Les aventures de Gwendoline 19 [Enquête à Seagold]
Publié : 15 déc. 2025, 11:48
AVANT-PROPOS : Astérix, Lucky Luke, Tintin, d’autres comme Gwendoline, plus récemment XIII, Thorgal, Largo Winch, mais aussi Tarzan et Superman, mais aussi Zorro, James Bond, Dark Vador, Harry Potter et encore beaucoup d’autres sont des personnages nés de la rencontre de l’imagination et de l’encre de leurs créateurs.
Je crois que tout le monde sait cela.
Ces personnages connaissent un certain succès. Ce qui prouve que leurs aventures passionnent beaucoup de lecteurs et/ou de spectateurs.
Est-il besoin de coller l’étiquette « fiction » sur ces personnages ? A mon avis, c’est inutile, voire nuisible. En effet, est-il besoin de rappeler que tous ces personnages sont fictifs ?
Les administrateurs du site se sont posé la question et ont répondu par l’affirmative. De ce fait, il y a désormais la rubrique ‘Section des Histoires Fictives’.
Les aventures de Gwendoline ayant trouvé des lecteurs. J’entreprends de leur raconter la 19ème aventure.
Bonne lecture…
INTRODUCTION : Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, je vous suggère de le faire avant de lire l’histoire ci-dessous. Cette histoire se déroule juste après les événements relatés dans l’épisode 18 (l'agent d'élite). Rappelons que Dolly et Molly sont des amies d’enfance de Gwendoline. Dolly habite à peu de distance de Gwendoline. Elle possède un perroquet qui s’appelle Polly. Le perroquet vole librement dans la maison et le jardin de Dolly. Molly est la sœur de Dolly. Elle est le capitaine d’un navire cargo. Les deux sœurs apparaissent dans l’épisode 2. Gwendoline partage des souvenirs avec elles dans l’épisode 8. Elles font des apparitions dans les épisodes 10 et 12.
Diana est une bonne amie de Gwendoline. Elle est la sœur d’Andrew. Elle est journaliste. Elle apparaît dès l’épisode 1. On la retrouve dans l’épisode 2, elle joue un rôle important dans les épisodes 3, 4 et 9.
Diana est la fiancée de Norbert, le frère d’Albert. Ce dernier rentre de mission à l’étranger dans l’épisode 11. Il semble être devenu le petit ami de Dolly.
Episode 19.1. Une nouvelle mission pour Gwendoline ?
Cette après-midi-là Gwendoline s’est rendue au domicile de son amie Dolly. La sœur de Dolly, Molly, est également présente. Gwendoline aime bien être habillée élégamment. Elle porte un tailleur blanc. Dolly porte, comme souvent, une robe blanche courte à fleurs. Molly porte son uniforme de capitaine : veste bleu marine sur chemisier blanc, jupe bleu marine, collant clair, escarpins bleus marine. Dolly porte une épaulette en tissu épais. Son perroquet, Polly vient régulièrement se poser sur son épaule. Les trois filles sont assises à une table sur laquelle Dolly a déposé du thé, un gâteau et d’autres gâteries.
Dolly est admirative.
- Nous avons lu les journaux. Tu as réalisé des exploits en Bulovie !
Molly : - Oui, félicitations pour ta performance.
Gwendoline : - Merci mais vous savez, je ne mérite pas toutes ces louanges. C’est mon compagnon, Andy, qui a tout fait.
Dolly : - Nous savons bien que tu es modeste. Je veux bien croire que ton ami y est pour quelque chose.
Molly : - Tu ne nous feras pas croire que tu n’as rien fait car tu étais constamment attachée et bâillonnée, que ton Andy a tout fait.
Dolly : - Que finalement ton Andy est venu te détacher et te sauver.
Molly : - Que finalement les journalistes, les dignitaires, les policiers, la princesse, bref tout le monde s’est trompé en t’attribuant tous les mérites ?
Gwendoline est songeuse. Elle préfère ne rien dire. Ce que ses amies viennent de décrire est pourtant la vérité. Si elle tente dire la vérité elle ne sera pas crue.
Dolly : - Vous vous rappelez quand nous étions plus jeunes ?
Molly : - Nous avions des rêves de jeune fille. Par exemple nous rêvions que nous serions en difficulté et notre prince viendrait à notre secours.
