Voici donc la suite que vous attendez tant

Bonne lecture à toutes et à tous.
Chapitre 5
Elle ne bougeait plus. A demi-nue et allongée sur son lit elle se reposait après qu'il l'ait une énième fois détachée de sa croix. Les jours et les semaines s'étaient écoulés au rythme des sangles qu'il fixait sur ses membres, au rythme des caresses sur son corps.
Excitation et frustration. Douleur et plaisir.
Elle venait de plus en plus souvent chez lui, elle restait de plus en plus longtemps avec lui. Elle subissait, elle jouissait. Son corps n'était plus qu'un temple dans lequel elle laissait éclater la luxure et le vice. Elle en éprouvait parfois de la gêne, de la honte. Mais cette honte était si excitante. Elle se sentait belle, sexy, désirable. Elle était dominée, impuissante, vulnérable. Elle n'avait d'autre choix que de s'abandonner à cet homme. Elle n'avait d'autre loisir que de subir ses infatigables tourments.
Délicatement il posa sa main au creux de ses reins. Elle se sentait bien avec lui. Il était si doux, si prévenant... Et si animal. Il savait la pousser hors de ses limites, hors de ses retranchements. Il savait faire sortir la furie qui se cachait en elle. Cette créature avide de plaisir et de sensualité qui sommeillait au fond de ses entrailles. D'un geste il la retourna brusquement sur le dos pour plonger son regard ténébreux dans le sien. Il la désirait encore autant, sinon plus que lors de leur première rencontre. Il l'embrassa fougueusement avant de relever les pans de sa fine nuisette qui lui collait à la peau. Il en avait envie, elle en avait envie. Alors elle l'attira à lui, de ses mains, de ses doigts, de ses ongles... Elle l'agrippait, elle le griffait. Il était maintenant en elle, et elle gémissait, elle haletait. Son corps se contractait littéralement sous le plaisir, en dépit de toute retenue. Il l'avait maintenue excitée si longtemps qu'à présent elle succombait à ses ardeurs les plus brutes, les plus violentes. Des deux mains, il immobilisa ses poignets au dessus de sa tête. Elle ne pouvait plus l'agripper, plus le griffer. Elle ne pouvait plus que s'abandonner à lui, à sa force, à son charme. Et quelques instants plus tard elle jouissait, le corps transit de désir et la peau ruisselante de sueur.
Il l'avait envoyée prendre une douche. Lorsqu'elle revint au bout d'une dizaine de minutes il l'attendait tranquillement assis sur son lit, une longue corde blanche entre les mains.
-Approche. Ordonna-t-il d'une voix douce.
Elle s'exécuta tout en nouant machinalement la ceinture de son peignoir.
-Tu n'en auras pas besoin.
-C'est que je...
-Ce n'est pas grave.
Elle se déshabilla et vint le rejoindre.
-Assieds toi et mets les mains dans le dos.
-Bien. Répondit-elle, le sourire aux lèvres.
Et tour après tour il lui lia les poignets, solidement, efficacement.
-Ce n'est que le début, je te rassure. Dit-il en attrapant une seconde corde qu'il enroula autour de son buste, de sa poitrine, pour immobiliser fermement ses bras.
-C'est déjà beaucoup mieux... Je m'en voudrais si je pouvais échapper à tes liens.
-Aucun risque...
-Tu es bien trop sûr de toi.
-Et toi, tu es bien trop bavarde...
Il la regarda alors droit dans les yeux. Elle savait ce que cela signifiait, ce que cela impliquait. Il approcha donc le bâillon boule de ses lèvres...
-Attends !
-Attendre quoi ? Demanda-t-il en plongeant sa main dans ses cheveux.
-Je te défie de pouvoir me libérer si tu ne m'attaches qu'avec des cordes.
-Je tiens le pari. Je te donne vingts minutes une fois totalement ligotée et bâillonnée.
-D'accord.
-Si tu te libères tu feras ce que tu veux de moi... Dans le cas contraire...
Il la dévisagea d'un sourire coquin. Il n'avait pas besoin de finir sa phrase pour qu'elle comprenne ce qu'elle risquait. Puis, d'un geste brusque, il tira ses cheveux vers l'arrière et il enfonça le bâillon entre ses dents.
-Mmmh...
