à petit car il m’a fallu insister pour que l’on retrouve les dossiers de l’an dernier, c’est bien le cas de le dire, je me suis gendarmée ! Nous en sommes à huit cas actuellement sans que nous sachions si nous les connaissons tous ! Probablement pas ! » Fabienne Cazals s’interrompt et me propose de boire du café.

«Je suis médusée ! Lors de mes études de criminologie nous n’avons jamais évoqué le cas de femmes violant d’autres femmes et qui plus est récidiviste ou plutôt, violeuse en série ! Connaissez- vous d’autres cas ?» - « Aucun, même si les épouses de Dutroux et Fourniret ont secondé leurs maris, ici nous avons le cas inverse : C’est l’homme qui seconde sa femme, sans participer réellement aux viols. A Montpellier, le seul cas similaire de séquestration prolongée avec tentatives de viols sur une jeune étudiante américaine à eu lieu en 1982 à la fac de Sciences. C’était le fait d’un homme perturbé et impuissant. Il étranglera sa victime au bout d’une semaine et ira cacher son corps dans la garrigue. Condamné à la perpétuité, il est mort en prison. »

« Voici ce que nous savons des cas qui nous préoccupent actuellement : Les victimes sont enlevées de force alors qu’elles attendent seules à un arrêt de bus ou font leur jogging : La femme arrive à leur hauteur avec une voiture, l’homme surgit de la voiture ou d’une cachette, empoigne les filles. A eux deux ils les entrainent à l’arrière du véhicule, en un rien de temps elles sont menottées, pieds et mains reliés, bâillonnées, les yeux bandés. Elles sont ainsi transportées pour être amenées dans une maison inconnue. Dernièrement ils semblent avoir plutôt jeté leur dévolu sur les auto-stoppeuses mais leur mode d’action reste sensiblement le même. Ce qui leur arrive ensuite reste encore assez flou, les victimes pour la plupart, ont répugné à nous donner des détails. Nous savons qu’elles seront ligotées, dénudées et le resteront en permanence, leur geôlière survenant à tous leur besoins. En contrepartie – si l'on peut dire – elle en fera ses esclaves sexuelle. Attouchements, viols, punitions… Experte en la matière, elle se réjouira aussi de les ligoter dans toutes les positions diverses du bondage sans lui laisser la moindre espérance d’évasion… Oui, le bondage est une spécialité du sado-masochisme consistant à immobiliser une personne avec des cordes ou des sangles. Quand les personnes sont consentantes, pourquoi pas, mais là, ce n’est pas du tout le cas ! » - « Aucune n’a donc réussi à s’évader… Cela doit être un terrible supplice d’être attachée jour et nuit ! Et l’homme que fait-il après avoir participé à l’enlèvement ? « - « Il se contente de regarder, et il filme ou photographie, il ne les touche pas sauf à la demande de la femme. Il s’absente souvent, il ne parle pas ou très peu. Ce calvaire dure plusieurs jours, vers la fin on leur à montré photo et vidéos où elles se sont vues nues et liées, se tortiller comme un ver, gémir sous les sévices de leur prédatrice… : Si tu parles, si tu racontes quoi que ce soit, les photos et vidéos se retrouveront sur Internet ! Ensuite, une nuit ils s’en débarrassent, les premières ont étés laissées, de nuit, bâillonnées et mains attachées, prés de villas où elles ont pu aller demander de l’aide. Cela a changé ensuite : Le couple à d’abord loué des chambres d’hôtel ou d’hôte auxquelles ont peut accéder discrètement de l’extérieur. Ils les ont déposées liées sur le lit où elles ont été délivrées au matin par les personnes chargées du ménage. Pourquoi ce changement de méthode ? : Peut-être pour ne pas laisser leurs victimes livrées au premier venu qui pourrait les maltraiter… » - « Louable précaution quand on sait ce qu’ils leur ont fait subir ! » - « Oui, ou alors pour le faire plus discrètement, sans risquer d’être repérés, que l’on note le numéro de leur voiture, je vois plutôt cela, ou les deux… Comment savoir ce qui se passe dans la tête de telles personnes ?».