Gwendoline : - Que de beaux souvenirs.
Dolly : - Vous vous rappelez la fois où nous sommes restées attachées pendant trois jours ? (*)
Gwendoline : - Comment oublier ?
Molly : - Gwen, je t’envie. Tu as réalisé tes rêves. Tu as rencontré celui que tu aimes et il t’a sauvée.
Gwendoline sourit discrètement. – Plusieurs fois en fait.
Molly : - Gwen, je voudrais dire un mot à l’aventurière héroïque que tu es devenue.
Gwendoline : - Oui ?
Molly : - Figure-toi que j’ai transporté du matériel sur une ile de la chaine des Hébrides. J’ai fait plusieurs voyages. Le matériel a servi à installer un quai de débarquement rudimentaire, des hangars, quelques habitations sommaires et du matériel industriel.
Dolly : - Pourquoi nous racontes-tu ceci ?
Molly : - L’ile est en dehors des voies commerciales, à une certaine distance des côtes de l’Ecosse. L’ile est déserte, ne mesure que quelques centaines de mètres. Enfin, sur l’ile il n’y a guère autre chose que de l’herbe balayée par les vents.
Gwendoline : - Je vois. Tu trouves étrange que l’on apporte du matériel industriel sur un lieu aussi isolé.
Molly : - Exactement. Ceci me paraît louche.
Dolly : - Et comme nous rêvons de devenir des aventurières. Enfin, Gwen est devenue une aventurière.
Gwendoline : - Molly, tu penses que nous devrions essayer d’en savoir plus sur ce sujet ?
Molly : - Eh bien, j’ai fini mes livraisons. Je n’ai donc plus de raison d’aller naviguer dans les parages de cette ile. Plus exactement le prochain ravitaillement n’est prévu que dans une semaine.
Dolly : - De mon côté, je ne voudrais pas m’éloigner trop longtemps d’Albert.
Molly : - Tu pourrais lui en parler. Peut-être que l’aventure le tenterait ?
Dolly : - Je le ferai, mais je ne crois pas qu’une telle recherche le passionnerait ?
Gwendoline : - Pas si sûr ! Compte-tenu de ce que son frère a un penchant marqué pour l’aventure.
Molly : - Gwendoline, c’est toi qui as fait tes preuves. C’est toi qui as gagné tes galons d’aventurière.
Gwendoline : - Bon, je vais y réfléchir. Je vous tiendrai au courant.
Bien sûr Gwendoline ne se sent pas de taille à entreprendre une telle opération. Elle a toutefois décidé d’en parler à Andy. Celui-ci l’a écouté avec attention. Après avoir réfléchi, Andy lui a expliqué :
- Je trouve votre question fondée. C’est insolite d’installer du matériel industriel sur une ile déserte, en dehors des voies commerciales.
Andy : - Je regrette de devoir m’occuper d’une autre mission, qui paraît plus pressante que du matériel technique sur une ile.
Andy : - Je pense que cette investigation ne présente pas de danger particulier. Alors voici ce que je te propose : tu demandes le concours d’une bonne journaliste et tu te charges de cette enquête.
Gwendoline : - Mais oui ! Je vais demander à Diana de venir !
Andy : - Qui sait ? Peut-être trouvera-t-elle l’occasion d’écrire un bon article ?
Andy serre Gwendoline contre lui.
- Je compte sur toi pour me tenir au courant !
Le lendemain, le temps est beau. Diana et Gwendoline sont à bord d’un chriscraft, en route vers l’ile qui suscite leur intérêt. Diana porte un ensemble en jean. Gwendoline s’est habillée avec un ensemble en cuir brun. Un veston, une jupe courte respectent sa silhouette féminine. Gwendoline se sent protégée dans ces vêtements. C’est le printemps mais ce n’est pas encore l’été. Il y a souvent beaucoup de vent en bord de mer, elle a choisi de porter des bottes. Gwendoline laisse flotter ses cheveux au vent. Elle apprécie de partir à l‘aventure, au grand air. Bon, pas vraiment à l’aventure, il s’agit juste d’aller interviewer les personnes résidant sur une ile.
