Les aventures de Gwendoline 19 [Enquête à Seagold]

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MacWilly
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Les aventures de Gwendoline 19 [Enquête à Seagold]

Message par MacWilly »

AVANT-PROPOS : Astérix, Lucky Luke, Tintin, d’autres comme Gwendoline, plus récemment XIII, Thorgal, Largo Winch, mais aussi Tarzan et Superman, mais aussi Zorro, James Bond, Dark Vador, Harry Potter et encore beaucoup d’autres sont des personnages nés de la rencontre de l’imagination et de l’encre de leurs créateurs.

Je crois que tout le monde sait cela.

Ces personnages connaissent un certain succès. Ce qui prouve que leurs aventures passionnent beaucoup de lecteurs et/ou de spectateurs.

Est-il besoin de coller l’étiquette « fiction » sur ces personnages ? A mon avis, c’est inutile, voire nuisible. En effet, est-il besoin de rappeler que tous ces personnages sont fictifs ?
Les administrateurs du site se sont posé la question et ont répondu par l’affirmative. De ce fait, il y a désormais la rubrique ‘Section des Histoires Fictives’.


Les aventures de Gwendoline ayant trouvé des lecteurs. J’entreprends de leur raconter la 19ème aventure.
Bonne lecture…



INTRODUCTION : Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, je vous suggère de le faire avant de lire l’histoire ci-dessous. Cette histoire se déroule juste après les événements relatés dans l’épisode 18 (l'agent d'élite). Rappelons que Dolly et Molly sont des amies d’enfance de Gwendoline. Dolly habite à peu de distance de Gwendoline. Elle possède un perroquet qui s’appelle Polly. Le perroquet vole librement dans la maison et le jardin de Dolly. Molly est la sœur de Dolly. Elle est le capitaine d’un navire cargo. Les deux sœurs apparaissent dans l’épisode 2. Gwendoline partage des souvenirs avec elles dans l’épisode 8. Elles font des apparitions dans les épisodes 10 et 12.
Diana est une bonne amie de Gwendoline. Elle est la sœur d’Andrew. Elle est journaliste. Elle apparaît dès l’épisode 1. On la retrouve dans l’épisode 2, elle joue un rôle important dans les épisodes 3, 4 et 9.
Diana est la fiancée de Norbert, le frère d’Albert. Ce dernier rentre de mission à l’étranger dans l’épisode 11. Il semble être devenu le petit ami de Dolly.


Episode 19.1. Une nouvelle mission pour Gwendoline ?

Cette après-midi-là Gwendoline s’est rendue au domicile de son amie Dolly. La sœur de Dolly, Molly, est également présente. Gwendoline aime bien être habillée élégamment. Elle porte un tailleur blanc. Dolly porte, comme souvent, une robe blanche courte à fleurs. Molly porte son uniforme de capitaine : veste bleu marine sur chemisier blanc, jupe bleu marine, collant clair, escarpins bleus marine. Dolly porte une épaulette en tissu épais. Son perroquet, Polly vient régulièrement se poser sur son épaule. Les trois filles sont assises à une table sur laquelle Dolly a déposé du thé, un gâteau et d’autres gâteries.
Dolly est admirative.
- Nous avons lu les journaux. Tu as réalisé des exploits en Bulovie !
Molly : - Oui, félicitations pour ta performance.
Gwendoline : - Merci mais vous savez, je ne mérite pas toutes ces louanges. C’est mon compagnon, Andy, qui a tout fait.
Dolly : - Nous savons bien que tu es modeste. Je veux bien croire que ton ami y est pour quelque chose.
Molly : - Tu ne nous feras pas croire que tu n’as rien fait car tu étais constamment attachée et bâillonnée, que ton Andy a tout fait.
Dolly : - Que finalement ton Andy est venu te détacher et te sauver.
Molly : - Que finalement les journalistes, les dignitaires, les policiers, la princesse, bref tout le monde s’est trompé en t’attribuant tous les mérites ?

Gwendoline est songeuse. Elle préfère ne rien dire. Ce que ses amies viennent de décrire est pourtant la vérité. Si elle tente dire la vérité elle ne sera pas crue.

Dolly : - Vous vous rappelez quand nous étions plus jeunes ?
Molly : - Nous avions des rêves de jeune fille. Par exemple nous rêvions que nous serions en difficulté et notre prince viendrait à notre secours.
Gwendoline : - Que de beaux souvenirs.
Dolly : - Vous vous rappelez la fois où nous sommes restées attachées pendant trois jours ? (*)
Gwendoline : - Comment oublier ?
Molly : - Gwen, je t’envie. Tu as réalisé tes rêves. Tu as rencontré celui que tu aimes et il t’a sauvée.
Gwendoline sourit discrètement. – Plusieurs fois en fait.

