La Prédatrice (roman feuilleton)

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Joss
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Ce que je déteste : Le SM pur et dur et toute sa quincaillerie de cuir, métal ou latex, ses rituels quand il sont rigides genre Maître-soumise, le manque d'humour, de second degré... Sinon il a des choses que je n'aime pas dans la vie de tous les jours, la liste serait longue... Mais bien plus courte que celle des choses que j'aime!
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 22 oct. 2018, 01:32

Suite de l'initiation : La policière Sarah découvre qu'elle aime être ligotée... et suspendue!

La prédatrice 9)

Nous mangeons ensemble puis nous nous séparons et chacune va vers son spectacle. Sauf que « mon spectacle » ça va être moi ! En vedette ou plutôt parmi les vedettes car je ne serai pas la seule à me faire ficeler ! J’ai pris les sous-vêtements appropriés dans mon sac et je me change avant d’aller dans la grande salle, j’ai mis un shorty court et une brassière assortie. Cédric me reçoit, me fait la bise, fait les présentations : D’après ce que j’ai compris, c’est une soirée démonstration et atelier pour attacheurs déjà confirmés. Il y a aussi des attacheuses d’ailleurs. Chacun des cinq attacheurs invite un ou une partenaire, Cédric commence par moi, je suis toute émue. Il commence à par me lier les poignets puis des cordes entourent mon ventre, se croisent au dessus de mes seins. C’est du chanvre, ça sent un peu les foins, une odeur naturelle en tout cas. Ça me picote un peu sur la peau du ventre, rien de bien méchant. Au tour de mes cuisses d’être entourées… Cédric m’aide à m’asseoir puis s’occupe de mes chevilles et de mes mollets, me voilà toute saucissonnée, il m’allonge sur le côté, me demande : "Ça va ?" Je fais oui de la tête. Il me dit à voix basse : « Je vais m’occuper des autres, puis je reviendrai, essaie de remuer un peu pour voir ce que tu ressens » Il se dirige vers les autres pour leur donner des conseils. J’essaie de bouger : Mes jambes ne s’écartent plus, mes mains ne peuvent plus se séparer, mes bras sont plaqués contre mon dos… Je me tords, je me tourne dans un sens, me met sur le ventre puis sur le dos, me replie en position assise : Voilà, je suis prisonnière, je suis toute ligotée ! Tout comme les jolies dames sur les photos… Je dirai presque : Enfin ! Je ne ressens aucune crainte, aucun désagrément ; à part de ne pouvoir bouger ni bras ni jambes, cela ne fait pas mal d’être ligotée ! Pour le moment en tout cas. Voilà déjà un bon point, ne pas trop se fier aux livres, il vaut mieux tester par soi-même et être dans les mains d’un spécialiste, dans ses liens plutôt. D’autres victimes des ficeleurs gisent pas très loin de moi, une bonne partie des personnes présentes sont passives, seulement spectatrices, assises au sol, plusieurs me regardent avec un certain intérêt, ils savent que c’est ma première. Ils me sourient et je réponds de même, un petit clin d’œil en prime. Cédric attache une autre fille, l’allonge près de moi… « – Oh ! Déjà une infidélité ! Les mecs…Toujours prêts à profiter de la faiblesse des nanas, hein ? » Je lui dis tout bas quand il revient vers moi, il sourit, il connait déjà mon humour au second degré. Il s’était penché vers mon oreille pour me chuchoter : « Ça va toujours ? – Très bien ! Je suis à ta disposition ! - OK pour une suspension ? - Oui ! Vas-y ! »

Il me rajoute des cordes au niveau du torse et des hanches puis il me prend dans ses bras, me met debout, attache mon torse à des cordes qui pendent au dessus de moi. Il me soulève, fait de même avec mon bassin et puis : « Tu es prête ? Je te lâche ! » Me voilà suspendue ! Je flotte, accrochée à des suspentes au dessus de moi. Je laisse retomber mes jambes et ma tête. Je vois les spectateurs à l’envers : Je souris puis je sors un peu la langue comme si j’agonisais, cela provoque de grands sourires parmi eux, une femme fait même le geste de m’applaudir, sans bruit. Cédric me dit « Maintenant je vais aussi accrocher tes jambes, tu veux ? Bien sûr que je veux, j’aimerais même être penchée en avant, avec les jambes en l’air, comme la japonaise d’hier, c’est possible ? – Tout à fait ! » Très doucement, il me murmure à l’oreille : « A vos ordres, madame la policière ! » Me voilà donc en oblique, la tête vers le bas. Je me contorsionne, j’ondule, j’éprouve, je ressens mes liens, je balance au bout de mes filins. Je ne peux plus rien bouger et pourtant je me sens libre, suspendue en l’air ; en suspension, le mot est exact, au propre comme au figuré ! Mes attaches se sont faites plus serrées mais plus qu’une contrainte, c’est une étreinte ! Ah oui, c’est une sensation bien plus forte que la fois où j’étais écartelée sur un lit ! Je sens de la chaleur monter dans mon corps, comme une fièvre à fleur de peau, c’est du désir, de la sensualité mais en même temps du relâchement, je suis dans une sorte de cocon, à la fois protecteur, à la fois charnel et lascif, je m’abandonne dans son emprise, je ferme les yeux, je perds pied, je perçois le moindre bruit : Celui d’autres encordements, les petits gémissements d’autres encordés, de très légers murmures parmi les spectateurs : Oh que j’aimerais qu’ils viennent me frôler, me toucher, me caresser ! Je ne suis pas loin de l’extase ! Combien cela dure, je ne sais pas j’ai perdu la notion du temps. Je rouvre les yeux, je m’aperçois qu’il y a toute une rangée de personnes suspendues, dans des poses différentes. Au moins une dizaine, plus de femmes mais aussi des hommes.

Finalement je suis ramenée au sol, c’est une femme qui me libère, ses mains qui me détricotent avec douceur sont des caresses. Cédric s’occupe de l’autre fille qu’il a attachée. Lentement je reviens à moi, libérée mais flageolante, accompagnée par ma libératrice, je vais m’assoir parmi le public, regarder d’autres attachements, d’autres libérations. Je sais que j’aime tout cela, je le sais bien maintenant, je me remémore les mots de Chanta Rose : « J’adore le bondage : Le bondage bien serré, en toute sécurité et dont il est impossible de s’échapper. » Impossible de s’échapper, des liens mais surtout aussi des sensations ! Je regarde mes membres, mon ventre partout striés de la marque des tresses du chanvre, ça me fourmille un peu, j’aime cette sensation, rappel de mes enserrements. Je regarde aussi ma culotte, je crois que j’avais bien fait d’y glisser un protège slip…

La soirée prend fin, Cédric revient vers moi pour me demander mes impressions « Je pense que c’est bien à quoi je m’attendais, le ressenti que j’ai eu après les images que j’ai vues, le spectacle d’hier et certaines de mes lectures, c’est bien confirmé : Tu as fais de moi une perverse et ça me plait ! » Nous rions, puis je reprends : « Non plutôt une adepte du bondage et du shibari ! Je t’en remercie ! – Et cela pourra t’aider pour ton enquête ?- Peut-être, mais c’est encore une vague idée… Dis-moi, le fait d’être attaché serré, cela provoque toujours un désir sexuel ? – Cela dépend des personnes, disons plutôt que cela exacerbe la sensualité. Ici nous préférons rester en dehors de la sexualité ou du SM. Ensuite, en privé, chacun en retire ce qu’il en a envie : Du sexe, du SM, du jeu, de la relaxation et c’est même utilisé pour le yoga, à ce qu’il paraît… - J’ai noté qu’il y avait plus de femmes attachées que d’hommes ? – Oui, les femmes se lancent plus facilement, les hommes ont peut être peur de sortir du clan dominant dans lequel on les a placés depuis des siècles. Mais une fois libérés ils apprécient tout autant – Ah, ah, c’est bien ça, de devoir se libérer pour se faire ligoter ! – Et oui, ce qui ressemble à un emprisonnement peut aussi être une liberté ! Cela peut paraître paradoxal mais vous savez, par exemple, quand un homme met son sexe dans celui d’une femme cela est ordinairement un acte d’amour mais cela peut être aussi un viol ! C’est le consentement qui fait le contexte, pas l’acte en lui-même : C’est la même chose pour les liens ! Vous revenez demain pour les initiations avec les débutants ? – Cela va dépendre de mon emploi du temps mais je tâcherai de passer, on se dit à demain ? -C’est Arnaud qui sera là demain, pas moi, mais nous nous reverrons bien un jour ou l’autre, vous reviendrez bien à Paris ? Oui, quand mon enquête sera close mais pour le moment, ça n’avance pas trop, justement je visite une victime demain…