Après presque une heure de navigation, le chriscraft aborde le ponton de l’ile. Les filles sont accueillies par des gardes en uniforme. Les gardes sont équipés du matériel standard des officiers de sécurité et surtout ils sont armés. Comme l’avait prédit Molly, quelques bâtiments en tôle se dressent sur l’ile. Un panneau d’affichage porte l’inscription SEAGOLD Ltd.
Diana ayant exhibé sa carte de journaliste, les filles sont conduites dans le bureau du directeur, Hubert Delamort.
Celui-ci les accueille cordialement. Après leur avoir offert le café il leur a proposé de les piloter.
Les filles sont maintenant sur la côte ouest de l’ile. Elles voient des flotteurs entre le rivage et l’ile voisine, à environ 150 mètres.
Hubert : - Ces flotteurs supportent la grille, plutôt une sorte de tissu, que nous avons étendu dans l’eau, entre les deux iles.
Hubert : - Cette grille est recouverte d’un produit servant à filtrer l’eau de la mer.
Hubert : - Voyez-vous, le Gulf-Stream génère un courant d’environ 1 kilomètre par heure entre les iles. Un courant suffisant pour assurer un bon débit qui nous permet de filtrer de grandes quantités d’eau ; mais un courant suffisamment faible pour que notre grille pêche l’élément que nous convoitons.
Gwendoline : - Que recueillez-vous ?
Hubert : - J’y viens. Une fois notre grille saturée, nous la retirons de l’eau pour en extraire la récolte.
Hubert a conduit ses hôtes dans un bâtiment. Le bâtiment abrite des appareils que les filles ne reconnaissent pas. Hubert désigne un appareil volumineux.
Hubert : - Ce four sert à faire fondre notre récolte, qui est ensuite moulée en petits lingots. Regardez !
Un homme manœuvre l’appareil. Un liquide incandescent coule dans des petits moules rectangulaires. Hubert fait signe à une jeune femme. Celle-ci lui remet deux petits étuis plats. Hubert tend ces étuis aux filles.
Hubert : - En signe d’amitié, permettez-moi de vous offrir un échantillon de notre production !
Les filles découvrent que leur étui contient une pièce, plutôt un médaillon, en or ??
Hubert : - Vous avez compris. La valeur de cet objet en tant que médaillon est négligeable. Il a revanche un peu de valeur, en tant qu’once d’or pur. (**)
Diana : - Vous extrayez donc de l’or de la mer ?
Hubert : - Précisément ! L’eau de mer contient de l’or. La concentration en or n’est pas la même d’une mer à l’autre. Ici nous mesurons une valeur moyenne, soit 5 milligrammes d’or par mètre cube d’eau. (***) (#)
Diana : - Impressionnant.
Gwendoline désigne les rails à voie étroite qui courent dans le bâtiment.
Hubert : - La grille attrape aussi un peu de sel, parfois un coquillage, quelques impuretés. Nous plaçons ces résidus dans un petit wagonnet.
Les filles ont suivi Hubert qui a longé les rails. Les trois personnes sont arrivées à l’extrémité nord de l’ile. Un homme pousse un wagonnet. Arrivé au rivage, il bascule le godet du wagonnet et vide le wagonnet dans la mer.
Diana : - Eh bien, il nous reste à vous remercier de votre hospitalité, de votre amabilité, de votre générosité et à prendre congé.
Le petit groupe reprend la direction des installations, Hubert Delamort plaisantant sur le fait qu’il espère que les deux journalistes écriront un bon article.
Diana ouvre la porte du bâtiment abritant les bureaux.
Hubert : - Non !
Hubert a promptement sorti un sifflet de sa poche. Diana s’est trompée de porte. Ce n’est pas la porte qui donne sur les bureaux. Hubert donne quelques brefs coups de sifflet. Les gardes se précipitent.
Hubert a l’air vraiment contrarié.
- Vous avez vu ce que vous ne deviez pas voir !
Hubert : - Gardes ! Attachez-les soigneusement et enfermez-les dans la pièce qui sert de salon de thé.
Diana et Gwendoline sont maintenant seules dans une petite pièce. Leurs poignets sont entourés de lanières de cuir. Les filles ont leurs poignets cruellement attachés dans leur dos. Il y a une table et quelques chaises dans la pièce. Un buffet porte des tasses, une cafetière, une théière etc…
Gwen : - Ils ont rudement serrés nos liens.