Molly : - Gwen, je voudrais dire un mot à l’aventurière héroïque que tu es devenue.
Gwendoline : - Oui ?
Molly : - Figure-toi que j’ai transporté du matériel sur une ile de la chaine des Hébrides. J’ai fait plusieurs voyages. Le matériel a servi à installer un quai de débarquement rudimentaire, des hangars, quelques habitations sommaires et du matériel industriel.
Dolly : - Pourquoi nous racontes-tu ceci ?
Molly : - L’ile est en dehors des voies commerciales, à une certaine distance des côtes de l’Ecosse. L’ile est déserte, ne mesure que quelques centaines de mètres. Enfin, sur l’ile il n’y a guère autre chose que de l’herbe balayée par les vents.
Gwendoline : - Je vois. Tu trouves étrange que l’on apporte du matériel industriel sur un lieu aussi isolé.
Molly : - Exactement. Ceci me paraît louche.
Dolly : - Et comme nous rêvons de devenir des aventurières. Enfin, Gwen est devenue une aventurière.
Gwendoline : - Molly, tu penses que nous devrions essayer d’en savoir plus sur ce sujet ?
Molly : - Eh bien, j’ai fini mes livraisons. Je n’ai donc plus de raison d’aller naviguer dans les parages de cette ile. Plus exactement le prochain ravitaillement n’est prévu que dans une semaine.
Dolly : - De mon côté, je ne voudrais pas m’éloigner trop longtemps d’Albert.
Molly : - Tu pourrais lui en parler. Peut-être que l’aventure le tenterait ?
Dolly : - Je le ferai, mais je ne crois pas qu’une telle recherche le passionnerait ?
Gwendoline : - Pas si sûr ! Compte-tenu de ce que son frère a un penchant marqué pour l’aventure.
Molly : - Gwendoline, c’est toi qui as fait tes preuves. C’est toi qui as gagné tes galons d’aventurière.
Gwendoline : - Bon, je vais y réfléchir. Je vous tiendrai au courant.


Bien sûr Gwendoline ne se sent pas de taille à entreprendre une telle opération. Elle a toutefois décidé d’en parler à Andy. Celui-ci l’a écouté avec attention. Après avoir réfléchi, Andy lui a expliqué :
- Je trouve votre question fondée. C’est insolite d’installer du matériel industriel sur une ile déserte, en dehors des voies commerciales.
Andy : - Je regrette de devoir m’occuper d’une autre mission, qui paraît plus pressante que du matériel technique sur une ile.
Andy : - Je pense que cette investigation ne présente pas de danger particulier. Alors voici ce que je te propose : tu demandes le concours d’une bonne journaliste et tu te charges de cette enquête.
Gwendoline : - Mais oui ! Je vais demander à Diana de venir !
Andy : - Qui sait ? Peut-être trouvera-t-elle l’occasion d’écrire un bon article ?

Andy serre Gwendoline contre lui.
- Je compte sur toi pour me tenir au courant !


Le lendemain, le temps est beau. Diana et Gwendoline sont à bord d’un chriscraft, en route vers l’ile qui suscite leur intérêt. Diana porte un ensemble en jean. Gwendoline s’est habillée avec un ensemble en cuir brun. Un veston, une jupe courte respectent sa silhouette féminine. Gwendoline se sent protégée dans ces vêtements. C’est le printemps mais ce n’est pas encore l’été. Il y a souvent beaucoup de vent en bord de mer, elle a choisi de porter des bottes. Gwendoline laisse flotter ses cheveux au vent. Elle apprécie de partir à l‘aventure, au grand air. Bon, pas vraiment à l’aventure, il s’agit juste d’aller interviewer les personnes résidant sur une ile.

Après presque une heure de navigation, le chriscraft aborde le ponton de l’ile. Les filles sont accueillies par des gardes en uniforme. Les gardes sont équipés du matériel standard des officiers de sécurité et surtout ils sont armés. Comme l’avait prédit Molly, quelques bâtiments en tôle se dressent sur l’ile. Un panneau d’affichage porte l’inscription SEAGOLD Ltd.
Diana ayant exhibé sa carte de journaliste, les filles sont conduites dans le bureau du directeur, Hubert Delamort.
Celui-ci les accueille cordialement. Après leur avoir offert le café il leur a proposé de les piloter.

