Anna : Momifiée au Crédit Lyonnais – Reportage dans la salle des coffres

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ewtuning
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Anna : Momifiée au Crédit Lyonnais – Reportage dans la salle des coffres

Message par ewtuning »

9h15 – Crédit Lyonnais, rue de Rivoli
Anna Lee pousse la porte vitrée. Bottes en cuir noires, jupe crayon grise, pull col roulé noir. Tenue passe-partout de journaliste éco. Sujet du jour pour Les Échos : « Le gang des perceurs ». Quatre banques vidées en trois mois. Même mode opératoire : ils entrent par les sous-sols, percent les coffres au chalumeau, repartent sans tuer. Propres. Fantômes.
Anna a rendez-vous avec le directeur d’agence. Elle veut voir la salle des coffres, comprendre les failles. « On a renforcé depuis la semaine dernière », lui a-t-il dit au téléphone.
9h32 – Mauvais timing
Elle descend avec lui au -1. La salle des coffres est une pièce blindée, 30 m², murs gris, caméra au plafond. Trois employées font l’inventaire des boîtes.
La porte blindée se referme avec un clac sourd. Le directeur commence : « Comme vous voyez, nouvelle épaisseur de… »
Il ne finit pas. La porte se rouvre. Ce n’est pas la sécurité. Cinq silhouettes, cagoules, gilets pare-balles artisanaux, perceuses thermiques à la main. Le gang des perceurs.
« Personne bouge. On prend l’argent, pas la vie. Sauf si vous jouez aux héros. »
Le directeur lève les mains. Les trois employées se figent. Anna aussi. Elle a son dictaphone dans la poche de la jupe. Elle appuie sur rec sans regarder.
9h40 – Tri et scotch
Le chef, grand, voix posée : « Les hommes dehors. Les femmes restent. Garantie. »
Le directeur est poussé vers la sortie, avec un flingue dans le dos. La porte blindée se referme. Dedans : Anna, les trois employées, et les cinq braqueurs.
« À genoux. Mains dans le dos. »
Ils sortent des rouleaux de scotch d’emballage marron, large. Du vrai, celui qui arrache la peau. Un braqueur attrape Anna. Les bottes glissent sur le marbre. Il lui plaque les poignets dans le dos, serre fort avec du Serflex, puis attaque au scotch. Poignets, coudes, épaules. Tours et tours. Il remonte. Taille, ventre, poitrine. La jupe est prise dedans, plaquée aux cuisses. Les jambes : chevilles, genoux, mi-cuisses.
Le pull disparaît sous les couches. Bientôt, Anna ne voit plus que ses bottes qui dépassent et ses doigts qui bleuissent. Momifiée.
Même sort pour les trois employées. En cinq minutes, quatre femmes sont des cocons de scotch marron, assises par terre, dos au mur.
Bâillon : chiffon + tour de scotch sur la bouche, qui prend les joues et la nuque. Anna ne peut plus que respirer par le nez. Le scotch tire ses cheveux.
Le chef regarde sa montre. « Police dans 8 minutes. On perce. Vous, vous attendez. »
9h48 – Chalumeau
Le bruit. Strident. Blanc. La perceuse thermique attaque la paroi d’un coffre. Étincelles, odeur de métal brûlé. La salle monte à 40°C. Sous le scotch, Anna cuit. La sueur ne s’évacue pas. Le pull gratte, colle. Les bottes sont des étuves.
Elle ferme les yeux. Elle compte les respirations. Inspire 3 secondes. Bloque. Expire 3 secondes. Si elle panique, elle s’évanouit. Si elle s’évanouit, elle s’étouffe.
À côté, une des employées pleure sous son bâillon. Le bruit est minuscule, étouffé. Une autre tape du talon par terre. Rythme : S.O.S.
9h55 – Sirènes
Dehors, les sirènes. BRI. Le gang le sait. Ils accélèrent. Un coffre s’ouvre. Liasses. Deux sacs de sport.
« On lève le camp. »
Le chef se penche sur Anna. Il voit le badge presse qui dépasse du scotch, au niveau de la poitrine.
« Les Échos, hein ? Tu feras un bel article. Si tu survis. »
Ils sortent par une bouche d’égout ouverte dans le sol. Ils referment la plaque. La porte blindée est bloquée de l’intérieur avec une barre.
Silence. Chaleur. Quatre momies de scotch dans une pièce de 30 m². L’air se raréfie.
10h12 – BRI
« POLICE ! ON VA OUVRIR ! »
Meuleuse. Étincelles. La porte tombe. Des hommes en noir, casqués, entrent.
Un lieutenant s’agenouille devant Anna. Il sort un couteau de sécurité. « Je coupe, madame. Respirez doucement. »
Il tranche le bâillon. Anna aspire. L’air est un cadeau. Il coupe au niveau du cou, des épaules, de la poitrine. Le scotch part par plaques, avec des bouts de pull. La peau est rouge, marquée.
Quand il arrive aux jambes, il siffle : « Ils ont eu la main lourde. Vous êtes saucissonnée. »
Les trois employées sont libérées aussi. L’une fait un malaise. L’autre vomit. La troisième appelle sa fille.
12h30 – Dehors
Couverture de survie. Bouteille d’eau. Anna a les marques du scotch sur tout le corps. Les bottes sont encore aux pieds, pleines de sueur. La jupe est en lambeaux.
Le commissaire vient : « On les a eus à la sortie des égouts. Vos collègues vont bien. Et votre dictaphone… il a tout enregistré. Les voix, les prénoms. Du caviar. »
Trois jours plus tard – Les Échos
Photo une : un rouleau de scotch marron, vide, posé sur le marbre de la salle des coffres. Titre :
« Momifiée pour un article : 40 minutes dans le scotch du gang des perceurs »
Anna raconte la chaleur, le compte des respirations, le S.O.S. du talon, le lieutenant qui dit « respirez doucement ». Elle raconte surtout que le gang a été confondu grâce à sa bande son.
Dernière ligne :
« Ils m’ont transformée en cocon pour que je me taise. Ils ont oublié qu’une journaliste ligotée, elle écoute. Et qu’une salle des coffres, c’est une caisse de résonance. Le scotch est parti. L’article est resté. »

rocame
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Re: Anna : Momifiée au Crédit Lyonnais – Reportage dans la salle des coffres

Message par rocame »

On ne peut pas dire qu'ils y sont allés avec douceur ! Mais j'adore cette technique de bondage......

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