Diana : - Quel luxe ! Des lanières en cuir, assorties à ta tenue. Evidemment ça te manquait !
Gwen : - Tu as quelque chose pour couper nos lanières ?
Diana : - Non. Et les gardes se sont assurés qu’il n’y a rien de coupant dans la pièce.
Gwen : - On essaie de défaire les nœuds avec nos dents ?
Diana : - Pas si vite ! D’abord cette fois nous sommes attachées avec des liens en cuir. Ensuite, en admettant que nous arrivions à nous libérer, que veux-tu faire ?
Gwen : - Filer d’ici ?
Diana invite Gwen à regarder par la fenêtre. Elles voient leur chriscraft qui s’en va.
Diana : - Si nous n’étions pas attachées, nous pourrions certainement nous évader de cette pièce. Peut-être en passant par la fenêtre. Mais pour aller où ? L’ile ne mesure que quelques centaines de mètres. Il y aurait aussi une douzaine de gardes professionnels armés à affronter.
Gwen : - Andrew sait que nous sommes ici.
Diana : - Oui, mais il est en mission. Il faudra un peu de temps pour qu’il se rende compte que nous sommes en détresse. D’ici là qui sait ce que nous serons devenues ?
Gwen : - Bon, dis-moi. Qu’est-ce que tu as vu et que tu ne devais pas voir ?
Diana est visiblement perplexe.
- Un tas de pierres.
- Tu plaisantes ? Hubert nous a capturées et attachées parce que tu as vu… un tas de pierres ?
- Oui. C’est bien ça. Je t’avoue que je ne comprends pas non plus.
- Il doit y avoir bien autre chose que ce que ce cher Hubert a bien voulu nous montrer.
- Oui, mais pour l’instant nous sommes bien mal parties !
(*) : Cette péripétie est racontée dans l’épisode 8.
(**) : Une once est égale à 31,1 grammes. La valeur approximative est de 2500 Euros (en 2024).
(***) : C‘est vrai ! L’eau de mer contient en moyenne cette quantité d’or !
(#) : En supposant une efficacité de l’extraction de l’or de 100% et en supposant que la section du détroit filtré est semi-circulaire, un lecteur peut-il nous calculer la quantité d’or que la Seagold est susceptible de récolter chaque jour ? (le professeur Marachin nous donnera la réponse à la fin de l’histoire).
Je crois que tout le monde sait cela.
Ces personnages connaissent un certain succès. Ce qui prouve que leurs aventures passionnent beaucoup de lecteurs et/ou de spectateurs.
Est-il besoin de coller l’étiquette « fiction » sur ces personnages ? A mon avis, c’est inutile, voire nuisible. En effet, est-il besoin de rappeler que tous ces personnages sont fictifs ?
Les administrateurs du site se sont posé la question et ont répondu par l’affirmative. De ce fait, il y a désormais la rubrique ‘Section des Histoires Fictives’.
Les aventures de Gwendoline ayant trouvé des lecteurs. J’entreprends de leur raconter la 19ème aventure.
Bonne lecture…
INTRODUCTION : Si vous n’avez pas lu les épisodes précédents, je vous suggère de le faire avant de lire l’histoire ci-dessous. Cette histoire se déroule juste après les événements relatés dans l’épisode 18 (l'agent d'élite). Rappelons que Dolly et Molly sont des amies d’enfance de Gwendoline. Dolly habite à peu de distance de Gwendoline. Elle possède un perroquet qui s’appelle Polly. Le perroquet vole librement dans la maison et le jardin de Dolly. Molly est la sœur de Dolly. Elle est le capitaine d’un navire cargo. Les deux sœurs apparaissent dans l’épisode 2. Gwendoline partage des souvenirs avec elles dans l’épisode 8. Elles font des apparitions dans les épisodes 10 et 12.
Diana est une bonne amie de Gwendoline. Elle est la sœur d’Andrew. Elle est journaliste. Elle apparaît dès l’épisode 1. On la retrouve dans l’épisode 2, elle joue un rôle important dans les épisodes 3, 4 et 9.
Diana est la fiancée de Norbert, le frère d’Albert. Ce dernier rentre de mission à l’étranger dans l’épisode 11. Il semble être devenu le petit ami de Dolly.