Les filles sont maintenant sur la côte ouest de l’ile. Elles voient des flotteurs entre le rivage et l’ile voisine, à environ 150 mètres.
Hubert : - Ces flotteurs supportent la grille, plutôt une sorte de tissu, que nous avons étendu dans l’eau, entre les deux iles.
Hubert : - Cette grille est recouverte d’un produit servant à filtrer l’eau de la mer.
Hubert : - Voyez-vous, le Gulf-Stream génère un courant d’environ 1 kilomètre par heure entre les iles. Un courant suffisant pour assurer un bon débit qui nous permet de filtrer de grandes quantités d’eau ; mais un courant suffisamment faible pour que notre grille pêche l’élément que nous convoitons.
Gwendoline : - Que recueillez-vous ?
Hubert : - J’y viens. Une fois notre grille saturée, nous la retirons de l’eau pour en extraire la récolte.

Hubert a conduit ses hôtes dans un bâtiment. Le bâtiment abrite des appareils que les filles ne reconnaissent pas. Hubert désigne un appareil volumineux.
Hubert : - Ce four sert à faire fondre notre récolte, qui est ensuite moulée en petits lingots. Regardez !

Un homme manœuvre l’appareil. Un liquide incandescent coule dans des petits moules rectangulaires. Hubert fait signe à une jeune femme. Celle-ci lui remet deux petits étuis plats. Hubert tend ces étuis aux filles.
Hubert : - En signe d’amitié, permettez-moi de vous offrir un échantillon de notre production !

Les filles découvrent que leur étui contient une pièce, plutôt un médaillon, en or ??
Hubert : - Vous avez compris. La valeur de cet objet en tant que médaillon est négligeable. Il a revanche un peu de valeur, en tant qu’once d’or pur. (**)
Diana : - Vous extrayez donc de l’or de la mer ?
Hubert : - Précisément ! L’eau de mer contient de l’or. La concentration en or n’est pas la même d’une mer à l’autre. Ici nous mesurons une valeur moyenne, soit 5 milligrammes d’or par mètre cube d’eau. (***) (#)
Diana : - Impressionnant.

Gwendoline désigne les rails à voie étroite qui courent dans le bâtiment.
Hubert : - La grille attrape aussi un peu de sel, parfois un coquillage, quelques impuretés. Nous plaçons ces résidus dans un petit wagonnet.

Les filles ont suivi Hubert qui a longé les rails. Les trois personnes sont arrivées à l’extrémité nord de l’ile. Un homme pousse un wagonnet. Arrivé au rivage, il bascule le godet du wagonnet et vide le wagonnet dans la mer.
Diana : - Eh bien, il nous reste à vous remercier de votre hospitalité, de votre amabilité, de votre générosité et à prendre congé.
Le petit groupe reprend la direction des installations, Hubert Delamort plaisantant sur le fait qu’il espère que les deux journalistes écriront un bon article.

Diana ouvre la porte du bâtiment abritant les bureaux.
Hubert : - Non !
Hubert a promptement sorti un sifflet de sa poche. Diana s’est trompée de porte. Ce n’est pas la porte qui donne sur les bureaux. Hubert donne quelques brefs coups de sifflet. Les gardes se précipitent.
Hubert a l’air vraiment contrarié.
- Vous avez vu ce que vous ne deviez pas voir !
Hubert : - Gardes ! Attachez-les soigneusement et enfermez-les dans la pièce qui sert de salon de thé.


Diana et Gwendoline sont maintenant seules dans une petite pièce. Leurs poignets sont entourés de lanières de cuir. Les filles ont leurs poignets cruellement attachés dans leur dos. Il y a une table et quelques chaises dans la pièce. Un buffet porte des tasses, une cafetière, une théière etc…
Gwen : - Ils ont rudement serrés nos liens.
Diana : - Quel luxe ! Des lanières en cuir, assorties à ta tenue. Evidemment ça te manquait !
Gwen : - Tu as quelque chose pour couper nos lanières ?
Diana : - Non. Et les gardes se sont assurés qu’il n’y a rien de coupant dans la pièce.
Gwen : - On essaie de défaire les nœuds avec nos dents ?
Diana : - Pas si vite ! D’abord cette fois nous sommes attachées avec des liens en cuir. Ensuite, en admettant que nous arrivions à nous libérer, que veux-tu faire ?
Gwen : - Filer d’ici ?