Je me couche, je ressens encore dans mes articulations et dans mes muscles le contrecoup de l’enserrement, un peu comme après une bonne séance de gymnastique, une fatigue plutôt saine, comme un mélange de mollesse, de satisfaction et de sensualité. Je m’endors, sereine. Petit câlin au réveil, je me rends compte que j’ai encore quelques raideurs, rien de grave, quand je bougerai, cela disparaîtra. Ensuite douche et petit déj, allez, je bouge, ascension de Montmartre par la face nord, quelques orbites autour de la butte, je me dérouille les jambes, les bras aussi, mes raideurs disparaissent et je retourne me plonger dans mes lectures enrichissantes. Au tour de Midori, maintenant : « Les sortilèges du bondage japonais* » Ce titre me va bien ! Je retrouve un peu l’optique de Chanta Rose même si l’ouvrage n’est pas orienté vers les poses sexuelles. Des positions originales toutefois et des croquis précis pour bien les réaliser. Il y a de très beaux textes comme « Séduction », la même scène érotique, narrée sur deux colonnes qui se complètent : « lui » d’un côté, « elle » de l’autre dont voici un extrait « Les cordes filent a nouveau entre ses doigts, et je ferme les yeux pour savourer chaque effleurement. Oh, il est diabolique ! Je sens le nœud placé sur mon clitoris et je sais ce que ça veut dire ! Encore plus de délices en perspective ; c’est certain ! Je crie littéralement de plaisir quand il fait glisser la corde le long de mon sexe. Par des mouvements réguliers ma poitrine est rapidement entravée dans un réseau de cordes. » Je me dis qu’il me reste encore quelques petites espiègleries à découvrir… Lundi, probablement.


A suivre ...

* Édité chez Gremese, épuisé, difficile à trouver en occasion et à des prix prohibitifs. A quand une réédition ?

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Mad Hatter
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 23 oct. 2018, 09:19

Mon âme n'est soumise à personne si ce n'est à Celui qui me l'a donnée et aux rares personnes dont je suis sûr qu'elles sont Ses amis. J'y ajouterai quelques âmes qui me ressemblent, dont par amour, j'ai adopté le joug léger et facile : c'est une tyrannie aussi douce que rare ; depuis ma jeunesse jusqu'au jourd'hui je ne me suis soumis que rarement à une telle contrainte. D'humbles et illustres personnes, de papes et des rois me l'imposèrent. Ce n'était pas leur fortune ou leur rang, mais seulement leur vertu et les liens de l'affection qui m'assujetissaient à eux de mon plein gré, et j'éprouvai une profonde peine toutes les fois que la mort me libéra d'une telle servitude. Je fus donc très souvent assujetti à des hommes d'une grande humilité car je voyais en eux la fortune, chose que je n'aime ni ne vénère, et davantage la vertu, que j'ai toujours voulu aimer et vénérer chez les autres à défaut de chez moi. Mis à part ces personnes, il n'en existe nul autre à laquelle mon âme est soumise.
Comme tu le vois, la meilleure partie de moi même est libre ou étant privée de sa liberté pour de nobles et doux motifs, c'est elle qui choisit de ne pas être libre : elle redoute et refuse la contrainte. Voilà pour mon âme Quant à ma seconde part, étant terrestre, elle doit être soumise aux seigneurs de la terre chez qui elle habite.
Pétrarque : Invectives contre un homme de haut rang mais de petite vertu et faible intelligence. §12

:twisted: Quelque chose me dit qu'elle supportera moins longtemps une captivité non voulue. :twisted:
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
Jervis Tetch dans L'asile d'Arkham


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Joss
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 25 oct. 2018, 01:28

"Quelque chose me dit qu'elle supportera moins longtemps une captivité non voulue."

Non voulue... c'est à voir! Elle supportera... un certain temps. Elle est très résistante !

Mais pour l'instant la policière fait ses classes et va apprendre les ficelles du métier...

La Prédatrice 10)

J’appelle Angélique de Bondy pour lui confirmer ma visite en lui demandant la permission d’amener une amie. Nous prenons le RER et nous sommes chez elle vers 15h ainsi que la psychologue qui arrive peu après. Bien qu’elle l’ait déjà fait devant le commissariat de la ville, Angélique nous détaille les conditions de son enlèvement dans un quartier calme et résidentiel du Cap-d’Agde ou elle était en vacances avec d’autres amis. Se pensant en sécurité, elle sortait d’une boîte de nuit avec d’autres filles, elles venaient de se séparer, chacune pour se diriger vers leurs appartements. Juste après une dame arrivée en voiture lui à proposé de la raccompagner. Elle a refusé, étant presque arrivée mais un homme est sorti de l’arrière et lui a enfilé une sorte de capuchon au dessus de sa tête puis lui a maintenu les bras. Elle a crié mais aussitôt elle a senti des bandes de tissu lui sceller la bouche par-dessus le capuchon, menottée, pieds liés, elle a été embarquée dans la voiture, qui a roulé un certain mais elle pense avoir été détenue au Cap-d’Agde car lui parvenait parfois les échos et la musique d’une fête foraine qui se tenait pour quelques jours dans la station. Elle est restée prisonnière 5 jours, dans les mêmes conditions que les autres victimes, sans révéler d’autres détails, avant d’être relâchée un samedi soir dans une rue calme de la station voisine de Marseillan plage. Abandonnée, mains liées, yeux bandés et bâillonnée, heureusement les passagers d’une voiture qui passaient peu après lui sont venus en aide et l’on ramenée dans son logement. Elle leur à même demandé de n’en rien dire à personne. Sa disparition ayant été signalée par ses colocataires, elle à quand même dû se rendre à la gendarmerie d’Agde faire une courte et imprécise déposition. Elle ne se souvient pas de grand-chose, même pas de la marque de la voiture, une grosse berline. Par contre la dame portait un pendentif au cou, un rond divisé en trois parties par des lignes ondulantes et trois points, un dans chaque partie. Je reconnais un triskèle, j’ai déjà vu ce type de symbole dans mes recherches BDSM. Cela se confirme, ils pouvaient sortir d’un club du genre, il semble même qu’ils aient utilisé leur vraie voiture pour le rapt, ils ont donc improvisé, quand ils ont vu les filles se séparer, ils en ont suivi une. C’est probablement une cagoule qu’ils lui ont mise. Ils devaient loger au Cap d’Agde… Mais comment retrouver des témoignages un an après ? En tout cas ils n’étaient pas dans la boîte de nuit disco avec Angélique, mais probablement un club plus ou moins privé à proximité, cela on doit pouvoir retrouver mais en saura-t-on plus ?