« Et ensuite, dans quel état sont ces femmes ? Que sont-elles devenues ? » - « En piteux état, vous vous en doutez bien : Hébétées, choquées, humiliées, exténuées, on ne reste pas plusieurs jours séquestrée dans des liens et abusée sans cesse sans que cela vous laisse indemne ! Ajouté à cela la menace de se retrouver sur le Web et un sentiment de honte car, à leur corps défendant, elles ont été contraintes de rentrer dans les jeux sexuels de cette femme. Les trois dernières ont été soignées et hospitalisées puis suivies dans un centre de convalescence. Celles de l’an dernier, faute d’avoir parlé ont été laissées à leur peine, elles en ont certainement gardé des séquelles, il vous faudra essayer de les rassurer et de leur faire suivre une thérapie ». « Ils n’ont jamais laissé d’indices, rien qui permette de les identifier ou au moins d’en savoir un peu plus sur eux ? » - « Ils ne parlent presque pas entre eux, devant les victimes en tout cas ; jamais aucun prénom. Il semble qu’ils utilisent des voitures banales, de petites cylindrées et usagées, parfois camionnette ou un véhicule dont les sièges arrières sont enlevés. Les victimes immobilisées et réduites au silence sont dissimulées sous des couvertures. Sauf celles prises en auto-stop, elles n’ont pu nous donner ni la marque, ni aucun descriptif précis de ces véhicules mais il semble qu’ils en ont utilisés deux ou trois de différents. Qu’en font-ils ensuite, mystère ? On les retrouvera peut-être un jour noyés dans un canal ou incendiés dans un endroit isolé. Ou tout simplement vendus à une casse. Du moment que nous n’avons pas de signalement précis, cela reste possible » - « Des portraits robots ? » - « Oui, nous nous y sommes employés mais avec difficultés : Les victimes antérieures n’ont plus de souvenir très précis, les dernières ont mieux collaboré. Seulement, la femme semble changer d’apparence et de coiffure. Quand à l’homme, s’étant monté très discret, souvent caché derrière sa caméra, lui aussi est parfois barbu, parfois rasé, nous n’en avons qu’un signalement imprécis. Vous savez qu’il est souvent difficile d’établir un portrait robot fiable, malgré cela nous avons diffusé les données anthropométriques dans tous les postes de police, les gendarmeries, enquêté dans les mairies, les lieux publics, d’ici Toulouse et jusqu’à Marseille, sans aucun résultat. Nous avons des profils ADN, sans être non plus certains de savoir à qui ils appartiennent, d’autant que les victimes sont douchées avant d’être abandonnées. Aucun n’a donné de résultat, ces gens ne sont probablement dans aucun fichier, cette recherche est sûrement vaine. »

« A-t-on retrouvé les affaires de ces filles ? » - « Les portables sont éteints puis ensuite abandonnés, souvent dans un bus. Par contre, toutes leurs affaires : Sacs, papiers, argent et vêtements leur sont restituées et retrouvées à côté d’elles. Aucune rançon n’a jamais été demandée. La motivation est sexuelle, uniquement. Aucune n’a eu à subir de coups violents : Coups de cravache et de martinet, pincements, enserrements mais aucune blessure physique durable …Dans leur esprit, c’est tout différent ! » - « Et les lieux où elles ont été retenues ? » - « Là, c’est un mystère, elles parlent d’une chambre, d’une salle de bain, de WC. Problème : les descriptions ne correspondent pas. De plus le temps de transport après leur enlèvement et avant leur libération est d’une heure au maximum, or ils ont eu lieu dans une zone géographique qui va de Elne à Nîmes, plus de deux heures par autoroute et elles ont plutôt ressenti des virages, des arrêts… Il est donc exclu qu’elles aient été retenues au même endroit. Ont-ils plusieurs maisons, utilisent-ils des locations saisonnières ? Ce qui est certain c’est qu’aucun des lieux de rétention n’a été retrouvé ni même situé. Nous n’avons donc d’autre possibilité que de recueillir le maximum d’indices auprès des victimes, il faut donc les faire parler tout en les ménageant, les rassurant, les aidant. Voilà votre mission, qu’en pensez-vous ? » - « J’en pense que je vais m’y attaquer dès aujourd’hui, je suppose que vous avez un dossier complet avec noms et adresses, heure et lieux des enlèvements, des libérations ? » - « Bien sûr, et nous vous en avons préparé une copie, que voilà, tout ce que nous savons y est noté et bien circonstancié, vous avez la liste des victimes, âges, adresses et téléphones ».