Diana invite Gwen à regarder par la fenêtre. Elles voient leur chriscraft qui s’en va.
Diana : - Si nous n’étions pas attachées, nous pourrions certainement nous évader de cette pièce. Peut-être en passant par la fenêtre. Mais pour aller où ? L’ile ne mesure que quelques centaines de mètres. Il y aurait aussi une douzaine de gardes professionnels armés à affronter.
Gwen : - Andrew sait que nous sommes ici.
Diana : - Oui, mais il est en mission. Il faudra un peu de temps pour qu’il se rende compte que nous sommes en détresse. D’ici là qui sait ce que nous serons devenues ?

Gwen : - Bon, dis-moi. Qu’est-ce que tu as vu et que tu ne devais pas voir ?
Diana est visiblement perplexe.
- Un tas de pierres.
- Tu plaisantes ? Hubert nous a capturées et attachées parce que tu as vu… un tas de pierres ?
- Oui. C’est bien ça. Je t’avoue que je ne comprends pas non plus.
- Il doit y avoir bien autre chose que ce que ce cher Hubert a bien voulu nous montrer.
- Oui, mais pour l’instant nous sommes bien mal parties !


(*) : Cette péripétie est racontée dans l’épisode 8.
(**) : Une once est égale à 31,1 grammes. La valeur approximative est de 2500 Euros (en 2024).
(***) : C‘est vrai ! L’eau de mer contient en moyenne cette quantité d’or !
(#) : En supposant une efficacité de l’extraction de l’or de 100% et en supposant que la section du détroit filtré est semi-circulaire, un lecteur peut-il nous calculer la quantité d’or que la Seagold est susceptible de récolter chaque jour ? (le professeur Marachin nous donnera la réponse à la fin de l’histoire).

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Re: Les aventures de Gwendoline 19 [Enquête à Seagold]

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Episode 19.2. Incompréhensions pour Gwendoline

Diana se démène rageusement contre sa camisole. Gwen, elle aussi ligotée dans une camisole, tente de calmer son amie.
- C’est inutile. Ligotées dans nos camisoles nous ne pouvons rien faire.

Diana et Gwen sont restées quelque temps enfermées dans la pièce sur l’ile de la Seagold.
Deux gardes sont venus les bâillonner. Elles ont été embarquées dans un chriscraft, conduites à terre, fourrées dans une camionnette, et emmenées. Il faisait déjà nuit quand elles sont arrivées à destination : l’institut du brin d’air.
Les deux amies ont été dépouillées de leurs vêtements, à l’exception de leurs bas. Elles ont été pourvues de petites ballerines, elles ont été étroitement enveloppées dans des camisoles fermement serrées.
Maintenant les deux amies sont enfermées dans une cellule aux murs capitonnés. Leur cellule n’est meublée que de deux matelas et de quelques couvertures.

Gwen : - Tu sais, Jennifer, Jill, Daphné et moi-même nous avons été ligotées dans ces abominables camisoles pendant des jours et des jours. Crois-moi, nous avons tout essayé. Nous ne pouvons pas les enlever. (*)
Diana se résigne et soupire : - Oui, tu as raison.
Gwen : - Je ne comprends pas ? Les activités illégales de cet institut ont été démantelées. Alors comment se fait-il que nous soyons ligotées ici ?
Diana : - Demain nous pourrons certainement établir que nous sommes ici par erreur. Nous serons rapidement libérées. Pour l’instant, dormons. Nous ne pouvons rien faire d’autre, de toute façon.


Le lendemain, une infirmière est venue habiller les filles d’épais bâillons. Les filles ont ensuite été menées dans le bureau du médecin psychiatre.
Le médecin : - Mesdemoiselles, j’ai là votre dossier.
Diana : - mmmm !!
Le médecin : - Vous voyez des pierres dans des bureaux, des personnes qui pêchent de l’or dans l’eau de mer avec un filet, un train dans les Hébrides, une usine sur une ile déserte.
Gwen : - mmmmhh !!
Le médecin : - Je vois. Vous êtes victimes d’un syndrome d’hallucinations dues au surmenage.
Diana : - mmmmpphh !!
Le médecin : - Rassurez-vous, ce n’est pas bien grave. Un peu de repos, de la détente et tout rentrera dans l’ordre. Dans un ou deux mois vous serez remises à neuf et vous pourrez quitter notre maison.
Le médecin : - Aujourd’hui nous faisons quelques analyses puis nous commençons votre programme de remise en forme.
Gwen : - mmmm ??
Le médecin : - Repos, massages, bains, quelques calmants légers. Rien de bien alarmant.
Le médecin : - En attendant le résultat des analyses, allez donc prendre l’air en vous promenant dans la petite cour.

