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[Fiction] Joe, un "cambriolage", des cordes...

Publié : 04 août 2009, 13:48
par Haldé
Salutations à toutes et à tous, je vous propose une petite histoire sans prétention aucune relatant un épisode de la jeunesse de Joe. Comme d'habitude, n'hésitez pas à critiquer ! :D

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C’était une belle et chaude journée, un vendredi, de fin d’été qui s’achevait, baignant les alentours d’une lumière orangée, et Joe se félicita de la tenue qu’elle avait choisie pour accompagner ces jours au climat déclinant : un débardeur noir à manches courtes surmontée d’une robe blanche légère lui descendant jusqu’aux chevilles qu’habillaient des sandales spartiates et un gilet gris. Alors qu’elle regagnait son appartement en prévision de la fin de semaine qui s’annonçait, elle repensa à tout ce qu’elle avait vécu en ce jour chargé. Cela avait commencé par les cours à l’Université enchaînés à un train d’enfer et entrecoupé d’une pause repas à condition d’avaler ledit repas avec une catapulte ! A 15 heures, elle courrait pour arriver le moins en retard possible à sa troisième séance d’entraînement avec Shârum, un magicien dont elle était devenue l’assistante et qui la formait à devenir une maîtresse de l’évasion. Ce petit boulot lui permettait de payer en grande partie ses études et d’explorer son penchant pour les jeux de corde. Elle avait d’ores et déjà participé à une représentation et s’en était pas « trop mal sortie » selon les dires de son mentor… En clair, il y avait du pain sur la planche ! Sortant courbatue de cette séance, Joe décida de profiter du peu de Soleil qu’il restait pour siroter une boisson sur la terrasse d’un café en compagnie d’un bon livre. Mais apparemment Dame Fortune ne l’entendait pas de cette oreille car sitôt absorbée par sa lecture, Joe fut ramenée à la dure réalité par une valise tamponnant sa table et renversant, loin de sa robe fort heureusement, le contenu de son verre. Le jeune homme responsable de cet incident se confondit en excuse et Joe ne put s’empêcher de sourire devant le côté burlesque de ce personnage en costume légèrement froissé et trainant une valise, un grand sac et un sac à dos semblant bien trop grands pour lui ! Le jeune homme lui proposa d’aller chercher une nouvelle consommation en guise de réparation ce que Joe accepta de bon cœur. Il s’éclipsa alors au comptoir et revint avec la commande de Joe et un thé pour lui-même. Étant complètement perdu et un peu paniqué, il lui demanda son chemin avec un fort accent français : « monsieur » était représentant en vin ou apprenti sommelier et avait rendez-vous avec un gros client, rien que ça ! Joe lui indiqua que c’était à deux pas et le jeune homme, à peine plus âgé qu’elle-même, s’en repartit non sans l’inonder d’excuses et de remerciements. Sa démarche maladroite écrasée par ses bagages avait été l’ultime touche d’humour de cette journée.
C’est à la vue de son appartement que Joe se rendit compte à quel point elle était exténuée. Elle gravit avec peine l’escalier au premier étage de son immeuble, ses yeux embués de larmes de fatigue, et parvint à ouvrir sa porte au bout de seulement deux essais. Ses paupières toujours plus lourdes à chaque pas, elle referma sa porte et s’écroula de tout son long sur son lit et rejoignit le doux pays des songes.

L’esprit encore embrumé, Joe se réveilla très doucement et bien trop lourdement à son goût. Encore sur la voie de l’émergence totale, elle se rendit vite compte que quelque chose clochait : bien qu’ayant ordonné à ses paupières de plomb de se soulever, elle était toujours plongée dans la pénombre par un voile recouvrant ses yeux. Deuxième point, elle avait terriblement envie de se gratter le nez mais ses mains restaient bloquées dans son dos. Troisièmement sa respiration était rendue difficile par la présence dans sa bouche de tissu qu’elle ne se souvenait pas avoir avalé… Refusant de céder à la panique, Joe attendit que ses sensations reviennent pour évaluer la situation. Bon elle était assise sur une chaise, les poignets liés par un foulard derrière le dossier. Ses chevilles étaient également attachées et un foulard les reliait à ses mains vu qu’elle ne pouvait pas bouger les unes sans tirer sur les autres. Au toucher ce devaient même être ses propres foulards qui la maintenaient attachée et à l’odeur elle devait encore se trouver dans son appartement. Elle portait toujours ses habits et ne ressentait aucune douleur particulière. Incroyable ce que ses sens étaient exacerbés par la perte de la vue et par l’excitation qui la gagnait bien malgré elle. Elle découvrait des sensations qui lui étaient jusque-là inconnues, mais qu’elle avait imaginé maintes et maintes fois. Depuis sa petite enfance, elle avait toujours eu envie de se faire ligoter et elle se rappelait aussi comment elle dévorait les aventures d’Alice détective ou du Club des Cinq, qui finissaient bien souvent par se faire attacher à un moment de l’histoire. Elle se mettait toujours dans la peau de l’héroïne, à ce moment-là. Mais bon, là ce n’était pas un roman, elle était réellement ligotée par des un ou des inconnus pour elle ne savait quelle raison ! Se concentrant, Joe entendit qu’un intrus était encore présent et qu’il cherchait visiblement quelque chose car elle pouvait entendre ses pas parcourir chaque pièce.