Après avoir recueilli tous ces éléments, nous passons à son état de santé, la psychologue nous assure que depuis nos coups de fils et sa prise en charge elle va beaucoup, mieux, elle craint moins se sortir, elle ne pouvait plus bouger de chez elle quand la nuit était tombée, elle avait peur des autres et surtout des femmes inconnues. Elle s’est retrouvée un peu isolée. « Eh bien, bientôt tu ne le seras plus, Angélique » intervient Yamina « Demain nous faisons une virée en ville avec Sarah et deux autres filles sympas, on se retrouve pour manger à midi et puis on flâne, on imite les touristes, on shoppingue, on va voir les anims en bord de Seine et tout et tout, on fera la nouba le soir, t’es OK ? Tu viens ? Angélique hésite un peu « On te raccompagne le soir bien sûr ! Allez viens ! Et s’il fait beau, n’oublie pas ton maillot ! » Elle accepte, rendez-vous est pris. Nous rentrons et nous nous séparons à Chatelet-les-Halles. « Ou vas-tu ? » Demande Yamina « Je retourne à l’école ! – Ah non ! Stop ! Tu ne recommences pas à te fiche de moi, d’ailleurs y’a pas école le samedi soir en été et t’as pas pris ton cartable ! Dis-moi où tu vas !? » Pour toute réponse je lui tends le dépliant de présentation de l’École des Cordes et aussi le petit prospectus du spectacle de Kinbaku : Yamina regarde, l’air incrédule, fronce les sourcils et me dis : « Mais c’est vrai qu’ils s’attachent là-dedans ! Mais à quoi ça sert ?! Et ça te plait ?! Je te disais bien que t’as chopé des crobes mais là c’est grave ! » Je lui réponds : « Un jour, je t’y inviterai, rien que pour voir, tu comprendras mieux. Allez, je file ma Yaya, je vais être en retard au cours ! Que tout se passe bien avec ton Bastien et bon appétit à vous deux pour ce soir : Allèche-le bien… ! » Nous nous faisons la bise et elle me regarde partir en balançant la tête, l’air désapprobateur…

Effectivement les ateliers ont commencé quand j’arrive. Heureusement d’autres sont aussi en retard. La plupart des personnes présentes étaient là hier, comme spectateurs ou certains, comme moi, parmi les « modèles ». Arnaud, l’animateur ou plutôt le chef d’atelier m’accueille, dans les 45 ans, calme et posé : « C’est donc vous la nouvelle recrue très motivée, Cédric m’a parlé de vous, il m’a dit que vous aviez très bien apprécié votre première suspension alors que vous êtes toute novice. - J’ai découvert ma vocation, plaisantais-je… En fait on va plutôt dire que je suis tombée dans le chaudron de potion magique, oui cela me plait beaucoup et je veux en apprendre plus ! - Qu’allez-vous nous enseigner aujourd’hui ? - A vous attacher les uns les autres : Je vous montre les rudiments, vous vous lancez, je surveille, je conseille et vous échangerez vos rôles de temps en temps : Attacheur puis attaché, attachée puis attacheuse ». Il y a des déjà beaucoup de couples, même un couple d’hommes et deux couples de femmes ; des partenaires libres aussi. « Vous préférez une fille ou un garçon ? - Les deux me conviennent, pas de problème ! - Tenez, vous allez former un groupe de quatre : Deux filles, deux garçons, formez deux duos comme vous voudrez ou tirez au sort qui attache les deux autres…pour commencer ! » Je me retrouve donc avec Lucas pour attacher Manon et Quentin, en collaboration. Je n’y connais absolument rien, tout juste si je sais nouer mes lacets et ficeler un paquet et encore… Lucas s’y connaît un peu mieux, il est déjà venu, et Arnaud nous conseille, passant d’un groupe à l’autre nous montrant les petits trucs à faire ou à éviter. Heureusement nos cobayes sont très coopératifs, ils serrent leurs jambes, ils se tournent et se plient à la demande, tout ça dans la bonhomie. Manon est extrêmement chatouilleuse, elle s’agite dès qu’on la touche : « Aide-moi à la tenir, Sarah, elle bouge trop ! » Me dit Lucas. « D’accord, je la tiens, Quentin est plus sage, heureusement !» Je fais mine de maintenir Manon et je luis dis : « Toi, on va bien te saucissonner, tu ne bougeras bientôt plus rien du tout ! Au bout d’une bonne demi-heure nos paquets sont prêts : « Il ne vous manque que l’étiquette, et lundi la Poste passera vous prendre ! » Nous les laissons quelques minutes se tortiller, éprouver nos ficelages… Arnaud revient, fais quelques petites observations et nous les libérons pour échanger les rôles. Manon se venge : « Tu vas voir toi, comment que je vais t’entortiller ! Tiens-moi la bien, Quentin ! » Ils me lient mains et pieds, autant pour Lucas, reviennent sur moi… Alors je fais mine de donner des conseils : «Serre-moi plus fort, là ! Tire bien ! Plus haut cette corde là ! Tu ne devrais pas plutôt passer sous mes genoux ? » Tant et si bien que quand passe Arnaud, Manon demande : « Vous n’auriez pas un bâillon, monsieur ? Elle parle tout le temps ! Et elle fait exprès pour nous déconcentrer !» Tout le monde rit… Ils ont quand même fait du bon travail et je me retrouve bien entortillée, comme promis : « Alors madame la bavarde, contente là ? C’est assez serré, comme vous le souhaitez ? » Ils m’ont même tiré les chevilles en arrière, reliées aux cuisses, je ne peux rien bouger. J’arrive tout juste à rouler sur moi-même. « Parfait ! Toutes mes ficellations… heu, pardon, toutes mes félicitations ! »

La bonne humeur règne dans notre groupe, l’atelier se termine, nous sortons boire un verre, nous nous présentons plus en détails, nous sympathisons bien. Je sens que Manon et Lucas en pincent déjà l’un pour l’autre, ils ont dans les 30 ans, au maximum. Quentin est plus jeune, bien mignon, guère plus de 20 ans. Je me dis : « Tiens, je pourrais peut-être imiter Yamina, elle en serait jalouse… Ou admirative ! ». Hélas, je n’ai pas trop le cœur aux amourettes en ce moment, cette enquête m’obnubile, je voudrais tant la résoudre, la faire avancer tout au moins. J’ai l’impression de buter sur un mur, sur une porte verrouillée… Et si je rentrais par une fenêtre ? Oui, encore cette idée folle qui germe en moi...D’ailleurs je ne ressens pas un intérêt amoureux pour ma personne de la part de Quentin : Tant mieux, je n’aurais pas aimé le décevoir Nous décidons de manger sur place, personne n’ayant d’engagement ce soir. Nous discutons de ce qui nous a amené à nous intéresser aux cordes et au shibari. Bien sûr je ne fais pas état de mon enquête de policière, je parle des photos et articles découverts sur Internet, des livres que j’ai achetés. Nous nous séparons et Lucas propose de raccompagner Manon… La suite aux prochains ligotages ? Je ne sais quand je pourrai revenir à l’école, je dois rentrer à Montpellier…

A suivre ...

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 27 oct. 2018, 07:06

Les choses vont commencer à devenir sérieuses...

La Prédatrice 11)

7 - DOMINATION
Retour dans mes pénates et au lit. J’ai un bon sommeil depuis mes ficelages, ça doit quand même avoir un effet décontractant et sédatif ; pourtant tout n’est pas serein dans ma tête. Le lendemain, je me lève assez tard et j’ouvre le livre « Les bases du Bondage » du canadien Lord Morphéous : « Nœuds coquins et liens grivois qu’il faut connaître ». Voilà un guide intéressant et joliment illustré, certaines photos sont très sensuelles, les modèles souriants nous renvoient un sentiment de sérénité ou de volupté. Bien sûr le bondage est classé dans le BDSM dont il constitue la première initiale mais cette appellation est quand même un fourre-tout qui ne se limite pas au sado-masochisme. J’en retiens une jolie phrase : « La pratique du bondage avec des cordes est, selon moi, l’une des activités les plus aimantes, sensuelles et érotiques que l’on puisse partager avec un(e) ou plusieurs partenaires » A mi-chemin entre Chanta Rose et Midori, je crois que c’est mon guide préféré et la matinée passe sans que je m’en rende compte.