Diana et Gwen sont dans la petite cour. De pénibles souvenirs reviennent à l’esprit de Gwen. Elle se rappelle les jours d’angoisse qu’elle a passé dans cette cour. Elle était affreusement ligotée dans une camisole, en compagnie de ses amies. Jennifer, Daphné, Jill, Michèle…
Il y a des changements : cette fois elle est bâillonnée ; cette fois elle n’a pas à craindre d’être maltraitée, elle sera libérée dans quelque temps.
Andy ? Pourra-t-il la retrouver ici ? Elle est partie pour une interview. Comment Andy pourrait-il penser à venir la retrouver ici ?
C’est inimaginable.

La journée se déroule, monotone. Les deux amies sont ligotées dans leur camisole. Elles sont bâillonnées. Elles ne peuvent rien faire.
Le soir venu, elles sont reconduites dans leur cellule. Leurs bâillons sont retirés.
Diana : - Tu crois qu’ils vont nous laisser ligotées dans nos camisoles durant tout notre séjour dans l’institut ?
Gwen : - Oui ! Ils n’aiment vraiment pas délivrer les filles enfermées dans leur camisole. De plus ils vont nous laisser bâillonnées durant les journées. Pour éviter que nous tentions d’alerter sur notre sort.
Diana : - Ligotées dans une camisole pendant un mois ! Peut-être deux ! On va devenir folles !
Gwen : - Je compte sur Andy. Il est très fort. Il va nous retrouver !
Diana : - Je sais qu’il est très fort, mais il n’a aucune chance de nous rechercher ici.
Gwen : - Je lui fais confiance. Il nous retrouvera. Nous ne resterons pas tout un mois ici.


Le lendemain matin, à leur surprise, les filles ont été délivrées de leurs camisoles, leurs vêtements leurs ont été restitués. Elles ont été conduites à l’accueil.
Norbert les attendait.
Diana, heureuse, s’est jetée dans les bras de son ami. Les trois personnes ont quitté l’institut. Gwendoline a ressenti un pincement au cœur, son Andy n’étant pas là.
- Où est Andy ?
Norbert : - Euh, il n’a pas pu venir.
Diana : - Où est-il ?
Norbert : - C’est que…
Gwendoline : - OK, dis-nous !
Norbert : - Il fait la sieste chez lui.
Diana : - Quoi ? La sieste ? C’est le matin !

Diana et Gwendoline ont convaincu Norbert de déposer cette dernière devant l’appartement d’Andrew. Diana a jugé préférable de laisser Gwendoline retrouver Andrew sans interférence. Gwendoline s’est rendue devant la porte de l’appartement. Elle hésite. Trop de choses ne sont pas claires. Elle frappe puis entre.
Une douce voix de femme s’élève : - C’est toi, chéri ?

Gwendoline a la surprise de se retrouver devant une belle fille blonde, habillée élégamment d’un tailleur rouge très foncé.
Gwendoline : - Où est Andrew ?
La fille : - Dans sa chambre.

Gwendoline veut en avoir le cœur net. Elle vérifie. Oui, Andrew est couché sur son lit. Il dort paisiblement.
Gwendoline le réveille.
- Andy chéri, c’est ta Gwendoline qui souhaiterait obtenir quelques explications.
- OK, mais d’abord, prépare-moi une grande tasse de pur arabica du Brésil.

Gwendoline a préparé et servi le café. Elle sait que ce café est le plus corsé dans la palette d’Andrew.
Andrew : - Voici Elaine Marachin. Elle est la fille d’un chimiste qui travaille pour le gouvernement. Elle est à la recherche de son père qui a disparu. Je suis chargé de l’enquête car son père vient de réaliser une découverte importante.
Elaine : - Mon père travaillait sur un moyen d’exploiter des ressources aurifères.
Andrew : - Il semblerait qu’une organisation criminelle tente de s’emparer du procédé du professeur Marachin.
Gwendoline : - Le professeur a mis au point une méthode permettant d’extraire de l’or ?
Elaine : - Oui. Il est vraisemblable que des criminels veulent lui extorquer son invention.
Andrew : - Et Elaine a échappé de peu à un enlèvement !
Gwendoline : - Attendez ! Il faut que je vous…
La sonnerie du téléphone sonne. Andrew se précipite pour décrocher. Quelques secondes plus tard il explique :
- Il y a des événements en cours au laboratoire du professeur !
Elaine : - Vite ! Précipitons-nous à son laboratoire ! Nous avons une chance de retrouver mon père.
Gwendoline : - Je viens aussi. J’ai des choses à t’expliquer.