Valérie T. 24 ans, de Perpignan, enlevée le lundi 13 juin 2016, 8 heures du matin à un arrêt de bus isolé à la sortie d’Elne, elle avait passé le WE en famille et se rendait à son travail, caissière à une enseigne de vêtements, à l’entrée de Perpignan , relâchée 5 jours plus tard à 4 heures du matin, près d’un camping à Torreilles-Plage
Jessica D. 19ans, de Nîmes enlevée le dimanche 3 juillet, marchait le long d’une rue déserte pour aller travailler à 7 heures du matin dans une boulangerie du quartier d’Espagne à Nîmes. Abandonnée 4 jours après, en pleine nuit près des villas d’un lotissement de Montpezat (30).
Mélanie C. de Grabels, près de Montpellier, 23 ans, enlevée le dimanche 24 juillet, faisait son jogging sur une petite route. Retrouvée 6 jours plus tard sur la route du bord de mer à l’entrée de la Grande-Motte, toujours en pleine nuit.
Angélique S. de Bondy, 21 ans, en vacances au Cap-d’Agde, capturée vers deux heures du matin le mardi 16 août alors qu’elle sortait d’une boîte de nuit pour se rendre à son appartement, pas de témoin à proximité. Relâchée 5 jours après à Marseillan-plage.
Pauline C. de Barbaira, près de Carcassonne, 26 ans, Prise en auto-stop et kidnappée à la sortie de Carcassonne, le samedi 24 septembre vers 10 h du matin ; relâchée 6 jours après dans un hôtel près de Narbonne.
Chloé M. de Montpellier, 28 ans, faisait son jogging, lundi 8 mai dernier, sur la route de bord de mer entre Carnon et la Grande-Motte avec son amie, celle-ci s’étant arrêté pour souffler, elle a assisté, 500 mètres plus loin, à l’enlèvement ! Elle a aussitôt appelé le 17, malgré des contrôles routiers et appels à témoignages, la voiture, une Clio blanche banale n’a pas été retrouvée. C’était le lundi 8 mai dernier. Chloé a été retrouvée 7 jours après dans un hôtel de la station de Port-Camargue. « C’est cet enlèvement qui à vraiment mis la police aux aguets. Les médias en ont largement parlé, lorsqu’elle a été retrouvée nous l’avons fait savoir tout en restant évasifs sur ce qui lui est arrivé. »
Virginie P. 25 ans de Sigean, enlevée le samedi 10 juin, sur la route de Narbonne, prise en auto-stop, vers 9 heures du matin, retrouvée 6 jours plus tard dans une chambre d’hôte près de Narbonne.
Léonie N. 25 ans de Caux (34), prise également en auto-stop près de Pézenas le dimanche 2 juillet, retrouvée le 8 dans un hôtel du Cap-d’Agde.

« Et le 10 j’étais chargée de vous rejoindre » - « Oui, mais en fait nous l’avions déjà envisagé en juin, après l’enlèvement de Virginie, quand nous avons découvert l’ampleur de cette sombre histoire. » - « J’observe plusieurs choses : Tout d’abord aucun rapt entre septembre et mai. Et aussi une période assez longue – plus d’un mois – entre août et septembre l’an dernier. » - « C’est exact, il y a une trêve hivernale si je puis dire. D’autre part cette année le premier rapt a eu lieu le 8 mai, l’an dernier le 13 juin… Il est très possible que toutes les affaires ne nous soient pas encore connues, cela dû au silence des victimes. » - « Peut-être faut-il faire un signalement auprès des établissements hôteliers, imaginez que des femmes retrouvées aient supplié de ne rien dire… » - « C’est exact, vous avez raison, je vais donner des consignes pour se faire. ». – « Je note également qu’à part une fille de la région parisienne, toutes les autres sont des résidentes de la région. » - « Je pense que cela est dû aux heures matinales des enlèvements, les vacanciers se lèvent en général assez tard ! » - « Il y a eu un cas d’enlèvement en pleine nuit … » - « Oui, un seul, à notre connaissance, je serai tentée de penser que nos kidnappeurs ont testé différentes méthodes et horaires, ou peut-être étaient-ils dans ce secteur de boîtes de nuit à cette heure là, au Cap-d’Agde il y a des clubs SM, c’est peut-être pour cela qu’ils étaient là. Si nous avions été prévenus en août dernier nous aurions pu y enquêter mais un an après c’est inutile.

A suivre ...