Vers 11h 30 j’arrive à notre lieu de rendez-vous, il fait un temps superbe, enfin par rapport à ces derniers jours, le soleil est aussi au rendez-vous c’est l’essentiel. Yamina est arrivée avant moi, nous nous faisons la bise, je vois qu’elle a l’air excitée mais je la laisse gamberger un peu, je sais qu’elle est impatiente de me raconter sa soirée d’hier. Du coup c’est elle qui me demande : « Alors ça c’est bien passé ton école d’hier ? - Super, il y avait un jeune mec tout mignon et je l’ai ficelé ! - Ah tu commences bien avec les keums toi ! Tu lui as fait quoi ensuite ? Tu en as bien profité j’espère !? - Pas du tout, je l’ai détaché et c’est lui qui m’a attachée, serrée comme tout! - Alors c’est lui qui en a profité ? - Mais non, ce n’était pas sexuel ! – Même pas des caresses ou des chatouilles ? - Même pas, sauf qu’il y avait une autre fille qui ne pouvait pas s’empêcher de rigoler à peine qu’on la touchait. Nous étions quatre, nous nous sommes bien amusés et nous avons mangé ensemble ! Ça a été une bonne soirée ! - Tu dois le revoir ton p’tit mec ? Je ne sais pas mais je ne cours pas après, d’abord Montpellier, je dois rester entièrement libre pour me consacrer à mon enquête. Et toi ? Alors ? - Yeeaaahh !!! Après le resto nous sommes allés au bal et il a osé m’embrasser ! Voui ! Que c’était bon ! Il va me pécho ! Il va me pécho ! Youpiii ! - C’est prévu pour quand ? - Sais pas mais c’est du peu au jus. Je vais l’inviter dans mon petit nid, lui il habite toujours chez ses parents ? - Quel petit nid ? » Répond une voix derrière elle, celle de Léa qui arrive avec son amie. Dans son excitation, Yamina ne les a pas entendues arriver et elles sont là à se bidonner ! «Ton grand petit nid ou ton petit nid tout intime ?! … Pour son petit oiseau, c’est ça ? » Rires et bonne humeur, mon tel retentit, c’est un texto d’Angélique qui nous annonce qu’elle arrive à la station de métro. « Je vais l’attendre à la sortie, continuez à vous marrer, je reviens avec elle ! - Elle est n’amoureuse ! Yamin’amoureuse ! - Gamines ! Chipies !!! » Elle revient avec Angélique, elle fait la présentation du « club des A » et rajoute : « Tu es admise et bienvenue puisque Angélique ça commence par A ! Allez, on se commande l’apéro pour commencer ? »

Nous voilà chacune devant nos verres, nos amuse-gueule et toutes avec des histoires à raconter mais c’est la presque conclusion entre Yamina et Bastien qui est au centre des conversations « J’espère que dimanche prochain, tu nous le présenteras, il faut l’arracher à papa-maman maintenant…Ah moins que tu préfères faire ton entrée dans la famille ! - Ah non, tu me vois sous le regard de neuf paires d’yeux à me dévisager comme si je tombais de la lune. Avec mes nattes afro en plus, les trois chipies qui ne vont pas arrêter de me poser des questions narquoises… - C’est la vie, ça, ma Yaya, il faudra que ça arrive un jour ou l’autre si tu veux garder ton Bastien ! ». Après l’apéro nous commandons nos repas, cinq filles… Non pas de régime ! C’est dimanche en plus ! Donc nous mangeons copieusement, café, pousse-café et nous sortons de table vers 15 heures passées, toutes un peu pompettes, juste ce qu’il faut pour être dans une bonne humeur communicative. « Allons prendre le soleil », décident Yamina et Léa : « Vous avez toutes vos bikinis ? – Heu, j’ai grossi et je n’ai qu’un vieux une pièce et je ne rentre plus dedans … » Déplore Angélique. «Mais tu n’es pas du tout grosse ! Juste pulpeuse à point, comme moi et Vanessa ! Allez, viens on va t’en acheter des jolis, il y a une boutique toute proche ! » Elle proteste un peu mais elle nous suit. Nous lui en choisissons, elle les essaye : « Ce n’est pas trop petit quand même ? - Non pas du tout, quand tu verras les nôtres tu le trouveras grand ! » Je lui en offre un de forme « cheeky » et Yamina un brésilien tout étroit derrière. « Mais on va voir presque toutes mes fesses avec ces culottes ! - Justement, comme ça tu feras encore plus partie du club - Tiens, nous on te prend le une pièce échancré, c’est à géométrie variable comme le faisait Corinne : Tu caches ou tu montres, c’est aux choix et tu peux même rouler le haut - Corinne ? Oui une dame qui était venue une fois avec nous, elle avait l’air un peu pincée mais finalement c’était une coquine aussi ! » Nous retournons en bord de Seine, et qui est là ? « Tiens quand on parle du loup ! » dit Yamina. Corinne est là effectivement, en petit deux pièces avec le dos inséré, comme à son habitude... Elle nous sourit et nous invite à la rejoindre, le club est bien au complet ! Nous passerons une journée bien agréable entre farniente et flâneries. Je crois bien qu’Angélique a apprécié notre présence, prendre le soleil et tout cela dans la bonne humeur généralisée : Cela ne peut que lui être bénéfique. Nous séparons le soir après l’avoir raccompagnée chez elle et je me couche sans tarder car demain je dois me lever tôt.

Lundi matin, 8 heures, je veux arriver à Montpellier avant midi et j’ai réservé une place dans un des premiers TGV, je m’installe sur mon fauteuil et je me remets dans mes lectures dont il me reste le gros morceau : L’étude de la sexologue Magali Croset-Calisto sur le bondage, bien nommé « Théorie érotique des cordes et de l’attachement » Il y a des jeux de mots dans ce titre, j’aime bien. Là, aucune image, près de 200 pages de texte, il va me falloir un peu de temps pour étudier tout ça !dans le livre de Magali Croset-Callisto. Je le termine peu avant d’arriver à destination. C’est une étude assez complète, historique, littéraire, sexologique et esthétique sur le sujet dont il serait difficile d’en faire un condensé. En le refermant je note l’intitulé de la dernière page de couverture : « Le bondage est un langage. » Je souris, plaisantant en moi-même : « Même quand on est bâillonné ? » Tiens, au fait, quel effet cela doit faire d’avoir un bâillon dans la bouche ?

Repas frugal au buffet de la gare, je passe à mon hôtel, je me douche, me maquille et me parfume : Hé oui, j’ai un rendez-vous important. Je file à la PJ et je récupère ma voiture de fonction, j’espère que mes chefs n’en seront pas informés, je leur ai dit que je n’arrivais qu’en fin d’après midi… Oh et puis, quelle importance puisque je peux mener mes investigations à ma guise. Peut-être ai-je un peu honte de prendre une voiture de fonction de la police pour me rendre chez une dominatrice professionnelle… J’arrive chez elle dans un gros village pas très loin de Montpellier. Une grande villa tout à fait discrète, un digicode pour rentrer, me voilà dans un lieu de mystère, pour moi en tout cas, je suis un peu fébrile. Je sors de ma voiture, fais quelque pas vers la maison, la porte s’ouvre et Maitresse Anicka, métisse aux longs cheveux bouclés vient à ma rencontre, m’accueille chaleureusement et m’invite à rentrer. Elle m’introduit dans une grande pièce avec tous les accessoires BDSM qui pendent sur les murs, harnais et sangles de cuir, tout ce que j’ai pu voir sur Internet mais ce qui m’attire le plus c’est tous les longs rouleaux de cordes de chanvre. La pièce est divisée en deux par des tentures rouges séparant la partie « donjon » avec deux murs en briques anciennes.