Andrew réfléchit un bref instant. Il tend un petit pistolet à Gwendoline et ordonne.
- Prend ça. Les explications sont pour plus tard.

Les trois personnes quittent précipitamment l’appartement.

Les trois personnes arrivent rapidement à la villa du professeur. Andrew a conduit très vite. Il a un véhicule apparemment normal. Il est pourtant équipé d’un gyrophare normalement rangé sous le tableau de bord. Un système aimanté permet de le caler sur le toit de la voiture. C’était la première fois que Gwendoline voyait Andrew utiliser les sirènes et gyrophares de son véhicule.
Le professeur habite une très grande maison. Pratiquement un manoir, entouré d’un immense terrain, lui-même entouré d’un mur. Andy, suivi de ses deux amies, pénètre dans la maison.
Andrew et ses compagnes visitent le rez-de-chaussée. Ils passent dans le salon, la cuisine, la salle à manger, le vestibule, un petit salon.
La maison semble déserte.
Elaine : - Le laboratoire de mon père occupe tout le sous-sol.
Gwendoline regarde par la fenêtre. Près des buissons qui jouxtent le mur au fond de la propriété elle voit deux hommes. Les deux hommes sont engagés dans une altercation.
Andrew : - Restez-là ! Je vais aller me rendre compte.
Andrew s’approche des deux hommes. Les deux hommes se mettent à engager Andrew dans leur altercation. Andrew tombe à terre. Il se relève et…
Deux autres hommes agrippent les deux filles et les entrainent…


(*) : Ces vicissitudes sont racontées dans l’épisode 5.

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Re: Les aventures de Gwendoline 19 [Enquête à Seagold]

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Episode 19.3. Gwendoline en vadrouille

Elaine et Gwen sont assises dans un petit camion. Elles sont assises sur le plancher du camion, elles s’appuient contre les parois du camion. Elles se font face. Elles ont leurs poignets attachés dans leur dos. Leurs chevilles sont croisées et attachées. Elaine se tortille dans ses liens. Elle tente de se détacher. Elle tente de se mettre dans la position la moins inconfortable possible.
Gwen essaie de réconforter Elaine :
- Courage ! Nous pouvons compter sur Andrew pour venir à notre rescousse.
Elaine se met à ricaner.
- Ce minus ?
- Ce n’est pas un minable ! C’est l’un des meilleurs agents de tout le service.
- Ha, ha, ha (Elaine rigole).
- Il est même plus fort que Sherlock Holmes.
- Ouah, ha, ha (Elaine rigole à gorge déployée).
- Si ! Il a résolu toutes ses affaires, en un temps record.
- Ha, ha, ouah ha, ha (Elaine éclate de rire).
Elaine : - Arrête ! J’ai mal au ventre tellement je rigole et comme je suis attachée je ne peux pas me masser le ventre.

Quelques instants plus tard, Elaine a encore quelques larmes aux yeux. Elle a bien rigolé. Elle regarde Gwen comme s’il s’agissait d’une bête curieuse.
- Tu n’es pas avec Andrew, n’est-ce pas ? Pas avec ce minable ?
- Je l’aime.

Elaine soupire.
- Au moins tu m’as bien fait rire. Plus sérieusement, regarde ça :
Un : Il n’a pas été capable de protéger mon père qui a été enlevé.
Deux : Il a perdu la trace de mon père.
Trois : Il a passé la journée d’hier à te rechercher et à rechercher mon père. Sans succès : il n’a retrouvé personne.
Quatre : Il a préféré faire la sieste et il a laissé à son ami le soin d’aller te rechercher.
Cinq : Il est immédiatement tombé dans un piège à la maison de mon père et,
Six : Il n’a pas été en mesure d’empêcher notre enlèvement.
Alors dis-moi, aurait-il seulement pu être moins compétent ?