Episode 19.1. Une nouvelle mission pour Gwendoline ?
Cette après-midi-là Gwendoline s’est rendue au domicile de son amie Dolly. La sœur de Dolly, Molly, est également présente. Gwendoline aime bien être habillée élégamment. Elle porte un tailleur blanc. Dolly porte, comme souvent, une robe blanche courte à fleurs. Molly porte son uniforme de capitaine : veste bleu marine sur chemisier blanc, jupe bleu marine, collant clair, escarpins bleus marine. Dolly porte une épaulette en tissu épais. Son perroquet, Polly vient régulièrement se poser sur son épaule. Les trois filles sont assises à une table sur laquelle Dolly a déposé du thé, un gâteau et d’autres gâteries.
Dolly est admirative.
- Nous avons lu les journaux. Tu as réalisé des exploits en Bulovie !
Molly : - Oui, félicitations pour ta performance.
Gwendoline : - Merci mais vous savez, je ne mérite pas toutes ces louanges. C’est mon compagnon, Andy, qui a tout fait.
Dolly : - Nous savons bien que tu es modeste. Je veux bien croire que ton ami y est pour quelque chose.
Molly : - Tu ne nous feras pas croire que tu n’as rien fait car tu étais constamment attachée et bâillonnée, que ton Andy a tout fait.
Dolly : - Que finalement ton Andy est venu te détacher et te sauver.
Molly : - Que finalement les journalistes, les dignitaires, les policiers, la princesse, bref tout le monde s’est trompé en t’attribuant tous les mérites ?
Gwendoline est songeuse. Elle préfère ne rien dire. Ce que ses amies viennent de décrire est pourtant la vérité. Si elle tente dire la vérité elle ne sera pas crue.
Dolly : - Vous vous rappelez quand nous étions plus jeunes ?
Molly : - Nous avions des rêves de jeune fille. Par exemple nous rêvions que nous serions en difficulté et notre prince viendrait à notre secours.
Gwendoline : - Que de beaux souvenirs.
Dolly : - Vous vous rappelez la fois où nous sommes restées attachées pendant trois jours ? (*)
Gwendoline : - Comment oublier ?
Molly : - Gwen, je t’envie. Tu as réalisé tes rêves. Tu as rencontré celui que tu aimes et il t’a sauvée.
Gwendoline sourit discrètement. – Plusieurs fois en fait.
Molly : - Gwen, je voudrais dire un mot à l’aventurière héroïque que tu es devenue.
Gwendoline : - Oui ?
Molly : - Figure-toi que j’ai transporté du matériel sur une ile de la chaine des Hébrides. J’ai fait plusieurs voyages. Le matériel a servi à installer un quai de débarquement rudimentaire, des hangars, quelques habitations sommaires et du matériel industriel.
Dolly : - Pourquoi nous racontes-tu ceci ?
Molly : - L’ile est en dehors des voies commerciales, à une certaine distance des côtes de l’Ecosse. L’ile est déserte, ne mesure que quelques centaines de mètres. Enfin, sur l’ile il n’y a guère autre chose que de l’herbe balayée par les vents.
Gwendoline : - Je vois. Tu trouves étrange que l’on apporte du matériel industriel sur un lieu aussi isolé.
Molly : - Exactement. Ceci me paraît louche.
Dolly : - Et comme nous rêvons de devenir des aventurières. Enfin, Gwen est devenue une aventurière.
Gwendoline : - Molly, tu penses que nous devrions essayer d’en savoir plus sur ce sujet ?
Molly : - Eh bien, j’ai fini mes livraisons. Je n’ai donc plus de raison d’aller naviguer dans les parages de cette ile. Plus exactement le prochain ravitaillement n’est prévu que dans une semaine.
Dolly : - De mon côté, je ne voudrais pas m’éloigner trop longtemps d’Albert.
Molly : - Tu pourrais lui en parler. Peut-être que l’aventure le tenterait ?
Dolly : - Je le ferai, mais je ne crois pas qu’une telle recherche le passionnerait ?
Gwendoline : - Pas si sûr ! Compte-tenu de ce que son frère a un penchant marqué pour l’aventure.
Molly : - Gwendoline, c’est toi qui as fait tes preuves. C’est toi qui as gagné tes galons d’aventurière.