Anicka me fait asseoir et m’interroge sur mes motivations, je lui raconte mes recherches sur Internet, mes initiations de shibari qui ont suivi, l’émoi que j’en ai ressenti, une poussée de ma libido même, en me disant : Puisque j’ai bien apprécié d’être attachée, cela ne doit pas être banal non plus d’y rajouter le plaisir sexuel. J’aimerais bien connaitre aussi un peu plus de rudesse, comme fessées et flagellation, tester les bâillons et les sex-toys, à part un petit vibro, je n’en ai jamais utilisé. Je ne lui parle pas de mon enquête et que ma motivation est aussi de vouloir ressentir et éprouver moi-même les tourments que les victimes ont subis… Par contre l’humiliation, la prosternation et pratiques du genre ne m’attirent pas plus que ça. Elle m’a écouté avec attention. Après m’avoir invitée à me soulager dans ses toilettes, elle m’entraîne de l’autre côté du rideau, se met en tenue très sexy, toute en skaï noir : Cuissardes, ultra mini-jupe et justaucorps ; elle m’aide à me dévêtir. Il y a une sorte de lit pliant assez bas, au dessus des crochets au plafond. « Nous allons commencer par le bondage seul et le plaisir, les rudesses viendront plus tard. Quand tu peux parler, tu me dis « Stop » si ça ne va pas, quand tu seras bâillonnée, trois grognements brefs suffiront à m’en avertir. Cela s’appelle le safeword, mot ou code de sécurité si tu préfères. Attention, tu ne dois l’utiliser qu’en cas de nécessité : Si tu perds la respiration, en cas de crampe ou si tu paniques. Pas pour les douilletteries ou les chatouillements, sinon, tu serais punie !

A suivre ...

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 27 oct. 2018, 18:20

La partie commence. :bandeau:
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Ou est-ce l'inverse ?
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Joss
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Ce que je déteste : Le SM pur et dur et toute sa quincaillerie de cuir, métal ou latex, ses rituels quand il sont rigides genre Maître-soumise, le manque d'humour, de second degré... Sinon il a des choses que je n'aime pas dans la vie de tous les jours, la liste serait longue... Mais bien plus courte que celle des choses que j'aime!
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 29 oct. 2018, 15:24

La partie commence. :bandeau:
La partie est ci dessous, assez "chaude", je pense...


La Prédatrice 12)

Ensuite, entièrement nue, mes bras, mon buste sont liés, des liens m’enserrent les seins. Allongée sur le lit, mes jambes sont attachées repliées. A l’aide d’anneaux et de poulies et je suis hissée lentement, en position horizontale, dos vers le bas, les cordes de la suspension m’étirent et écartent mes jambes, exposant mon sexe. Je suis maintenant au niveau des mains de ma dominatrice qui commence à me frôler puis me caresse tendrement puis plus rudement parfois… Tout doucement, progressivement, ses mains massent mes pieds, mes jambes, mon cou, mon ventre, mes cuisses, mes seins, puis se rapprochent insensiblement de mon pubis. L’enserrement des liens a déjà aiguisé mes sensations, je sens l’excitation monter petit à petit, ma peau s’électriser, mes tétons pointer, mon sexe s’humidifier… Je voudrai que ça aille plus vite mais je ne peux rien décider, d’autant qu’au moment où j’ouvrais la bouche pour exprimer un soupir de plaisir, un bâillon de cuir souple l’envahit, je ne peux plus que gémir ! Voilà, je sais ce que ça fait : Cela accroit encore plus ma dépendance et mon excitation ! « Viens ! Viens vite ! » Hélas non, elle prend son temps, je suis folle d’excitation, au bord de l’orgasme et elle ne me permet pas d’y parvenir Je voudrais le provoquer, supplier, impossible ! Je gémis, j’halète, je me tords, rien à faire ! Quel supplice de Tantale ! Elle me soulève encore un peu, je suis maintenant au niveau de sa tête, elle se met entre mes jambes, je sens le contact de ses joues dans le creux de mes cuisses… « Viens ! Je t’en supplie, viens ! Viiiens !!! » Enfin je sens la caresse de sa langue, une langue experte, une langue qui sent quand je suis prête à jouir et qui attend plusieurs fois avant de m’offrir le bouquet final ! ENFIN !!! Je mugis dans mon bâillon, tout mon corps se cabre, se fige dans les liens ! Anicka continue de me caresser doucement puis me repose sur le matelas, elle me laisse transie dix bonnes minutes sans me libérer.

Elle revient ensuite, me retourne, enlève les liens de mes jambes, croise mes chevilles, les attache ensemble et me revoilà repartie vers le ciel, le ventre vers en bas cette fois et les chevilles repliées en arrière. Elle complète mon ligotage par des cordes s’enfonçant dans mon sexe et mes fesses, reliées à mes poignets. J’avais déjà vu ce dispositif sur les photos de bondage, je sais qu’il s’appelle « crotchrope», m’en voilà équipée ! La moindre tentative de lutte, les cordes s’incrustent encore plus dans mon intimité ! Je suis caressée plus rudement, avec ses ongles elle strie ma peau. Maintenant elle rajoute des pinces à mes seins, elle introduit un petit plug dans mon anus puis un godemiché vibrant dans mon vagin. Envahie de partout se rajoutent encore des flagellations avec un martinet de velours. J’ai toujours le bâillon, je gémis à chaque coup, je me tortille au bout des mes suspentes mais je suis impuissante, soumise aux fantaisies et aux tourments de ma dominatrice. Dominée, asservie dans la luxure ! Une fessée me brûle maintenant. Soumise au plaisir aussi : A nouveau l’excitation devient intense. A nouveau elle me porte au bord de l’orgasme en retardant le moment de m’y laisser parvenir. Les vibrations du godemiché augmentent d’intensité, un vibromasseur est finalement appuyé sur mon clitoris et là… j’explose !

A nouveau descendue, posée sur mes jambes repliées, mon bâillon et mes équipements enlevées, Anicka me regarde et me sourit : « Oui, tu aimes tout ça, il n’y a aucun doute ! Tu es vraiment très « kinky » comme disent les américains ! Veux-tu arrêter ou goûter à mon piège diabolique ? - Piège diabolique ? Je suis bien curieuse de savoir ce que c’est, Maitresse, mais pourrais-je le supporter ? - Tu es partante ? Tu connais le code, tu auras le droit de tout arrêter si tu ne supportes plus. - D’accord, allons-y ! - Bravo ! Je te laisse cinq minutes de repos, je te desserre un peu mais après ce sera encore pire ! » As-tu soif ? Besoin d’aller te soulager ? – Soif, oui, pour le reste ça va encore très bien, merci Maitresse ! » Elle m’apporte à boire en me tenant le verre et passe de l’autre côté des tentures, me laissant gamberger sur le supplice qui m’attend. Car ça va bien en être un ! Elle revient avec une sorte de harnais muni d’un bâillon qu’elle installe autour de ma tête, au dessus il y a un crochet, elle me fait étirer au maximum, je suis toujours à genoux sur le matelas et elle l’accroche au dessus de moi. Deux sangles me passent devant les yeux, limitant un peu ma vue. Le bâillon est une boule de caoutchouc, il est prolongé à l’extérieur par un tuyau au bout duquel se trouve une poire. Elle prend mes bras et les croise toujours dans le dos mais aussi haut que possible, vers mes épaules. Heureusement que je suis très souple. Elle entoure mon torse, mon ventre et mes bras de liens munis de petits nœuds, elle serre fortement et particulièrement sur mes seins. Elle a aussi amené une sorte de selle de cuir avec deux godemichés, elle l’installe entre mes cuisses et fait pénétrer les embouts lubrifiés là où il se doit. L’appareil est sanglé sur mes hanches, je remarque qu’il en sort un câble avec une sorte de tableau de commande à l’extrémité. Ensuite elle enserre tout aussi fortement mes cuisses et mes jambes ensemble, toujours avec ces liens munis de nœuds. Je suis dressée, raide, debout sur mes genoux, bien étirée, bien serrée, totalement incapable de faire le moindre geste ! Même ma tête est bloquée, je peux juste la tourner un tout petit peu !