Reprenant son calme, Joe gesticula silencieusement sur sa chaise et parvint à faire descendre le bandeau qui l’aveuglait au prix de moult grimaces et grâce au dossier de la chaise. Elle put alors constater que toutes les fenêtres étaient fermées, les volets descendus et les rideaux tirés. Elle vit aussi que les foulards qui la retenaient prisonnière n’étaient que noués avec adresse. Pour un peu, elle se serait senti presque insultée par ce ligotage trivial, uniquement destinée à faire paniquer une femme normale, si seulement elle savait dans quelle situation elle se trouvait. Mettant en application les premières leçons de Shârum, Joe fit glisser ses poignets et chevilles sur ses liens, la manœuvre facilitée par la douceur des foulards. Une fois qu’elle pouvait se libérer et se lever, elle s’arrêta et tendit l’oreille dans l’attente du bon moment pour se précipite dehors : il est des situations où de bonnes jambes valent plus qu’une tête bien faite. Au bout de quelques minutes, l’intrus se trouvait maintenant à l’opposé de sa position et Joe saisit sa chance. Elle se débarrassa de ses entraves et courut vers la porte d’entrée ! Elle saisit la poignée et entreprit de l’ouvrir à la volée mais elle resta obstinément fermée. Manifestement son agresseur avait verrouillé sa porte et tout ce que Joe venait de produire était un grand bruit ! Toujours bâillonnée, Joe se retourna et vit l’intrus s’encadrer dans le couloir lui faisant face. Il portait des gants, un long manteau dissimulant sa stature ; une capuche lui recouvrait la tête et entourait ce qui semblait être un masque d’escrime. Acculée, Joe poussa un gémissement de dépit et voulut l’esquiver pour rejoindre la cuisine. En deux secondes, l’homme avait comblé la distance les séparant et saisit Joe par la taille, la souleva et la plaquant le ventre contre le lit, s’assit sur elle nonchalamment et avec légèreté.

L’intrus lui dénoua son bandeau et son bâillon tandis que Joe n’arrêtait pas de se débattre inutilement. Lui plaquant une main gantée sur la bouche, il lui adressa une menace tacite mains néanmoins très claire : au moindre cri, c’était double dose de foulard !
« Hé bien, je t’ai sous-estimé ! Tu es plus douée que tu en avais l’air l’autre soir au spectacle de Shârum, dit l’homme en relâchant sa prise,
- Ho j’ai déjà un fan et c’est un détraqué ! rétorqua Joe d’un ton acerbe,
- Tu es loin de passer inaperçue, je te le concède bien volontiers mais ce n’est pas pour ton auguste personne que je suis ici. Désolé de te décevoir,
- Attendez voir ! Cette voix, cet accent… Vous êtes le français de tout à l’heure ?!
- Ha ! Je vais de surprise en surprise avec toi ! Bien vu, miss Holmes et quelle mémoire !
- Tsss si je suis Holmes vous êtes Moriarty ?
- Hum non plutôt Arsène Lupin !
- Rien que ça ! Le côté cambrioleur j’ai vu, et le côté gentleman alors ? Vous m’avez droguée tout à l’heure !
- Oui tu as raison et crois-moi, je n’en suis pas fier. Te faire boire un petit somnifère me facilitait tout de même bien les choses !
- Et bien pourquoi s’arrêter en si bon chemin, re-droguez-moi si vous avez si peur que je vous gêne !
- Tu es dure avec moi alors que j’ai fait preuve de tant de douceur pour aller avec ta jolie peau de nacre. Il est absolument hors de question que je te gave de médicaments alors que manipuler des cordes est autrement plus agréable autant pour moi que pour toi.
- Pfff !
- Et ce n’est pas toi que je viens cambrioler mais le supermarché juste en dessous de chez toi ! Hé oui ma chère miss Holmes, ton placard donne juste sur la salle au coffre. Et tu peux me tutoyer tu sais…
- Tutoie-moi ça oui ! Au seco.Mmmfffphphphph !!
- Ne le prends comme ça voyons ! Bon cette fois je vais m’occuper de toi en faisant honneur à tes talents d’artiste ! » dit-il en renouant avec fermeté le foulard qui en maintenait deux autres dans la bouche de Joe.