Gwen fronce les sourcils. Elle se met à bouder et à réfléchir. Oui, vu comme ça son Andy a agi comme le dernier des incapables. Elle connaît son Andy. Elle sait de quoi il est capable. Elle sait aussi qu’avec lui les apparences peuvent être trompeuses. Elle lui garde toute sa confiance.
Gwen se dit qu’elle a au moins deviné la raison de la sieste insolite d’Andy ce matin. Il aura passé toute la journée d’hier, et probablement la nuit, ou les nuits, à sa recherche. Cela explique sa fatigue singulière.
Gwen poursuit ses pensées. Il y a bien des choses qui ne « collent » pas. Diana a vu un tas de pierres et ça lui a valu de se retrouver ligotée dans une camisole, en compagnie de Gwendoline. Cela n’a pas de sens. Ensuite pourquoi la Seagold enlèverait-elle le professeur ? Pour s’emparer de son invention ? C’est absurde. La Seagold la met déjà en œuvre. Pour lui voler sa part des bénéfices ? C’est aberrant, Hubert a généreusement donné des médailles en or à ses visiteuses (Diana et Gwendoline ont conservé ces médailles). Non décidément, trop de points sont insensés dans cette histoire. Gwen se conforte dans ses certitudes. Elle sait qu’Andy sait ce qu’il fait. Elle finira par obtenir les explications.

Elaine s’adresse à Gwendoline.
- Mon père travaille souvent pour le gouvernement. Il y a quelque temps mon père et moi nous avons rencontré un agent des services spéciaux. Un agent compétent. Tu le connais peut-être ? C’est U69.

Gwen marque un soubresaut. Elle ne s’attendait pas à entendre ce nom. De vieux souvenirs se rattachent à ce nom. Elaine a remarqué le tressaillement de Gwen. Gwen se contente de murmurer.
- Elle n’est plus en service.
- Ah ? Je suppose que tu as pris sa succession ? Dans ce cas dois-je t’appeler U70 ?
- Gwendoline, ou Gwen, serait convenable.
- Oui, bien sûr, discrétion oblige.
Elaine : - Dis, pourquoi U69 s’est-elle éloignée du service ?
Gwen : - En vérité, elle est tombée en disgrâce.
Elaine : - Vraiment ? Il a dû se produire un concours de circonstances. Mon père a des appuis hauts placés sans le gouvernement. Je lui demanderai d’intervenir en sa faveur. Tu retrouveras ta collègue.

Gwen est troublée. Non, elle ne souhaite pas le retour d’U69. Elle ne veut plus entendre parler d’U69. Elle se rappelle trop bien les longues heures qu’elle a passé ligotée, sous la domination d’U69. Elle ne veut plus vivre ça. Elaine est pourtant de bonne volonté. Elaine connaît U69 pour ses qualités d’agent. Les apparences montrent Andrew comme étant le plus inapte des agents.

Elaine remarque le trouble de Gwendoline. Elle la regarde gentiment.
- Courage ! Il y a quelqu’un sur qui nous pouvons compter pour venir à notre rescousse.
- Explique-toi.
- Il y a mon petit ami. Il s’appelle André. Il est très fort. Tu verras, il nous sauvera.
Elaine s’amuse.
- C’est amusant. Nous sommes toutes les deux des blondes et nos aimés ont le même prénom. Enfin le tien a la variété anglaise, le mien a la variété française. La vraie différence est qu’André est capable, pas comme ton assistant Andrew.

Gwen fait la moue. Elle ne veut pas entrer dans une dispute avec Elaine. Elle se contente d’une réponse mesurée.
- Nous verrons bien lequel des deux est le plus compétent.
Elaine se contente d’un sourire.

Le camion a poursuivi sa route, emmenant les filles attachées. Des tremblements secouent le camion. Il ralentit ? Des cahots. Le camion penche sur le côté et s’immobilise. Gwen devine que les roues gauches du camion se sont engagées dans le fossé bordant la route. Des bruits. Des portières qui claquent. Encore des bruits.
Un jeune homme bien habillé monte dans le camion. C’est un bel homme aux cheveux noirs bien peignés. Il s’adresse à Elaine.
- Tu vas bien, Elaine chérie ?
- André ! Je savais que tu viendrais.
André se met en devoir de délier Elaine. Dès qu’Elaine est libre il l’interroge à propos de Gwen.
Elaine : - C’est l’agent qui a pris la succession d’U69.
Gwendoline est rapidement délivrée. André aide les deux filles à descendre du camion. Le camion est au bord de la route, ses roues gauches sont dans le fossé. Les environs sont déserts. C’est la campagne.
Gwendoline : - Où sont passés les conducteurs du camion ?
André : - Je les ai mis en fuite. Ils ont détalé tellement vite qu’ils doivent déjà être loin.

