l'hivers
Publié : 22 janv. 2015, 05:38
Tout était blanc. Absolument et entièrement recouvert . Le véhicule avait dérapé et s'était échoué dans un fossé. Les déneigeuse n'étaient pas encore arrivées jusque là ,et sur cette route déserte , il ne semblait pas y avoir une âme à la ronde . Bien entendu Claude avait tenté d'extraire sa voiture de l'ornière en faisant vrombir le moteur , mais les pneus patinaient et enlisaient davantage le véhicule . Au bout de quelques minutes déjà, se formait un amas de boue brune et de neige qui rendait toute extraction impossible . Trouver un téléphone , un garage , un routier , ou tout autre chose qui lui permettrait de sortir de cette impasse . Le métal du capot était glacial , et les doigts rougis s'engourdissaient déjà . Retourner dans la voiture au chaud , premier réflexe pour ne pas mourir de froid . Attendre . Téléphoner , mais à qui …. fermer la voiture à clé et marcher , mais vers ou ? Retourner sur ses pas , ou bien alors avancer jusqu'au prochain village . Il devait bien y avoir 20 cm de neige , la progression serait difficile . 1 km ou deux , peut être 5 avant la prochaine habitation … qui sait même si quelqu'un daignera lui ouvrir … les habitants de la région ne sont pas particulièrement réputés pour leur hospitalité … Il fallait y aller . Sur le chemin , trois corbeaux immobiles saluèrent son courage en croassant à son passage . Une mise en garde , à moins que ce ne soit simplement la perspective de leur futur repas . Le cuir fin des souliers s'enfonçait lourdement dans la neige et glaçait déjà ses orteils alors que simplement quelques centaines de mètres venaient d'être parcourus . Même l'écharpe de jersey remontée sur le nez ne semblait pas faire barrière au froid qui l'engourdissait de toute part . Le col de son manteau remonté au plus haut sur les oreilles n'assurait qu'un fragile obstacle au vent glacial qui pénétrait chaque ouverture de l'habit .
La voiture était toujours en vue au loin lorsque Claude se retournait afin d 'évaluer la distance parcourue sur cette immense ligne droite. Combien de temps cela pourrait encore durer avant que son corps ne lâche . Ses orteils déjà ressentaient les premières engelures . Les mains enfoncées dans les poches se cramponnaient à cet abri de fortune .
Il fallait trouver rapidement une solution avancer plus vite pour que le corps se réchauffe plus . Courir , piétiner , afin de faire circuler le sang dans les extrémités .
La vaste étendue de campagne semblait déserte . Aucune habitation . Simplement des champs labourés attendant le réveil du printemps patientaient sous leur manteau neigeux .
Rejoindre ce bosquet au fond là bas , peut être y trouver un refuge , dans les bois à couvert , là ou il fera moins froid . Encore quelques centaines de mètres à parcourir , et tenter l'impossible , une cabane avec quelques branches , un trou , un nid , simplement un endroit pour mettre son corps au chaud le couper du froid , et tenter de le réchauffer . Claude regrettait l'éloignement de son véhicule , mais le retour semblait déjà impossible . Une odeur piquante imperceptible vint caresser ses narines . Une odeur reconnaissable entre mille . Une odeur que depuis la nuit des temps les humains avaient paris à reconnaître . L'odeur du feu . Ou plutôt celle de la fumée . Un feu était à proximité . Une source de chaleur . Un endroit pour ne plus avoir froid .
Mu par l'énergie du désespoir Claude hâta encore sa cadence . Trouver l'abri se rapprocher de cette source de chaleur potentielle . Il ne pouvait s'agir que du feu de broussailles d'un paysan du coin , cela aurait suffi à son bonheur . Mais a mesure que le bosquet se révélait , une habitation prenait forme en son sein . D'abord dissimulée par des arbres décharnés , la masure semblait régner sur ce royaume bocager .
une lumière à l'intérieur . S'approcher , et frapper à la porte demander de l'aide , et surtout s'y réchauffer , l'espace d'un instant seulement.
Les pieds glacés , usés par le froid et l'humidité , rougis par la marche et les engelures , supportaient à peine cette carcasse , lorsque les premiers coups furent portés à la porte .
Une moustache apparut lorsque la chaleur s’engouffra en bouffées exquises sur le corps de Claude . Une moustache épaisse , et large , entretenue avec soin . Une de ces moustaches dont on évalue toute la délicatesse et l'importance que le personnage accorde à son propre exploit . Une moustache qui laisse sortir les mots de la bouche sans que que l'on voie les lèvres bouger .
Des yeux aussi . Des yeux baignés d'intelligence et d'expérience capables d'évaluer en un instant la gravité d'une situation. Sont-ce les yeux ou la moustache qui secoururent Claude en la pressant vers la chaleur du foyer?
Entrer ne suffit pas , il fallut avec délicatesse décacheter les enveloppes de cuir des pieds rougis , les sécher , et les laisser reposer , près du feu . Il fallut aussi boire un bouillon chaud , et puis un autre , et encore un , avant de sentir un léger engourdissement de chaleur envahir le corps . Mais encore , ce corps qui avait essuyé l'épreuve du froid devait attendre silencieusement que les meurtrissures se guérissent .
Combien de temps était elle restée là auprès du feu , à tenter de se réchauffer en sentait la morsure tout aussi violente du rayonnement , fasse disparaître les dernières blessures ?