Se munissant de plusieurs rouleaux de corde, « Arsène Lupin » entreprit de ligoter très étroitement Joe. Il lui attacha les chevilles puis les jambes, au-dessus et au-dessous des genoux ainsi qu'au haut des cuisses. A chaque fois, la corde formait une bande de quelques centimètres de large et il la sécurisait en l'enroulant quelques fois autour du lien, en passant entre les jambes quand la robe le lui permettait. Chaque lien était méticuleusement tendu et terminé par un nœud extraordinairement serré. Pour les bras, c'était à peu près pareil. Des cordes furent placées aux poignets, au-dessus et au-dessous des coudes de manière qu'ils soient strictement joints. Joe ne pouvait pas voir ces cordes mais elle supposait qu’elles formaient également des bandes de quelques centimètres. Elles étaient sécurisées de la même manière que celles des jambes. Continuant sur sa lancée, il fit un harnais autour de ses épaules avec une corde passant derrière son cou, dont il se servit pour accrocher le lien fixant ses bras au-dessus des coudes. Cette corde ne pouvait donc absolument plus bouger. Joe pensa qu’elle devait ressembler à un véritable petit saucisson, mais cela ne lui suffisait pas. Il lui lia les bras au torse avec une longue corde passant au-dessus et au-dessous des seins. Une autre corde fixait les poignets à la taille en formant une sorte de ceinture bien serrée. Joe ne pouvait réellement plus remuer du tout, à part secouer la tête ou remuer les doigts. Les liens autour des genoux étaient si serrés qu'il lui était impossible de plier un tant soit peu les jambes. Sauter était tout aussi impossible. Avec une infinie précaution, il la porta dans ses bras et la redéposa, allongée, sur son lit.
« Là, tu es devenue une véritable incarnation de la tranquillité. Tâche d’en profiter ! termina-t-il sans la moindre trace d’ironie.
- Mmffmfmff », rétorqua Joe accompagné d’un haussement de sourcils contenant tout le dédain dont elle était capable.
L’intrus se retira de la pièce pour aller dans la cuisine où Joe l’entendit ouvrir le frigo et se servir à boire et à manger. Ben oui, ne te gêne pas, fais comme chez toi ! maugréa Joe avant de tester ses liens. Rétrospectivement, elle ne pouvait décemment pas nier le caractère gentilhomme de son « invité surprise » car elle se rendait bien compte maintenant qu’il l’avait traité avec délicatesse et beaucoup d’attention : elle n’avait pas souffert alors qu’il manipulait ses cordes avec l’adresse d’un homme pleinement conscient et maître de ce qu’il faisait. Lesdites cordes étaient remarquablement douces et solides (peut-être du coton), leur étreinte contre sa peau faisant naître en Joe nombre de sentiments contradictoires. Même si elle se savait loin d’être tirée d’affaire, l’intrus l’avait rassurée sur ses intentions par son attitude et ses paroles ce qui lui permit de goûter pleinement ce fantasme profond d’être strictement ligotée. L’un dans l’autre, elle était finalement assez heureuse d’être tombée entre ses mains expertes plutôt qu’en d’autres nettement moins recommandables… Néanmoins, un gentleman cambrioleur reste un cambrioleur et Joe n’allait sûrement le laisser s’en tirer à si bon compte après s’être introduit par effraction dans son appartement quand bien même cette situation n’était pas totalement désagréable…