Ce n’est pas fini, elle amène deux pinces prolongées par des sortes de cylindres arrondis, elle les accroche à mes tétons. Les nœuds de mes liens sont en fait de petites boucles où elle enfile des baguettes de bois. Elle les fait tourner, cela vrille les boucles ; je reconnais la technique du garrot à treuil apprise lors de ma formation de secouriste. Je sens les cordes se serrer de plus en plus fort autour de mon buste, de mes bras, de mon ventre, de mes cuisses, mes seins sont écrasés. Elle bloque un bout des tiges sous d’autres liens afin que les vrilles restent en place. Les pinces à seins se mettent à vibrer, les godemichés de même. Elle appuie sur la poire et la boule dans ma bouche se gonfle. Elle agit sur les commandes de la selle et là aussi les godemichés se dilatent en moi, les vibrations augmentent. Elle continue à faire tourner les baguettes, cela devient de plus en plus serré, je suis comprimée de l’extérieur et écartelée de l’intérieur ! Elle resserre les pinces, augmente les trépidations et les expansions. Progressivement tout se serre, tout s’accélère. Cela devient presque insoutenable, je ne sens plus mes bras ni mes mains. Presque à étouffer, je suffoque ! Elle me flagelle avec une sorte de fouet aux nombreuses lanières. Le bâillon me fait baver, de mon nez sort en continu un gémissement plaintif. Anicka me regarde dans les yeux tout en manipulant les commandes de sa machine infernale et je tiens le coup tant que je peux, au bord de l’évanouissement ! Je pense « Pitié, pitié ! » mais je me retiens de lancer le signal libérateur. « Mise à feu ! » Elle allume une dernière vibration électrisée sur mon clitoris, la pousse progressivement au maximum tout en comptant : « 5-4-3-2-1-Feu ! » Je pousse un cri guttural, tout éclate en moi ! Je n’ai jamais ressenti une chose pareille, l’extase et le supplice en même temps, comme si mon dernier souffle s’était mué en orgasme… Et quel orgasme diabolique ! L’enfer et le paradis en même temps ! Très vite Anicka a relâché les pressions, diminué les vibrations…

Enfin ! Après m’avoir tout fait subir et m’avoir donné ces trois longs orgasmes, elle me délivre, avec douceur, progressivement. Que de découvertes pour moi ! Je pantèle encore puis, lentement, j’atterris, je reviens à moi, je me se sens comblée et aussi exténuée, comme si mon corps n’était plus qu’une poupée de chiffon. Mes jambes sont engourdies, mes bras ankylosés, je ressens des fourmillements dans tous mes membres. Anicka me recouvre d’un peignoir, m’accompagne vers un salon, me fait asseoir dans un fauteuil et nous sert à boire. Elle me félicite : « Jamais je n’aurais cru que tu aurais pu tenir aussi loin, aussi longtemps, je sais voir dans les yeux à quel moment cela va devenir vraiment insupportable et là j’allume le dernier vibro pour le décollage de la fusée ! T’envoyer en l’air ou dans l’espace, hein ?! Aucun homme n’a jamais tenu aussi longtemps ! »

« Alors comment te sens-tu, tes impressions ? - Vidée, comblée, il me faudra du temps pour réaliser, pour revenir sur terre ! Quel massage charnel, je n’oublierai jamais ! Ah si je pouvais revenir tous les week-ends ! - Tu reviens quand tu veux et maintenant tu vas prendre une douche bien chaude, ça te fera du bien ! Viens, je t’accompagne ! » Elle m’amène, toujours flageolante, dans la salle de bain. Elle se dévêt, ne gardant que son string de skaï et me douche, telle une infirmière, la plus érotique des infirmières ! « C’est une faveur spéciale pour toi, je ne le fais jamais avec les hommes, ils se débrouillent seuls ! Mais toi tu le mérites bien ! - Merci Maitresse ! - Tu sais, Sarah, tu es mon amie maintenant, tu peux m’appeler par mon vrai prénom ! » (Elle me le donne mais je ne le révèlerai pas !). Elle m’offre comme remontant un petit verre d’Ardbeg, son single malt préféré : bien fort, très fumé et très tourbeux. Je dépose l’offrande convenue, nous nous faisons la bise, je la quitte et reprends ma voiture, la douche m’a revigorée, le whisky m’a réveillée, je craignais d’avoir du mal à conduire.

A suivre ...

Note : Maîtresse Anicka existe bien, dominatrice pro "sévissant" près de Montpellier. Bien entendu, j'ai modifié son nom. Toutefois, comme son site donne une adresse mail, je l'ai contactée par deux fois pour lui faire part de mon projet, je lui ai même envoyé les extraits de ce que vous avez lu, je voulais savoir si elle aurait préféré que je donne un nom encore moins ressemblant ou que j'utilise son vrai nom... Je n'ai eu aucune réponse, donc acte, je conserve celui d'Anicka. Par contre la séance est issue de mon imagination avec quelques conseils d'une amie qui fut en son temps "assistante" d'une dominatrice en région parisienne.

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 30 oct. 2018, 04:48

:bravo:
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Ce que je déteste : Le SM pur et dur et toute sa quincaillerie de cuir, métal ou latex, ses rituels quand il sont rigides genre Maître-soumise, le manque d'humour, de second degré... Sinon il a des choses que je n'aime pas dans la vie de tous les jours, la liste serait longue... Mais bien plus courte que celle des choses que j'aime!
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 02 nov. 2018, 02:36

Mad Hatter a écrit :
30 oct. 2018, 04:48
:bravo:
Merci Mad!

...et Sarah file vers son destin...

La prédatrice 13)


8 - CAPTURÉE
En roulant, je pense : « Maintenant que j’ai testé et bien supporté tout cela, je suis prête à tout ; une bonne nuit pour la mûrir et demain matin je dois prendre ma décision ! » Je ramène la voiture à la PJ, je marche vers mon hôtel et je m’arrête à mi chemin manger à la pizzeria : J’ai une faim de loup ! Par contre je me sens toujours vidée, sans force, sans énergie, presque sans volonté. Mes jambes sont en coton, mes bras sont hésitants, mes mains fébriles… Ce soir je ne vais pas traîner pour me coucher ! Arrivée dans ma chambre, juste le temps de me déshabiller, d’aller à la toilette et boum, à peine allongée sur mon lit, je sombre dans un sommeil profond ! Réveillée et levée de bonne heure, je fais mes ablutions, je me maquille, j’exécute quelques exercices d’assouplissement pour évacuer des courbatures résiduelles de la veille. Je prends enfin la décision qui finalement s’impose dans ma tête depuis hier. J’arrive tôt à la PJ, je monte au bureau de Fabienne Cazals. Elle me salue et me dit : « Ah vous revoilà enfin, Sarah, nous ne vous avons pas avertie puisque vous étiez à Paris mais le jour ou vous êtes partie on nous a signalé une nouvelle disparition : Anaïs L. 26 ans, de Liège, en vacances à Valras-Plage, disparue la veille soit le 26 juillet sans laisser de trace, sans aucun témoin. Aucune nouvelle depuis sept jours ! C’est bien possible qu’elle soit dans les mains de ce couple ! Et vous Sarah ? - D’une part j’ai rencontré Angélique, il est très probable que les kidnappeurs sortaient d’un lieu SM situé à proximité et que nous allons rechercher : La femme avait un pendentif du genre sur sa poitrine. Contrairement à leur habitude, elle a été embarquée dans une grosse voiture, certainement la leur, pas une semi-épave achetée pour commettre leurs rapts. Malheureusement, elle n’a pas su reconnaître le modèle ni la marque. - De notre côté nous avons répertorié tous les clubs privés ou pas, les pratiquants connus et les dominatrices professionnelles de toute la région, nous sommes en train de les interroger mais jusqu’à présent personne ne reconnait nos oiseaux, même avec les différentes coiffures de la dame. Les clubs du Cap d’Agde sont dans le lot. D’autre part, disiez-vous ? - Je suis volontaire pour jouer le rôle de l’appât ! De la chèvre si vous voulez !» Fabienne ouvre de grands yeux : « Vous voulez dire que… - Que je veux m’exposer au bord des routes, en joggeuse ou auto-stoppeuse afin de les attirer et de me faire enlever ! J’ai bien mûri cette décision et je m’y suis préparée, je suis prête ! Je suis décidée ! » Cette fois Fabienne reste coite, bouche entrouverte… « J’appelle Charles ! » Dit-elle enfin. « Viens vite, Charles, tu n’en croiras pas tes oreilles ! »