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Ce que je déteste : Le manque de respect envers autrui, les bettraves, les chiens quand ils veulent jouer avec les cyclistes ;p

Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 07 oct. 2018, 16:28

Vers quels pétrins se dirigent cette policière ?
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


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les synonymes de fou sont intéressants

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Ce que je déteste : Le SM pur et dur et toute sa quincaillerie de cuir, métal ou latex, ses rituels quand il sont rigides genre Maître-soumise, le manque d'humour, de second degré... Sinon il a des choses que je n'aime pas dans la vie de tous les jours, la liste serait longue... Mais bien plus courte que celle des choses que j'aime!
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 10 oct. 2018, 01:40

Dans le pétrin où elle se fourrera volontairement... Mais avant elle va suivre une "préparation"... Nous n'en sommes pas encore là, d'abord bien présenter l'histoire qui va l'amener à prendre des décisions...

La prédatrice 5)

4 - ENTRETIENS

Nous resterons deux bonnes heures à parler, à évoquer comment poursuivre l’enquête et les résultats que l’on peut en espérer. Ensuite nous sortons et Fabienne Cazals me montre un local contigu de son bureau : « Je viens de le faire aménager, vous y aurez votre bureau, vous pourrez même y recevoir les victimes ou qui vous voudrez du moment que vous le jugerez utile à l’enquête. Accès Internet, accès à nos fichiers, à notre banque de données. Vous allez disposer d’une voiture banalisée pour vos déplacements. Bien sûr vous me tiendrez au courant de tout ce que vous aurez fait et des témoignages recueillis mais vous êtes libre de procéder comme bon vous semble, vos horaires seront libres. » - « Je vais commencer par aller voir les trois dernières victimes puisque les faits sont récents, il faudra ensuite convaincre celles de l’an dernier de bien vouloir parler avec moi. » - « Vous aurez l’assistance de psychothérapeutes ayant de l’expérience dans les problèmes post-traumatiques dus aux viols et aux séquestrations. Sans vous cacher qu’il n’y guère de cas connus – en France tout au moins – de crimes de ce genre dont le coupable est une femme ! Cela arrive parfois dans les prisons parait-il… Où il semble bien qu’il y ait omerta sur le sujet »- « Je reconnais que nous sommes dans l’inconnu mais il y a bien une explication à tout. C’est une des choses que j’espère découvrir auprès des victimes : Quelles sont les motivations profondes et originelles de cette criminelle. » Nous allons manger ensemble, justement il y a plusieurs lieux de restauration dans le quartier, nous optons pour un restaurant qui fait aussi boulangerie : « Au temps d’une pause », par la suite, quand nous mangerons ensemble, Fabienne me fera découvrir d’autres lieux, la pizzeria, le japonais, le sicilien… il y en a même un qui s’appelle « Allo poulet » ! Dans l’après midi, une fois installée, j’appelle les trois dernières victimes, leur explique ma mission et l’urgence de faire arrêter celle que j’appelle désormais « la prédatrice » car comment mieux définir une femme qui passe de proie en proie ?

Rapidement j’ai un rendez vous avec Chloé et son amie Lydia. Elles habitent maintenant ensemble à Pérols, les événements qu’elles ont vécus les ont soudées, Chloé n’a plus voulu demeurer seule et est venue habiter chez Lydia, elles se sont pacsées tout dernièrement. Lydia me raconte les circonstances : « Je ne peux courir autant qu’elle, je me suis arrêtée pour souffler et je l’ai laissée arriver au bout du parcours car je serais repartie avec elle quand elle serait revenue à ma hauteur. Je la suivais des yeux et j’ai vu cette voiture arriver à sa hauteur, elle s’est penchée vers la vitre avant, une personne est descendue de l’arrière et l’a attrapée ! Ensuite le conducteur est sorti et l’a aidé à la pousser dans la voiture, je ne me suis pas rendue compte que c’était une femme, j’étais à bien 500m » Chloé reprend : « Oui c’était une femme et elle m’a d’abord mis des menottes, en disant « Police ! Vous êtes en état d’arrestation ! » J’ai voulu protester mais aussitôt elle m’a bâillonnée et ils n’ont eu aucun mal à m’assoir à l’arrière. La conductrice est remontée, a démarré rapidement ! L’homme me tenait, je pouvais difficilement me débattre, de plus le bâillon m’empêchait de reprendre mon souffle, comme j’étais en train de courir. Ils se sont arrêtés un peu plus loin dans un recoin désert, là ils m’ont attachée plus solidement, aux chevilles et mes mains aux genoux ! J’ai eu les yeux bandés et du tissu enroulé devant ma bouche pour renforcer le bâillon. On me maintenait coincée entre les sièges, je ne sais pas du tout où on m’a amenée. On a dû rouler un bon quart d’heure avant de s’arrêter, on m’a portée et je me suis retrouvée dans une chambre. Là, on m’a d’abord enlevé le bandeau et la femme m’a déshabillée et attachée de partout. J’ai toujours été attachée, elle m’aidait pour tout. Elle ne m’enlevait le bâillon que pour me faire manger… Et puis les sévices ont commencé… Des caresses au début et puis des viols avec des objets de sex-shops… Et si je rechignais, je me faisais fouetter ! » - « Moi j’ai appelé la police tout de suite, ils n’ont pas mis trop de temps à arriver, des barrages et appels à témoins ont été organisés mais cela à pris bien plus qu’un quart d’heure et retrouver une Clio blanche… J’étais trop loin pour voir la plaque ou des détails… J’étais folle ! Et cela a duré une semaine ! Sans aucune nouvelle. A part ce que m’a dit votre collègue, Mme Cazals qui venait de retrouver un cas similaire en septembre dernier… Effectivement j’ai sauté de joie quand elle a été retrouvée vivante ! Par moment je n’y croyais plus, il y a tellement de disparues que l’on ne retrouve jamais comme ces femmes de Perpignan* ! Quand j’ai su ce qu’il lui était arrivé, séquestrée, violée et tourmentée par une autre femme ! Cela dépasse notre imagination ! Dire que nous pensions que seuls des hommes peuvent faire des choses pareilles !