Gwendoline : - Bon, je vais y réfléchir. Je vous tiendrai au courant.
Bien sûr Gwendoline ne se sent pas de taille à entreprendre une telle opération. Elle a toutefois décidé d’en parler à Andy. Celui-ci l’a écouté avec attention. Après avoir réfléchi, Andy lui a expliqué :
- Je trouve votre question fondée. C’est insolite d’installer du matériel industriel sur une ile déserte, en dehors des voies commerciales.
Andy : - Je regrette de devoir m’occuper d’une autre mission, qui paraît plus pressante que du matériel technique sur une ile.
Andy : - Je pense que cette investigation ne présente pas de danger particulier. Alors voici ce que je te propose : tu demandes le concours d’une bonne journaliste et tu te charges de cette enquête.
Gwendoline : - Mais oui ! Je vais demander à Diana de venir !
Andy : - Qui sait ? Peut-être trouvera-t-elle l’occasion d’écrire un bon article ?
Andy serre Gwendoline contre lui.
- Je compte sur toi pour me tenir au courant !
Le lendemain, le temps est beau. Diana et Gwendoline sont à bord d’un chriscraft, en route vers l’ile qui suscite leur intérêt. Diana porte un ensemble en jean. Gwendoline s’est habillée avec un ensemble en cuir brun. Un veston, une jupe courte respectent sa silhouette féminine. Gwendoline se sent protégée dans ces vêtements. C’est le printemps mais ce n’est pas encore l’été. Il y a souvent beaucoup de vent en bord de mer, elle a choisi de porter des bottes. Gwendoline laisse flotter ses cheveux au vent. Elle apprécie de partir à l‘aventure, au grand air. Bon, pas vraiment à l’aventure, il s’agit juste d’aller interviewer les personnes résidant sur une ile.
Après presque une heure de navigation, le chriscraft aborde le ponton de l’ile. Les filles sont accueillies par des gardes en uniforme. Les gardes sont équipés du matériel standard des officiers de sécurité et surtout ils sont armés. Comme l’avait prédit Molly, quelques bâtiments en tôle se dressent sur l’ile. Un panneau d’affichage porte l’inscription SEAGOLD Ltd.
Diana ayant exhibé sa carte de journaliste, les filles sont conduites dans le bureau du directeur, Hubert Delamort.
Celui-ci les accueille cordialement. Après leur avoir offert le café il leur a proposé de les piloter.
Les filles sont maintenant sur la côte ouest de l’ile. Elles voient des flotteurs entre le rivage et l’ile voisine, à environ 150 mètres.
Hubert : - Ces flotteurs supportent la grille, plutôt une sorte de tissu, que nous avons étendu dans l’eau, entre les deux iles.
Hubert : - Cette grille est recouverte d’un produit servant à filtrer l’eau de la mer.
Hubert : - Voyez-vous, le Gulf-Stream génère un courant d’environ 1 kilomètre par heure entre les iles. Un courant suffisant pour assurer un bon débit qui nous permet de filtrer de grandes quantités d’eau ; mais un courant suffisamment faible pour que notre grille pêche l’élément que nous convoitons.
Gwendoline : - Que recueillez-vous ?
Hubert : - J’y viens. Une fois notre grille saturée, nous la retirons de l’eau pour en extraire la récolte.
Hubert a conduit ses hôtes dans un bâtiment. Le bâtiment abrite des appareils que les filles ne reconnaissent pas. Hubert désigne un appareil volumineux.
Hubert : - Ce four sert à faire fondre notre récolte, qui est ensuite moulée en petits lingots. Regardez !
Un homme manœuvre l’appareil. Un liquide incandescent coule dans des petits moules rectangulaires. Hubert fait signe à une jeune femme. Celle-ci lui remet deux petits étuis plats. Hubert tend ces étuis aux filles.
Hubert : - En signe d’amitié, permettez-moi de vous offrir un échantillon de notre production !
Les filles découvrent que leur étui contient une pièce, plutôt un médaillon, en or ??
Hubert : - Vous avez compris. La valeur de cet objet en tant que médaillon est négligeable. Il a revanche un peu de valeur, en tant qu’once d’or pur. (**)
Diana : - Vous extrayez donc de l’or de la mer ?