Il arrive rapidement, Fabienne lui demande de s’asseoir : « Charles ! Madame Paoli, ici présente à pris la décision de se poster au bord des routes en tenue légère, non pour attirer le chaland mais nos deux criminels ! Dans le rôle de la chèvre de Monsieur Seguin, elle veut se jeter dans la gueule du loup ! - Vous plaisantez !? - Non pas du tout, cette enquête n’avance pas et je ne vois pas d’autre façon de faire pour débusquer ces deux prédateurs, alors je me porte volontaire ! Si je me fais enlever, je peux être filée par des policiers et je peux avoir un portable spécial pour me localiser à tout moment, même s’il est éteint ! » Après avoir écouté, viré au rouge, Magné reprend sa respiration et crie : « Je refuse absolument ! Catégoriquement ! Vous vous rendez compte du risque ! Vous savez bien tout ce qu’ont subi ces filles ! Du scandale si on apprenait que la police a livré un de ses membres féminins à des violeurs tortionnaires ? Cela irait jusqu’à la démission de Gérard Collomb ! Et nous au mitard ! Les filatures, ça ne marche pas à tous les coups, s’ils connaissent des petites routes, si nous sommes bloqués à un carrefour, on peut se faire semer ! Les portables de ces filles ont été éteints puis rallumés et laissés dans un bus ou un train pour brouiller les pistes ». Malgré toute son argumentation, j’attends qu’il marque un arrêt et je réattaque : « Oui, mais s’ils sont d’abord passé par le lieu de détention ? Si j’ai un portable qui continue à émettre quand on croit l’éteindre ? Et puis ce ne sont pas des tueurs - Vous êtes folle !!! - A lier ? Ben justement… - Pas de quoi rire ! - Alors je vais le faire toute seule ! - Je vous l’interdit ! - Je suis une femme libre ! - Justement, vous devez le rester… ! - Si je suis capturée, ils me relâcheront ou je m’évaderai et vous serez les seuls à le savoir, pas le ministre, en plus je suis sportive, robuste, endurante, j’ai reçu une bonne formation de self-défense ! Je peux leur donner du fil à retordre à ces pervers ! » Il ne m’écoute plus : « Je retourne dans mon bureau, je ne veux plus entendre parler de cette folie, si vous voulez vous faire enlever au bord d’une route, démissionnez d’abord de la police ! »

Je reste avec Fabienne et je lui dis : « Je dois vous faire un aveu, je viens juste d’éprouver ce que subissent ces filles : Je me suis rendue chez une dominatrice et lui ai demandé de me faire des choses analogues, j’ai très bien résisté, j’ai même apprécié… - Quelle idée étrange vous avez eue ! Seulement vous n’y êtes pas restée une semaine entière comme ses filles, vous saviez quand vous alliez sortir. - Oui je sais mais ces filles ont survécu, elles s’en remettront tout doucement maintenant qu’elles sont prises en charge. Pour moi se serait différent, je serai là volontairement ou presque, j’aurai l’espoir de ma libération et la volonté de faire arrêter cette personne, ce sera ma lutte et mon soutien moral. Et je serai la dernière à subir cela, si on ne fait rien, combien d’autres femmes vont encore être victimes ? - C’est un sacrifice que vous voulez faire en quelque sorte ? - On peut dire les choses comme cela, mais ce n’est pas un suicide, je sais que j’en sortirai vivante et que je m’en remettrai, surtout si j’ai la fierté d’avoir fait stopper cette folie ! - Mais vous n’êtes pas du tout certaine d’être enlevée ! - Bien sûr que non mais je connais leur stratégie, les lieux où ils sévissent, c’est un challenge mais je veux le tenter ! » Je vois bien que Fabienne hésite mais dira-t-elle oui sans l’aval de son chef ? « Ecoutez, mettez moi en disponibilité, en congé sans solde, ainsi la police ne sera pas impliquée, je deviens libre et indépendante de mes actes ! » C’est à ce moment là qu’un appel arrive sur son appareil : « La jeune fille belge enlevée vient d’être retrouvée ! Ligotée dans une chambre d’hôtel, comme les autres, à l’entrée de Montpellier, elle va être conduite dans un hôpital et ce soir ou demain nous pourrons aller l’interroger. - Vous voyez, encore une ! Et que nous dira-telle de plus ? J’irai la voir, si elle nous donnait de nouveaux indices intéressants je renoncerai à mon idée mais sinon, il faut maintenant penser qu’ils vont se mettre en quête d’une autre proie. Il ne faut pas perdre du temps pour les piéger !

Femme entêtée, de guerre lasse, Charles Magné veut bien «S’en laver les mains : Je ne veux rien savoir, Fabienne, donnez lui sa disponibilité et lâchez-là dans la nature, puisqu’elle veut aller en enfer, qu’elle y aille ! Je me demande si elle est folle ou maso…Ou les deux !». Le soir Fabienne me procure le portable trafiqué qui déclenchera même une alarme à la police dès que l’on pensera l’éteindre. Bien sûr, même résultat si j’appuie sur un bouton. Par contre, pas de protection policière car ce serait une opération officielle qui ne pourrait rester secrète. « Donnez-moi de vos nouvelles dix fois par jour ! » Me recommande-t-elle, morte d’inquiétude… et quelque peu admirative ! Alors me voilà au bord des routes, jeune auto-stoppeuse ingénue, vêtue d’un mini skirt et d’un t-shirt moulant, coiffée d’une casquette, un sac en bandoulière, telle une lolita en vacances…

A suivre ...

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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Mad Hatter » 02 nov. 2018, 10:10

Cela irait jusqu’à la démission de Gérard Collomb !
:lol: Ça explique beaucoup de chose dans notre réalité.
De l'Ordre nait le Chaos.
Ou est-ce l'inverse ?
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les synonymes de fou sont intéressants

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Joss
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Re: La Prédatrice (roman feuilleton)

Message par Joss » 05 nov. 2018, 02:25

Mad Hatter a écrit :
02 nov. 2018, 10:10
Cela irait jusqu’à la démission de Gérard Collomb !
:lol: Ça explique beaucoup de chose dans notre réalité.
Je n'y suis pour rien, quand j'ai écrit cette partie, en juillet, on ne parlait pas encore du départ de G. Collomb... Toutefois comme la fin de l'histoire nous apprendra que des personnalités lyonnaises risquent d'être éclaboussées (mais que cela restera secret), je me demande si je ne devrais pas ouvrir un cabinet de voyance pour les hommes politiques...