Chloé reprend : « Ensuite, j’ai tout raconté à la police, malgré les menaces que l’on retrouve les vidéos de outrages sur le Web. Il fallait aussi que j’explique pourquoi on m’a retrouvée ligotée dans une chambre d’hôtel. Tout ce qui m’est arrivé est resté caché, accord entre la police et moi, je n’avais pas envie d’être un objet de curiosité et il fallait ne pas éveiller la méfiance des kidnappeurs, on commençait à savoir qu’il y avait d’autres cas… » - « Oui, je ne sais pas si c’était vraiment une bonne idée de ne rien dire, ne se méfiant pas, ils continuent d’enlever d’autres femmes. Je ne crois pas que j’aurais pris cette décision, est-elle vraiment utile à l’enquête, j’en doute parfois mais ce n’est pas de mon fait… Difficile pour la police de changer de version maintenant. Quant à publier des vidéos sur Internet ils auraient du mal à le faire anonymement sauf à passer par des pays étrangers et peu regardants : Voyez pour les affaires de pédophilie ! » - « Je suis d’accord : Vous savez, de toute façon, si une personne me reconnaissait, je doute qu’il irait s’en vanter et je ne vois pas trop en quoi cela pourrait me nuire mais cela peut être différent pour les autres femmes, imaginez pour une personne un peu connue... Et puis, c’est tellement douloureux d’avoir vu toutes ces choses sexuelles que l’on nous a imposées, je comprends que ça doit être horrible de penser d’autres pourront les voir et s’en exciteront ! »

« Vous savez, ce n’est pas la relation de supplices sexuels qui m’intéressent, si cela vous fait du bien de tout raconter, il faut le faire auprès de la psychologue qui vous suit. Moi ce qu’il me faut avant tout retrouver c’est un portrait, physique, mental et comportemental des personnes qui vous ont enlevée, recueillir un maximum de détails et d’indices. Les cerner, en quelque sorte, afin d’arriver à les retrouver. « C’est une femme orgueilleuse, elle se voudrait classe par sa façon de s’habiller, son autorité mais elle à une façon de parler, une syntaxe plutôt vulgaire, populaire je dirais, elle n’a pas été élevé chez les bourgeois. Au début je croyais qu’elle faisait exprès de me parler comme cela mais comme elle l’a toujours fait, je crois bien que c’était bien son langage à elle, elle n’est pas née chez les riches. Il fallait lui obéir sinon j’étais fouettée ou je recevais des coups de cravache. Je n’ai jamais été vraiment frappé violemment, sans que je sache vraiment jusqu’où elle aurait été si je m’étais rebellée, si j’avais résisté jusqu’au bout. Mais voilà, quand les coups pleuvent, que vous êtes prisonnière, obligée de subir… Alors je me suis pliée à sa volonté, à ses fantaisies, je ne pouvais que la laisser me forcer, m’envahir, et je devais y participer. Si je restais amorphe, les coups pleuvaient. Elle s’est emparée de mon corps, de ma volonté. Le pire c’est qu’elle arrivait à me donner du plaisir, j’étais comme dans un état second. ! Elle m’appelait par mon prénom, elle ne m’a jamais insultée. Par moment elle pouvait se montrer très douce, me parler très gentiment, pour m’encourager, me féliciter d’avoir joui quand cela m’arrivait. Une semaine attachée, c’est long, ça n’en finit pas, je perdais espoir. Quand même quand elle m’a menacée pour que je ne me parle pas, j’ai compris qu’il y aurait un après, j’ai recommencé à espérer un peu. Le pire, c’est l’épuisement, on se sent vidée, petit à petit j’ai perdu le sens de la réalité, le décompte des jours, mon esprit partait en quenouille. Quand elle me baisait, il n’y a pas d’autre mot, sauf à dire quand je me laissais violer, je participais mécaniquement, je mangeais pareil, je faisais tout machinalement et le reste du temps, étant immobilisée, je restais hébétée, l’esprit dans le vague. Je crois que plus ça allait, plus je devenais légume et c’est pour cela qu’elle a fini par me relâcher, je pense : Je n’étais plus intéressante, elle m’avait tout pompé ! Alors une nuit j’ai été transportée les yeux bandés dans cette chambre d’hôtel où l’on m’a retrouvée. Quand on m’a détachée, j’étais atone, engourdie, comme paralysée, je bafouillais. Ils ont même cru à une vengeance ou à un jeu sado-maso d’un amant pervers. Heureusement, ma photo avait été diffusée suite à ma disparition, une femme de chambre m’a reconnue et la police a été appelée. J’ai mis plusieurs jours à me rétablir, heureusement que j’ai été bien soignée et que ma chérie était toujours avec moi ! »

