Anna : Otage à 10 000 mètres – Reportage sur le vol « Sirène One »

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ewtuning
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Anna : Otage à 10 000 mètres – Reportage sur le vol « Sirène One »

Message par ewtuning »

**Anna : Otage à 10 000 mètres – **
*Reportage sur le vol «

**8h20 – Embarquement, Roissy**
Anna Lee passe la sécurité de Roissy. Tenue du jour : bottes en cuir noir qui montent aux genoux, jupe plissée bleu marine, pull à col roulé crème. Pas le tailleur habituel. « Plus accessible, moins corpo », a dit la rédac chef. Pour un vol 100% femmes, il faut casser l’image.

Badge presse autour du cou. Carnet dans la poche de la jupe. Sujet : « Sirène One », premier vol commercial Nova Air avec équipage et passagères uniquement féminines. Paris-Lisbonne. Symbole ou coup de com ?

**9h05 – Décollage**
A320, vol NOVA 017. Anna est en 14A, hublot. Elle interviewe la commandante Sofia Marques. « On prouve qu’on n’a pas besoin d’eux pour faire voler 180 tonnes », lâche Sofia.

Anna note : *bottes qui couinent sur le tarmac, jupe qui colle aux sièges cuir, pull qui tient chaud avec la clim à fond.*

**9h42 – Détournement**
Au-dessus du golfe de Gascogne, trois passagères se lèvent. Rangées 22, 23, 24. Elles arrachent leurs vestes : tasers, cutters, lacrymos artisanales.
« Tout le monde assis ! Ceci est un détournement ! »

La cheffe : petite, cheveux courts, cicatrice à la lèvre. « 20 millions. Sinon, on ouvre la porte. »

**9h55 – Ligotée**
Les ravisseurs repèrent Anna. « La journaliste. À genoux. »
On la plaque dans l’allée centrale. Les bottes raclent le sol. La jupe remonte. Deux Serflex mordent ses poignets dans le dos, un autre aux chevilles. Un foulard de soie Nova Air, bleu avec le logo sirène, lui barre la bouche. Serré à lui couper les joues. Bâillonnée.

On la traîne et on l’attache avec du gros scotch gris au siège 14B. Son siège. Les accoudoirs lui scient les côtes. « Comme ça, tout le monde voit ce qui arrive aux curieuses », dit la cheffe.

Anna ne peut plus bouger. Les bottes la bloquent contre la structure du siège. La jupe plissée est coincée sous le scotch. Le pull la gratte, trempé de sueur.

**10h30 – Cap au sud**
La commandante Marques refuse d’ouvrir le cockpit. Une hôtesse est frappée. La porte cède. Sofia et sa copilote finissent ligotées aussi, au sol du cockpit.

Un homme déguisé en femme, perruque blonde, prend les commandes. L’A320 vire au sud. Transpondeur coupé. Direction le désert.

**12h15 – Piste perdue**
Atterrissage violent quelque part au Sahel. Sable, tôle, 48°C. Les 120 passagères sont poussées dans un hangar fournaise.

Anna, Sofia et deux cheffes d’entreprise sont gardées à part. « Otages VIP ». On les laisse attachées à leurs sièges d’avion, arrachés de la cabine et posés à même la terre battue. Anna est toujours ligotée au 14B, bâillonnée, bottes pleines de sable, jupe déchirée sur le côté, pull poisseux.

**Jour 2 – 14h00**
La cheffe, Elena, ex-militaire serbe, s’accroupit devant Anna. Elle tire sur le foulard juste assez pour qu’elle respire.
« Tu écris. Tu dis qu’on tue une femme par heure dans 48h. En commençant par toi. »

Anna profite de la seconde sans bâillon : « Allez vous… »
Le foulard revient, plus serré. Le goût de soie et de sang.

**Jour 3 – 03h10**
Tirs. Explosions. Le GIGN et les forces mauritaniennes prennent le hangar. Flash-bang. Elena lève son cutter vers la gorge d’Anna.

Un tir sec. Elena tombe.

Un opérateur coupe les Serflex. Arrache le scotch. Dénou e le foulard. Anna crache, aspire l’air brûlant.
« Le siège… je peux le garder ? » elle souffle. Gueule de bois de l’adrénaline.

**Trois jours plus tard – *Le Parisien Mag***
Photo une : Anna, debout dans le désert, bottes couvertes de poussière, jupe déchirée, pull troué, à côté du siège 14B posé dans le sable. Titre :
**« Bottes, jupe, pull : 72 heures ligotée pour avoir voulu raconter un vol de femmes »**

Elle raconte les Serflex, le foulard sirène, la chaleur, Sofia et sa balise cachée qui a sauvé 119 vies.

Dernière ligne :
*« Ils m’ont attachée à mon siège pour me faire taire. Ils ont oublié qu’une journaliste, même en jupe, même bâillonnée, elle observe. Et quand on lui rend sa voix, elle écrit. Sirène One revolera. Moi, je garde les bottes. Elles ont tenu. »*

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