... En attendant, les ennuis commencent pour Sarah (et c'est pas fini!) :


La prédatrice 14)

… Rien sur moi ne pouvant trahir ma qualité de flic, cela serait trop risqué ! J’écume la région entre Narbonne et Montpellier qui semble être le centre géographique des plus nombreux enlèvements. Pendant plusieurs jours je visite les bords des routes de l’Hérault : Toujours des petits trajets pour multiplier le nombre de «prises en charges ». Une jolie fille le pouce levé au bord d’une route n’attend guère longtemps son taxi bénévole. J’évite les hommes seuls, d’autant que certains pourraient se méprendre sur mes intentions ! J’ai prévenu mes proches par texto : « Pas d’inquiétude si je ne donne pas de nouvelles pendant quelques jours". Quand je suis en mission « Appât aguichant », je laisse mon portable perso dans ma chambre d’hôtel. J’ai aussi pris le temps de me rendre au chevet de la dernière victime, elle également été prise en stop par une femme qui s’est ensuite arrêtée pour prendre à son bord un homme au bord de la route, à eux deux ils l’ont aussitôt capturée. Comme je le pensais, pas de nouvel indice probant. Anaïs est bien prise en charge d’autant qu’elle est soignée dans le centre ou travaille Lydia, l’infirmière et compagne de Chloé. Elle a demandé à permuter provisoirement de service pour l’aider au maximum. La psychologue, Chloé, et aussi Léonie et Mélanie quand elles sont disponibles se relaient à son chevet. Elle va bientôt pouvoir rentrer chez elle.

Dimanche matin, rond point de Bouzigues, une petite fourgonnette de livraison s’arrête à ma hauteur, une femme rousse au volant, l’arrière n’est pas vitré. «Bonjour ! Où allez-vous ? – A la gare de Sète, j’ai raté le bus… - Montez, justement j’ai une livraison à côté !» Je jette un œil à l’arrière où je ne vois qu’un amoncellement de cartons, j’ouvre la porte et je m’assieds, la voiture repart. Je la dévisage : Plutôt grande, la quarantaine, athlétique, grandes mains, nez droit, yeux bruns et pétillants, regard volontaire, cheveux raides et assez courts, sauf la coiffure cela pourrait correspondre aux descriptions. Est-ce la bonne, je me demande ? J’aurai vite la réponse : Juste après le grand carrefour, le soleil nous vient en face, la conductrice se range sur le bas-côté et me demande : « Pouvez-vous me passer mes lunettes de soleil, elles sont devant vous dans la boîte à gant » Je m’exécute et tends les lunettes mais c’est mon poignet qui est saisi, puis le second et de mains fermes. Je crie mais sans avoir le temps de faire un geste de défense je sens derrière moi quelqu’un m’introduire une boule dans la bouche : Un bâillon aussitôt clipsé sur la nuque… La conductrice me lâche les mains et machinalement je les porte vers ma bouche, mauvaise réflexe, j’aurais dû me débattre tout de suite et appuyer sur l’alarme de mon portable dans la poche de mon t-shirt. Erreur impardonnable car l’homme caché dans les cartons me saisit à son tour les poignets pour me tirer en arrière et en même temps le dossier du siège passe d’un coup à l’horizontale… Mes jambes se sont relevées dans l’action et la conductrice en a profité pour me les attacher avec des sangles à boucles rapides, d’abord une autour des cuisses, puis une autre me bloque les chevilles pendant qu’on m’entraîne à l’arrière, gênée aussi par la ceinture de sécurité, je ne peux résister. Tirée d’un côté, poussée de l’autre, on m’enfourne parmi les cartons factices, retournée, mains menottées, une nouvelle sangle me réunit mains et pieds dans le dos m’interdisant tout mouvement de défense. L’homme entreprend de compléter le bâillon et de me bander les yeux avec des bandes de tissu, d’autres autour des chevilles et des mains pour bien tout bloquer. En même temps la femme me fouille au corps, fourrageant même avec ses doigts dans ma culotte… « Qu’est-ce qu’elle pense trouver là ? Je me demande … Heu, oui, bon… »

L’homme est passé à l’avant, la voiture repart, le moteur n’a même été coupé ! Je tente de gigoter, haletante sur les cartons écrasées, je ne peux ni bouger ni crier, j’agite mes pieds sans autre résultat que de perdre mes chaussures. Je réalise que j’ai été piégée avec maestria, bien qu’étant sur ses gardes, je n’ai rien pu faire ! Le dossier du siège a dû être bricolé pour se rabattre si rapidement… «Bon, ils ont trouvé mon portable, dès qu’ils vont vouloir le couper Magné et Cazals seront avertis». J’entends les deux complices se concerter, saisis une phrase «… puisque nous sommes sur le chemin… » Une dizaine de minutes plus tard la voiture s’arrête, l’homme sort. Bruit de la circulation et même d’un train ! Aie ! L’homme revient au bout de vingt minutes et déclare : « Voilà, elle est repartie à Paris. Ça tombe bien puisqu’elle y est domiciliée ». Eh oui, c’est écrit sur mes papiers… Autrement dit, c’est fichu pour la protection policière ! Va falloir trouver autre chose… La voiture repart, d’abord des routes droites puis des virages, je glisse dans les cartons tel un paquet que l’on trimballe sans précaution. La durée est longue, je sens mon corps s’ankyloser, l’envie d’uriner. Cahots d’un chemin de terre, bruit d’un portail que l’on ouvre, encore quelques cahots avant de s’arrêter… Bruit du vent, cigales, une maison isolée probablement. Tirée par l’arrière sans douceur, saisie par les aisselles, on me traine sur le sol jusque dans la maison. On me défait les sangles qui me retiennent les mains aux chevilles, on me baisse jupe et culotte. Déposée sur la cuvette d’un WC j’urine, prenant mon temps car la kidnappeuse me retire le bandeau des yeux. Occasion à saisir ! Brusquement je me lève, m’incline et je te balance un magistral coup de tête dans le ventre de la garce qui s’effondre au sol ! Je réussis à garder mon équilibre malgré mes jambes entravées, je m’échappe en sautant à pieds joints. Un couloir, des portes ouvertes, je vois des pièces mais je vais vers la lumière, une porte vitrée donnant sur l’extérieur. Derrière, j’entends crier : « Bernard ! Bernard ! Elle s’échappe !!! » J’ouvre la porte : Grande terrasse pavée avec un auvent et une belle piscine. Autour une haie haute et épaisse limite la vue. J’hésite, à droite ? A gauche ? Je pars vers la gauche, il n’y a pas de haie ; hélas, rapidement le nommé Bernard me ceinture. Je me débats mais avec les mains menottées et le bâillon qui m’empêche de mordre, je suis vite plaquée au sol. La garce revient et à eux deux ils me traînent sur les fesses dans une chambre avec des poutres au plafond. Une corde attachée à un crochet de cette poutre est reliée à mes menottes, mes mains sont soulevées jusqu’à ce que mon torse s’incline. C’est la position du strappado selon le langage spécialisé… « Maintenant, tu vas te tenir tranquille, je vais te dépiauter puis te ficeler comme un rôti ! Dans quelques minutes tu seras tout ce qu’il y a de plus calme ! » T-shirt et soutien-gorge me sont ôtés et roulés au dessus de mes poignets, le skirt, resté au niveau de ses genoux, glissé sur mes chevilles, par contre : « Je te laisse ta culotte, elle est jolie et tu vas en avoir l’utilité. » Rapidement elle m’attache les coudes ensemble en les plaquant dans le dos, des cordes passant au dessus et au dessous de mes seins. La corde attachant mes poignets est défaite et prestement rattachée derrière ma nuque, à celles entourant mon dos. Mes jambes sont bloquées par des cordes très serrées au dessus des genoux. Mes chevilles sont délacées, les menottes enlevées, mes vêtements sont ainsi récupérés, je me retrouve presque nue sans avoir pu m’y opposer, si mes poignets sont libres, mes bras restent bloqués.

A suivre ...

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