« Oui, cette femme est une perverse, il fallait qu’elle vous opprime totalement, toujours sous sa domination, jusqu’à vous empêcher de bouger même quand elle ne s’occupait pas de vous, elle aurait pu se contenter de vous menotter une main à un tuyau ou à un lit pour vous laisser un peu de liberté : Même pas, elle devait vous posséder, votre corps et votre volonté ! Vous étiez sa proie, son jouet vivant ! Je me demande comment elle a pu en venir là, même s’il y a des femmes dominatrices ou nymphomanes, elles recherchent plutôt des partenaires consentantes plutôt que de kidnapper celles qui peuvent lui tomber sous la main : Il y a donc une délectation chez elle à rechercher des victimes non consentantes. Pour assouvir ses désirs ou ses fantasmes, elle a outrepassé les normes et la légalité ! Elle en est devenue une criminelle, violeuse et tortionnaire ! Au point de vue physique, vous en avez déjà fait une description détaillée, auriez-vous oublié des détails comme un petit tatouage, des cicatrices ? – Non, rien de tout cela, je n’ai peut-être pas dit qu’elle était épilée intégralement. Elle portait des bijoux et elle en changeait régulièrement, des bijoux fantaisies ou parfois précieux, ça n’avait pas l’air d’être du toc. – Et l’homme ? - Comme je l’ai dit, plutôt distingué, plus âgé de 10/15 ans qu’elle. Bien vêtu, parfumé, classe… Presque toujours des lunettes fumées. Je ne l’ai jamais trop regardé même s’il aimait bien filmer mes réactions sur mon visage. Il ne parlait pratiquement pas, sauf pour dire quelques mots essentiels. Jamais ils n’ont dit un prénom, c’était du genre : ‘Tu viens ?’ et c’est tout. Il ne m’a pas adressé la parole. Quand j’étais laissée seule, il ne venait jamais me voir. Il restait dans d’autres pièces ou il n’était pas là, à part le premier jour et le dernier, pour aider à me porter, il ne venait que pour photographier ou filmer quand elle le lui demandait ». Je note tout cela, notre conversation se prolonge et j’explique que tous les petits indices, tous les petits éléments, surtout comportementaux peuvent déboucher sur une piste. J’enjoins Chloé à noter et à me communiquer tout petit détail qui lui reviendrait à l’esprit, même s’il lui parait sans importance. Je dis aux deux femmes que je vais maintenant rencontrer les deux dernières victimes puis les plus anciennes, celles de l’an dernier. Chloé est enseignante, Lydia infirmière, elles me proposent de m’aider, de venir avec moi si cela peut être utile pour les rassurer, pour qu’elles sachent bien qu’elles ne sont pas seules et qu’il faut retrouver les coupables, que leur union fera leur force. Je les remercie chaudement de cette initiative

* Affaires des disparues de la gare de Perpignan puis affaire Bénitez.

A suivre ...

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