Elaine adresse un sourire de satisfaction à Gwendoline. Celle-ci est troublée. Où est donc son Andy ? Cet André est-il vraiment le héros de cette histoire ?
D’une voix suave André invite les filles à monter dans son automobile. Il ajoute.
- Je vais d’abord vous conduire en sécurité, ensuite nous nous mettrons à la recherche de ton père.
Elaine : - Je te suis !

Les trois personnes ont pris place à bord de la voiture d’André. André pilote la voiture. La voiture n’a parcouru que quelques centaines de mètres que des vibrations se font sentir. André gare la voiture au bord de la route. Les passagers descendent. Ils constatent qu’un pneu est dégonflé.
André : - C’est clair. Nous avons crevé. Je change la roue et nous repartons.

André ouvre le coffre. Il dispose le cric, la manivelle, la roue de secours à côté de la roue défectueuse. Il met le cric en place, commence à le manœuvrer pour soulever la voiture. Deux véhicules s’approchent.
André : - Malheur ! Les gangsters. Et je ne suis pas armé.
André : - Fuyons !

Gwendoline a toujours le petit pistolet qu’Andrew lui a donné dans sa poche. Un petit pistolet contre un groupe ennemi. Gwendoline est d’accord : la fuite offre les meilleures perspectives. Les trois personnes se précipitent dans les champs. Il y a des bosquets à proximité.
Les deux voitures s’arrêtent. Huit hommes en descendent. Les trois fuyards sont hors de vue, cachés par un bosquet.
Les trois personnes continuent leur fuite pendant quelque temps, courant d’un bosquet à l’autre.
André s’arrête et se retourne.
- On dirait que nous leur avons échappé.
Elaine : - Nous avons profité du relief, des haies et des bosquets.
Gwendoline : - La chance est avec nous.
André réfléchit puis il déclare.
- Je propose de continuer.
Elaine : - Oui, les astres sont avec nous. De plus, si nous retournons sur nos pas nous risquons de tomber nez-à-nez avec nos poursuivants.

Quelques kilomètres plus loin les trois personnes arrivent à une maison. Une petite maison, entourée de végétation. Une vielle maison de campagne, visiblement abandonnée.
Elaine : - Profitons-en pour prendre un peu de repos.

Il reste quelques meubles abimés et poussiéreux dans la maison. Les filles s’asseyent. André explore la maison. Quelques minutes plus tard il rejoint les filles.
- Il reste quelques boites de conserve. Il y a un puits devant la maison. Il y a quelques couvertures dans un placard. Il reste des rondins de bois. Nous pourrions passer la nuit ici. Nous devrions être en sécurité.
Elaine sourit aimablement à l’intention d’André.
La perspective de passer la nuit dans cette maison abandonnée n’enthousiasme guère Gwendoline. Elle pense à son Andy. Elle n’a pas de meilleure alternative.

Le soir est venu. Les trois rescapés ont diné. Ils se sont installés devant le feu dans la cheminée. Ils se sont revêtus de quelques couvertures.
André : - Rassure-toi, Elaine, demain nous nous remettrons à la recherche de ton père.
Elaine se serre contre André.
- Je ne m’inquiète pas. Je te fais confiance.
André : - Gwendoline, où en est exactement l’enquête concernant le professeur Marachin ?
Gwendoline : - Elle piétine. Beaucoup de questions ne sont pas résolues.
Elaine : - Elle n’est pas près d’aboutir. Les services spéciaux l’ont confiée à des agents sympathiques mais étrangement pas à des agents d’élite.

Gwendoline s’enfonce sous sa couverture. Rien ne « colle » dans cette histoire. Andrew semble être un bon-à-rien. Comment est-ce possible ? Seul point positif, pour une fois elle n’est pas ligotée. Quel plaisir de ne pas être serrée dans d’abominables cordes, de pouvoir bouger librement. Mais quelle situation. Elle est avec Elaine et André. André est un bel homme, athlétique, gentil, courageux, intelligent. Elle se dit qu’Elaine doit être heureuse d’être avec un homme tel que lui. Gwendoline n’est pas jalouse. Elle a son Andy. Elle l’aime pour toute une série de raisons. Elle sait qu’elle peut compter sur lui. Elle est sans nouvelles de ses amis. Elle pense à Diana, à Norbert, et surtout à Andy. Les questions se bousculent dans sa tête. Elle se laisse gagner par le sommeil. Demain elle retrouvera son Andy…

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