-Maintenant allonge-toi sur le ventre et replie tes jambes sur tes cuisses. Ordonna-t-il fermement avant de les lier solidement les unes aux autres.
-Mmmh...
Elle ne pouvait plus ni déplier ses jambes ni refermer ses cuisses. Mais il n'en avait pas encore fini avec elle. Une autre corde s'enroulait déjà autour de sa taille. Une corde qu'il fit ensuite passer entre ses cuisses pour venir doucement mordiller son entrejambe.
-Mmmh... Ne put-elle s'empêcher de gémir.
Pour finir, il relia la corde à ses poignets entravés. Alors elle comprit avec effroi que les vingts prochaines minutes allaient être longues, très longues. Plus elle tirerait, plus ce lien viendrait cisailler ses entrailles. Plus elle se débattrait, plus son sexe se gorgerait de désir et de souffrance.
Douleur et plaisir.
-Vingts minutes. Déclara-t-il en posant son portable sur la table de nuit. Amuse-toi bien.
-Mmmh... Supplia-t-elle les yeux écarquillés.
Elle avait déjà perdu et il le savait. Elle ne pouvait pas gagner. Plus elle lutterait, plus son corps se consumerait de plaisir et de douleur. Moins elle se débattrait, moins elle aurait de chances de s'échapper. Et ses liens étaient solides. Impossible d'en atteindre les nœuds, impossible de s'y soustraire. Elle ne pouvait que tirer désespérément sur ses poignets, sans autre effet que d'enfoncer à chaque fois davantage cette maudite corde entre les lèvres de son sexe.
-Mmmh...
-Patience, il te reste encore quinze minutes.
Mais elle ne voulait pas de ces quinze minutes. Elle voulait que ça s'arrête. Elle voulait qu'il la détache, qu'il retire ce lien qui meurtrissait ses entrailles, ce lien qui lui faisait mal, ce lien qui l'excitait terriblement. Et elle demeurait allongée au milieu du lit, incapable de penser à autre chose.
Douleur, plaisir.
Elle subissait, elle gémissait. Elle abandonnait lentement le peu d'espoir qu'elle avait eu de réussir, de gagner ce défi qu'elle lui avait elle-même lancé. Elle ne pouvait que se retourner, se tortiller, se trémousser, comme une anguille, comme une furie prise au piège. Elle était impuissante et désespérément à sa merci.
-Dix minutes. Dit-il en effleurant ses cheveux.
-Mmmh...
Elle était en nage, lascivement allongée sur le dos, les cuisses écartées. Vulnérable, offerte, impudique. Elle voulait qu'il la touche, qu'il la caresse, qu'il la fasse jouir. Elle ne bougeait plus. Elle était épuisée, vaincue. Il avait gagné. Depuis le début il avait gagné. Mais le chrono défilait toujours, et c'était effroyablement long.
-Mmmh...
Elle se retourna une nouvelle fois sur le ventre. Son sexe n'était plus qu'un brasier ardent dont le feu se diffusait dans tout son corps. Sa peau ruisselait de sueur. Sa nuque frémissait. Ses muscles frissonnaient. Le temps n'avait plus cours désormais. Elle avait renoncé à tout espoir, à toute emprise sur son corps, sur son désir, sur son plaisir.
Contrainte et soumission.
-Cinq minutes.
Elle ne voulait plus que ça s'arrête. Elle ne voulait plus qu'il la détache. Il devait profiter de sa victoire. Il devait à présent l'emmener avec lui, explorer ses derniers retranchements, découvrir cet univers de sensations qui s'offraient à elle.
-Mmmh...
Elle tirait à présent de toutes ses forces sur la corde. Elle avait de plus en plus mal. Elle éprouvait de plus en plus de désir. Elle souffrait, elle haletait, elle savourait. C'était atroce, c'était exquis. Elle était suspendue entre plaisir et affliction, entre désir et frustration. Incapable de bouger, de crier, de jouir. Non, c'était trop. Elle n'en pouvait plus, elle en voulait plus.
-C'est terminé, tu as perdu. Déclara-t-il en éteignant son chrono.
Alors elle le dévisagea d'un regard endiablé. Il n'y avait pas de défaite. Il n'y avait plus de pari. Il n'y avait qu'une femme attachée sur un lit. Une femme lascive et langoureuse qui n'attendait que son amant, et le doux châtiment qu'il avait à lui soumettre.
A suivre...