De la cuisine vint une faible alarme sonore de montre et l’intrus réapparut dans la chambre de Joe. Il se pencha vers elle et vérifia la solidité des nœuds. Visiblement satisfait, il se releva et Joe devina un sourire se dessiner derrière son masque. Puis il disparut dans le couloir et des bruits étouffés de chantier provenant du placard à balais se répercutèrent sur les murs. L’intrus s’était mis au travail et Joe décida d’en faire autant, profitant du vacarme relatif ambiant. Elle se dodelina et gesticula sur lit espérant que sa transpiration allait affaiblir les cordes mais cela allait prendre beaucoup trop de temps devant leur qualité. Il faut vraiment que Shârum se procure les mêmes ! pensa Joe avant de se reprendre. Se cambrant et se servant de muscles dont elle ne soupçonnait guère l’existence, elle progressait par petits bonds pour amener ses pieds au niveau du pied du lit bois afin d’émousser les cordes sur ses arêtes. Arrivée à destination au prix de maintes cabrioles, Joe reprit sa respiration et débuta son travail de sape, roulant sur elle-même, cognant et sciant par tous les degrés de liberté que lui laissaient les cordes qui l’entravaient avec tant d’efficacité. Au bout d’une demi-heure, elle prit conscience que le vacarme venait de cesser et elle retint sa respiration dans l’expectative. Un léger bruit de chute, un sac qui suit et des bottes qui touchent un sol en dessous. Il avait réussi à s’introduire dans le supermarché ! Ok il va en avoir pour un petit moment, c’est ma chance ! se dit Joe et elle ne retint plus ses efforts qui furent récompensés lorsqu’elle parvint à dénouer ses chevilles. Triomphante, elle se mit debout et se dirigea sur la pointe des pieds par petits pas mesurés vers la cuisine. Ce n’est pas peu dire que son sens de l’équilibre fut mis à rude épreuve durant ce trajet de quelques mètres seulement et elle arriva finalement à bon port sans s’étaler de tout son long. Les bras toujours plaqués à son buste, ouvrir un tiroir afin d’accéder au sésame que constituait un simple couteau lui était quasi-impossible sans renverser le tiroir et attirer sans coup férir ce cher Arsène. Pestant contre sa déveine, Joe embrassa d’un regard la cuisine à la recherche d’une solution de secours et la trouva sous la forme du vide-ordures. Réticente à cette idée, cet accès présentait l’avantage indéniable de l’amener loin et vite du piège qu’était devenu son appartement. Elle ouvrit la trappe contre le mur. Le conduit était assez large pour l’accueillir et les effluves qu’elle humait n’auguraient que du bon à l’atterrissage… Décidée à mettre en application ce plan désespéré faute de mieux, Joe ferma les yeux, se pencha en avant, sentit ses pieds quitter la surface du sol mais ne glissa pas contre toute attente. Et pour cause, Arsène était revenu et la retenait avec fermeté par la taille.

« Miss Holmes, miss Holmes, miss Holmes… Tu ne manques pas de jugeote et encore moins de cran ! J’aurais pu te laisser faire vu que j’ai fini mes emplettes de nuit mais tu aurais sali cette si belle robe au-delà de tout espoir de nettoyage et je m’y refuse catégoriquement ! » Joe se sentit soulevée et Arsène la ramena dans sa chambre. Il avait enlevé son masque et elle put constater qu’il s’agissait bel et bien du français du début de soirée. N’y tenant plus, Joe laissa éclater sa rage dans un océan d’insultes et de protestations étouffées par son bâillon, et versa même quelques larmes de colère. La reposant sur son lit, Arsène parut être aspiré et attristé par ces larmes qu’il sécha du bout des doigts.
« Chuut, je suis vraiment désolé de t’avoir fait subir pareil traitement mais tu es tellement combative et douée que c’était nécessaire, dit-il en souriant. C’est presque fini, je vais partir car la police ne va pas tarder à rappliquer mais j’ai encore le temps de récompenser mon hôtesse d’une soirée pour s’être montrée aussi adorable et courageuse… » Arsène disparut et revint avec son sac de cordes et une bouteille d’eau. Il lui enleva son bâillon et lui tendit la bouteille que Joe but avec avidité sous son regard bienveillant où ne perçait nulle malveillance ni malice.