Hubert : - Précisément ! L’eau de mer contient de l’or. La concentration en or n’est pas la même d’une mer à l’autre. Ici nous mesurons une valeur moyenne, soit 5 milligrammes d’or par mètre cube d’eau. (***) (#)
Diana : - Impressionnant.
Gwendoline désigne les rails à voie étroite qui courent dans le bâtiment.
Hubert : - La grille attrape aussi un peu de sel, parfois un coquillage, quelques impuretés. Nous plaçons ces résidus dans un petit wagonnet.
Les filles ont suivi Hubert qui a longé les rails. Les trois personnes sont arrivées à l’extrémité nord de l’ile. Un homme pousse un wagonnet. Arrivé au rivage, il bascule le godet du wagonnet et vide le wagonnet dans la mer.
Diana : - Eh bien, il nous reste à vous remercier de votre hospitalité, de votre amabilité, de votre générosité et à prendre congé.
Le petit groupe reprend la direction des installations, Hubert Delamort plaisantant sur le fait qu’il espère que les deux journalistes écriront un bon article.
Diana ouvre la porte du bâtiment abritant les bureaux.
Hubert : - Non !
Hubert a promptement sorti un sifflet de sa poche. Diana s’est trompée de porte. Ce n’est pas la porte qui donne sur les bureaux. Hubert donne quelques brefs coups de sifflet. Les gardes se précipitent.
Hubert a l’air vraiment contrarié.
- Vous avez vu ce que vous ne deviez pas voir !
Hubert : - Gardes ! Attachez-les soigneusement et enfermez-les dans la pièce qui sert de salon de thé.
Diana et Gwendoline sont maintenant seules dans une petite pièce. Leurs poignets sont entourés de lanières de cuir. Les filles ont leurs poignets cruellement attachés dans leur dos. Il y a une table et quelques chaises dans la pièce. Un buffet porte des tasses, une cafetière, une théière etc…
Gwen : - Ils ont rudement serrés nos liens.
Diana : - Quel luxe ! Des lanières en cuir, assorties à ta tenue. Evidemment ça te manquait !
Gwen : - Tu as quelque chose pour couper nos lanières ?
Diana : - Non. Et les gardes se sont assurés qu’il n’y a rien de coupant dans la pièce.
Gwen : - On essaie de défaire les nœuds avec nos dents ?
Diana : - Pas si vite ! D’abord cette fois nous sommes attachées avec des liens en cuir. Ensuite, en admettant que nous arrivions à nous libérer, que veux-tu faire ?
Gwen : - Filer d’ici ?
Diana invite Gwen à regarder par la fenêtre. Elles voient leur chriscraft qui s’en va.
Diana : - Si nous n’étions pas attachées, nous pourrions certainement nous évader de cette pièce. Peut-être en passant par la fenêtre. Mais pour aller où ? L’ile ne mesure que quelques centaines de mètres. Il y aurait aussi une douzaine de gardes professionnels armés à affronter.
Gwen : - Andrew sait que nous sommes ici.
Diana : - Oui, mais il est en mission. Il faudra un peu de temps pour qu’il se rende compte que nous sommes en détresse. D’ici là qui sait ce que nous serons devenues ?
Gwen : - Bon, dis-moi. Qu’est-ce que tu as vu et que tu ne devais pas voir ?
Diana est visiblement perplexe.
- Un tas de pierres.
- Tu plaisantes ? Hubert nous a capturées et attachées parce que tu as vu… un tas de pierres ?
- Oui. C’est bien ça. Je t’avoue que je ne comprends pas non plus.
- Il doit y avoir bien autre chose que ce que ce cher Hubert a bien voulu nous montrer.
- Oui, mais pour l’instant nous sommes bien mal parties !
(*) : Cette péripétie est racontée dans l’épisode 8.
(**) : Une once est égale à 31,1 grammes. La valeur approximative est de 2500 Euros (en 2024).
(***) : C‘est vrai ! L’eau de mer contient en moyenne cette quantité d’or !
(#) : En supposant une efficacité de l’extraction de l’or de 100% et en supposant que la section du détroit filtré est semi-circulaire, un lecteur peut-il nous calculer la quantité d’or que la Seagold est susceptible de récolter chaque jour ? (le professeur Marachin nous donnera la réponse à la fin de l’histoire).