L'homme à la moustache était sorti , pour tenter de dégager le véhicule de Claude ,et en quelques coups de téléphone , elle pouvait jouir de toute la quiétude de la situation sans se soucier de son avenir , avec entre les mains ce fameux bouillon , qui lui ranimait le cœur .
Claude s'intéressa alors à son abri, au mobilier rustique à cet épais canapé aux larges accoudoirs , au repose pied aux murs en crépi , et à cette cheminée imposante dont la musique du feu crépitant dans son âtre remplissait le silence de la pièce comme la fumée qui s'en dégageait l'embaumait . Une de ces maisons de campagne aux murs larges et aux fenêtres étroites , aux solives de plafond irrégulièrement taillées et tamisant le plafond . À ces poutres jonchant la pièce comme autant de trophées de guerres décrochés ici et là pour quelques exploits héroïques …
Claude s'endormit profondément , les mains cramponnées au bol de bouillon .
La voiture était toujours en vue au loin lorsque Claude se retournait afin d 'évaluer la distance parcourue sur cette immense ligne droite. Combien de temps cela pourrait encore durer avant que son corps ne lâche . Ses orteils déjà ressentaient les premières engelures . Les mains enfoncées dans les poches se cramponnaient à cet abri de fortune .
Il fallait trouver rapidement une solution avancer plus vite pour que le corps se réchauffe plus . Courir , piétiner , afin de faire circuler le sang dans les extrémités .
La vaste étendue de campagne semblait déserte . Aucune habitation . Simplement des champs labourés attendant le réveil du printemps patientaient sous leur manteau neigeux .
Rejoindre ce bosquet au fond là bas , peut être y trouver un refuge , dans les bois à couvert , là ou il fera moins froid . Encore quelques centaines de mètres à parcourir , et tenter l'impossible , une cabane avec quelques branches , un trou , un nid , simplement un endroit pour mettre son corps au chaud le couper du froid , et tenter de le réchauffer . Claude regrettait l'éloignement de son véhicule , mais le retour semblait déjà impossible . Une odeur piquante imperceptible vint caresser ses narines . Une odeur reconnaissable entre mille . Une odeur que depuis la nuit des temps les humains avaient paris à reconnaître . L'odeur du feu . Ou plutôt celle de la fumée . Un feu était à proximité . Une source de chaleur . Un endroit pour ne plus avoir froid .
Mu par l'énergie du désespoir Claude hâta encore sa cadence . Trouver l'abri se rapprocher de cette source de chaleur potentielle . Il ne pouvait s'agir que du feu de broussailles d'un paysan du coin , cela aurait suffi à son bonheur . Mais a mesure que le bosquet se révélait , une habitation prenait forme en son sein . D'abord dissimulée par des arbres décharnés , la masure semblait régner sur ce royaume bocager .
une lumière à l'intérieur . S'approcher , et frapper à la porte demander de l'aide , et surtout s'y réchauffer , l'espace d'un instant seulement.
Les pieds glacés , usés par le froid et l'humidité , rougis par la marche et les engelures , supportaient à peine cette carcasse , lorsque les premiers coups furent portés à la porte .
Une moustache apparut lorsque la chaleur s’engouffra en bouffées exquises sur le corps de Claude . Une moustache épaisse , et large , entretenue avec soin . Une de ces moustaches dont on évalue toute la délicatesse et l'importance que le personnage accorde à son propre exploit . Une moustache qui laisse sortir les mots de la bouche sans que que l'on voie les lèvres bouger .
Des yeux aussi . Des yeux baignés d'intelligence et d'expérience capables d'évaluer en un instant la gravité d'une situation. Sont-ce les yeux ou la moustache qui secoururent Claude en la pressant vers la chaleur du foyer?
Entrer ne suffit pas , il fallut avec délicatesse décacheter les enveloppes de cuir des pieds rougis , les sécher , et les laisser reposer , près du feu . Il fallut aussi boire un bouillon chaud , et puis un autre , et encore un , avant de sentir un léger engourdissement de chaleur envahir le corps . Mais encore , ce corps qui avait essuyé l'épreuve du froid devait attendre silencieusement que les meurtrissures se guérissent .
Combien de temps était elle restée là auprès du feu , à tenter de se réchauffer en sentait la morsure tout aussi violente du rayonnement , fasse disparaître les dernières blessures ?
L'homme à la moustache était sorti , pour tenter de dégager le véhicule de Claude ,et en quelques coups de téléphone , elle pouvait jouir de toute la quiétude de la situation sans se soucier de son avenir , avec entre les mains ce fameux bouillon , qui lui ranimait le cœur .
Claude s'intéressa alors à son abri, au mobilier rustique à cet épais canapé aux larges accoudoirs , au repose pied aux murs en crépi , et à cette cheminée imposante dont la musique du feu crépitant dans son âtre remplissait le silence de la pièce comme la fumée qui s'en dégageait l'embaumait . Une de ces maisons de campagne aux murs larges et aux fenêtres étroites , aux solives de plafond irrégulièrement taillées et tamisant le plafond . À ces poutres jonchant la pièce comme autant de trophées de guerres décrochés ici et là pour quelques exploits héroïques …
Claude s'endormit profondément , les mains cramponnées au bol de bouillon .