Arsène entreprit alors de détacher et de refaire le ligotage de Joe lien par lien. A chaque corde qu’il retirait avec patience, il massait les traces qu’elle avait laissées sur la peau de Joe avant de prendre une nouvelle corde et la ligoter à nouveau. Il lui attacha les chevilles, au-dessus et au-dessous des genoux. Les cordes blanches s’accordaient parfaitement avec la robe de Joe et il prenait bien soin à faire des beaux liens quoique serrés. Il lui enleva le gilet qui resta bloqué au niveau des coudes. Puis il lui lia les bras au dessus des coudes. Il les rapprocha jusqu’à ce qu’ils se touchent.
« Hé doucement, je ne suis pas contorsionniste ! s’emporta Joe,
- Il faut souffrir pour être belle et puis ça te fera de l’entraînement pour plus tard ! » plaisanta-t-il.
Puis il lui lia les poignets. Une autre corde servit à lui plaquer les bras au buste. Repliant ses jambes avec une énième corde, il lui entoura la taille et la fit descendre pour rejoindre le lien de ses chevilles. Enfin, il relia ses poignets à ses chevilles, ce qui la força à se cambrer. La pression de chaque corde s’accrut. Joe ferma les yeux et ne put nier qu’elle ne trouvait pas désagréable d’être dans cette position, mais pour ce qui était de bouger… à part se balancer un peu d’un côté sur l’autre, et de temps à autre un petit coup de bassin…elle ne pouvait plus faire un mouvement.
« Où avez-vous… as-tu appris à ligoter comme ça ? demanda-t-elle.
- Que voilà une question bien personnelle ! Secret ! Bon il n’y a plus de foulard exploitable… » dit-il en plongeant la main dans son sac.
Joe ne voyait pas ce qu’il tenait en main mais n’eut pas à attendre longtemps pour découvrir l’objet en question, lorsqu’il le lui plaça devant le visage. Comme elle ne réagissait pas, il lui engouffra une boule rouge dans la bouche qui la lui emplit entièrement. Elle était attachée ou cousue sur une lanière en cuir qu’Arsène sangla fermement sous sa chevelure. Mmmmfgh !!! ne fut tout ce qu’une Joe désespérée parvint à émettre.
« Cette fois je dois vraiment y aller. Encore désolé pour le dérangement même si je suis persuadé que tu en tireras nombre d’enseignements pour la suite. Ho tu peux garder les cordes et le bâillon boule et n’oublie pas de vérifier ta boîte aux lettres, tu y trouveras une compensation plus que généreuse pour tous tes ennuis de cette nuit. » Il se pencha vers elle, écarta les mèches de cheveux roux qui lui masquaient le visage et déposa un baiser sur son front. Bien malgré elle, Joe rougit comme jamais. Puis il partit sans un regard en arrière, en claquant la porte.

Joe n’en menait vraiment pas large, et c’est rien de le dire tant les liens était serrés, sans pour autant être dangereux pour sa sécurité. L’attente commença, longue, interminable et ses neurones s’entrechoquaient tellement elle réfléchissait et ressassait les événements survenus cette nuit. A force de s’épuiser à combattre ses liens, elle s’endormit. Le bruit de moteur d’une voiture s’arrêtant en bas de l’immeuble toute sirène hurlante la réveilla. Enfin ! Joe se débattit et cria de plus belle pour se faire entendre. Sa délivrance survint d’un policier passant la tête par le trou au plafond du supermarché et éberlué de découvrir Joe ainsi fagotée. Chaque corde qui l’enserrait fut retirée avec un soupir de soulagement et une pointe bien dissimulée de regret… Les services de police s’occupèrent d’elle, prirent sa déposition et la laissèrent repartir vu qu’elle se portait comme un charme au final.

Le lendemain, Joe récupéra son courrier et y découvrit une petite clef de consigne de gare. Se souvenant des dernières paroles de Arsène, elle prit la mouche et se dirigea telle une furie vers la gare. Dans la consigne, il y avait un panier en osier contenant des bouteilles de vin et une grosse enveloppe. L’ouvrant, elle laissa échapper un cri de surprise devant la liasse de billets qui faillit en tomber. Un mot écrit à la main se trouvait également dans l’enveloppe et elle le dévora littéralement : « Très chère Miss Holmes, voilà qui devrait couvrir tous les dégâts et les tracas que j’ai pu causer. Pour ta gouverne, cet argent ne provient pas du casse de cette nuit mais de mes deniers personnels si cela peut avoir une quelconque importance à tes yeux. J’espère que nous aurons l’occasion de nous rencontrer dans un contexte bien différent et amical dans le futur. A jamais ton serviteur de l’ombre, Arsène Lupin ». Comptant la liasse, Joe calcula qu’il y avait là largement de quoi payer ses frais universitaires de l’année et se dispenser de travailler chez Shârum. Une idée saugrenue qu’elle chassa bien vite de son esprit. Hors de question de se défiler ! Elle se jura de l’emporter si elle devait un jour revoir « Arsène », ce qu’elle espérait bien !

Encore aujourd’hui, Joe garde précieusement ce panier en osier où elle conserve les cordes, le bâillon boule et le mot que Arsène lui avait laissés.

Re: [Fiction] Joe, un "cambriolage", des cordes...

Publié : 04 août 2009, 14:34
par Karamel
Chouette la vie de Joséphine :)

Un début de vocation subconscient pour sa future carrière de détective ? ;) En tout cas j'ai adoré.

Re: [Fiction] Joe, un "cambriolage", des cordes...

Publié : 03 janv. 2015, 19:29
par The Man
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